Un séisme de magnitude 6,1 rappelle que l’Abitibi-Témiscamingue n’est pas à l’abri
Par : Ange Major | amajor@journallereflet.com
En 1935, un tremblement de terre endommageait 80 % des cheminées de Témiscaming. Près de 91 ans plus tard, cet événement historique refait surface à l’approche de La Grande Secousse, le 15 octobre.
Le 1er novembre 1935, à 1 h 3 du matin, un tremblement de terre de magnitude 6,1 frappe à une dizaine de kilomètres à l’est de Témiscaming. Dans la municipalité, 80 % des cheminées sont endommagées et certains murs de briques se fissurent. Près de l’épicentre, des éboulis de roches et des fissures dans le sol sont également observés. La secousse est ressentie jusqu’au Kentucky et en Virginie, aux États-Unis. Des répliques ont ensuite été ressenties pendant plusieurs mois à Témiscaming et à Kipawa.
« Le Témiscamingue se situe dans la zone sismique de l’ouest du Québec, qui est une des zones sismiques les plus actives de l’est du Canada », souligne Aube Gourdeau, porte-parole de La Grande Secousse. Le risque sismique varie toutefois d’un secteur à l’autre de l’Abitibi-Témiscamingue.
Pour préparer les citoyens à cette réalité, les écoles, les entreprises et les familles sont invitées à participer à La Grande Secousse, le jeudi 15 octobre à 10 h 15. Cet exercice international, auquel plus de 60 millions de personnes ont participé en 2025, vise à faire adopter les bons comportements en cas de tremblement de terre.

Une cheminée endommagée à Témiscaming à la suite du séisme de magnitude 6,1 survenu le 1er novembre 1935. ( Crédit photo : Séismes Canada / Hodgson (1936b) )
Quand vouloir fuir devient un danger
Lorsqu’un séisme survient, les premières secondes peuvent être déterminantes. Le sol commence à vibrer et, dans certains cas, les premières secousses, relativement faibles, sont rapidement suivies de mouvements plus importants.
Le réflexe peut alors être de se lever précipitamment et de courir vers l’extérieur. C’est pourtant l’un des comportements que les organisateurs cherchent à corriger. « Il faut vraiment se dire que la vibration qu’on ressent, en fait, c’est le sol qui bouge sous nos pieds. »
En tentant de fuir pendant que le sol bouge, une personne risque de perdre l’équilibre, de tomber ou de se blesser. À l’intérieur, des objets peuvent également se détacher des murs ou des meubles basculer. Une autre croyance répandue consiste à penser qu’un cadre de porte représente un refuge sécuritaire. Or, ceux-ci ne sont pas spécialement renforcés pour résister aux séismes dans les bâtiments canadiens.
La recommandation est plutôt de se baisser, de s’abriter et de s’agripper. Il faut se placer sous un meuble solide, comme une table ou un bureau, et y rester jusqu’à la fin des secousses. Ces gestes peuvent également être adaptés aux capacités physiques de chacun. Une personne en fauteuil roulant peut verrouiller ses roues et protéger sa tête en se recroquevillant. Quelqu’un qui se trouve au lit peut y demeurer et utiliser un oreiller pour se protéger la tête et la nuque.
Savoir quoi faire ne suffit pas toujours
Même lorsqu’une personne connaît les consignes, rien ne garantit qu’elle les applique spontanément dans une situation stressante. C'est précisément ce que La Grande Secousse cherche à améliorer en faisant passer les gestes de la théorie à la pratique. « On parle beaucoup de mémoire musculaire », explique Aube Gourdeau.
Selon elle, les réactions peuvent être différentes lorsque le stress et l'adrénaline entrent en jeu. Une recommandation entendue plusieurs mois auparavant peut alors être plus difficile à appliquer qu'un mouvement déjà répété. L'exercice du 15 octobre invite donc les participants à réellement se mettre à l'abri, plutôt qu'à simplement discuter des consignes.
L'organisme souhaite notamment instaurer des exercices sismiques dans les écoles, à l'image des simulations d'incendie. Les milieux de travail peuvent également participer, même lorsqu'il leur est difficile d'interrompre leurs activités. Des discussions entre collègues, des présentations et des capsules d'information permettent aussi de sensibiliser les employés.
En 1935, la terre avait tremblé au beau milieu de la nuit, sans avertissement. Le 15 octobre, à 10 h 15, les participants auront plutôt l'occasion de répéter les gestes à adopter si une véritable secousse survient.