Regina Kelly, une première qui ouvre la voie à Lac-Simon
Devenir policière était un rêve. Devenir la première femme de Lac-Simon à porter l’uniforme allait donner à ce rêve une portée bien plus grande. Pour Regina Kelly, cette réussite représente une immense fierté, mais aussi l’occasion de devenir un modèle pour les jeunes de sa communauté et de leur montrer qu’eux aussi peuvent tracer leur propre chemin.
Originaire de Lac-Simon, Regina Kelly a dû quitter sa communauté pour poursuivre sa formation policière à Alma, au Lac-Saint-Jean, à plusieurs heures de route de chez elle. Un départ important pour celle qui se retrouvait loin de sa famille et de tous ses repères. « Tout le monde était ici et moi, je ne connaissais personne là-bas », raconte-t-elle.
Elle entreprend une technique policière destinée aux Premières Nations, où elle côtoie des étudiants autochtones provenant de différentes communautés.
Se dépasser pour atteindre son objectif
Avant même d’entreprendre sa formation policière, Regina Kelly avait choisi de relever un autre défi : six semaines de formation militaire. Une expérience qu’elle voulait vivre pour se mettre à l’épreuve. « Je voulais voir c’était quoi. Je voulais travailler ma discipline, ma confiance », explique-t-elle. Cette volonté de se dépasser allait lui servir pour la suite.
Le plus grand sacrifice de son parcours aura toutefois été de devoir s’éloigner de sa fille. Lorsqu’elle entreprend une formation de 14 à 15 semaines, son enfant n’a qu’un an. Elle doit alors la laisser auprès de son père et ne peut revenir à la maison que périodiquement, parfois après deux semaines d’absence.
Aujourd’hui âgée de deux ans, sa fille aura ainsi été au cœur de l’un des plus grands défis rencontrés par sa mère dans la réalisation de son rêve. Malgré les doutes et les sacrifices, Regina n’a jamais perdu son objectif de vue. « C’était mon rêve de devenir policière. »
Une motivation supplémentaire la poussait à continuer : elle n’avait encore jamais vu une femme de sa propre communauté patrouiller comme policière. « J’ai vu des femmes patrouiller, mais elles ne venaient pas nécessairement d’ici. Ça m’a poussée à aller plus loin. »
Servir sa communauté
Aujourd’hui, exercer ce métier à Lac-Simon prend un sens particulier pour Regina Kelly. Elle connaît les gens et, surtout, les gens la connaissent. « Tout le monde me connaît ici. Ça crée un lien de confiance avec les gens », souligne-t-elle.
À travers son travail, elle souhaite contribuer à créer ce lien de confiance, mais aussi à renforcer le sentiment de sécurité au sein de la communauté.
Cette volonté était déjà présente pendant ses études. Dans une lettre rédigée pour l’obtention d’une bourse destinée aux femmes autochtones, qu’elle a d’ailleurs remportée, Mme Kelly expliquait vouloir apporter du changement dans sa communauté. Elle y parlait notamment de son désir de créer un lien de confiance avec la population, de mieux comprendre certaines situations problématiques et de pouvoir intervenir.
Son rôle va cependant au-delà des interventions policières. « Je me vois comme un modèle aussi pour les jeunes filles, puis les garçons aussi. »
Ouvrir la voie
Être devenue la première femme policière de Lac-Simon représente beaucoup pour Regina Kelly. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle ressent devant cette première, sa réponse est spontanée. « De la fierté. Vraiment. »
Dans une publication Facebook adressée à celles qui rêvent de devenir policières, Regina Kelly avait livré un message qui résume bien le parcours qu’elle vient elle-même d’accomplir : « Croyez en vous. Le chemin ne sera peut-être pas toujours facile, mais ne laissez jamais le doute ou les obstacles vous faire croire que vous n’avez pas votre place. Travaillez fort, soyez persévérantes et rappelez vous que vous êtes capables de réaliser de grandes choses. »
En devenant la première femme policière de Lac-Simon, Regina Kelly a réalisé son rêve. Mais surtout, elle vient de montrer aux prochaines que ce chemin existe désormais.