Portrait de relève témiscamienne : Madeleine Olivier
Par un beau matin brumeux, je me rends à la ferme Nordvie de Saint-Bruno-de-Guigues où je suis accueilli par Madeleine Olivier, la fille des fondateurs de la ferme. L’entreprise se spécialise dans la fraise déclinée en autocueillette, boissons gazeus
Bernard Flebus est un touche-à-tout. Reconnu dans la région principalement pour ses talents culinaires, il a mis sur pied la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien en collaboration avec Line Descôteaux. Aujourd’hui, il est propriétaire de la charcuterie Extrem’ Boreal.
Par un beau matin brumeux, je me rends à la ferme Nordvie de Saint-Bruno-de-Guigues où je suis accueilli par Madeleine Olivier, la fille des fondateurs de la ferme. L’entreprise se spécialise dans la fraise déclinée en autocueillette, boissons gazeuses et mistelles. Quand on se promène sur la propriété, on peut remarquer que plusieurs autres projets sont en branle : plants de tomates, camerises et plus encore.
Madeleine Olivier a fait ses études en génie électromécanique et a travaillé trois ans à Rouyn-Noranda comme consultante à la fonderie Horne, passé un an à Montréal avant d’aboutir à Fermont et y rester pendant six ans, où elle œuvrait comme technologue opérationnelle. Quand elle a annoncé à un collègue qu’elle allait reprendre la ferme familiale, il lui a demandé pourquoi, en lui disant qu’elle n’aurait plus jamais de défi dans la vie… « C’est la meilleure blague que j’ai jamais entendue! » s’exclame madame Olivier.
À l’automne 2017, elle entame le processus de relève de l’entreprise. « En allant à Fermont, on savait qu’on allait revenir ici. Il fallait que j’arrive à convaincre Marc-André, mon conjoint, que le Témiscamingue était la place où s’installer. On a eu un enfant à Fermont [depuis, la petite Laure est venue compléter la famille], et il n’était pas question d’élever Norbert en ville », explique-t-elle.
Madeleine m’explique que l’envie de revenir en région s’est imposée graduellement et qu’elle aurait regretté de ne pas avoir entamé le processus de reprise de la ferme. En reprenant la ferme Nordvie, elle a plusieurs objectifs, le premier est d’envergure; celui d’augmenter le chiffre d’affaires. Première décision importante : embaucher de la main-d’œuvre étrangère, d’où le choix de faire pousser des légumes, choix qu’elle ne regrette pas. Elle voit la croissance en ajoutant des blocs de production et sa vision de la ferme évolue chaque année. Elle a la chance de profiter de l’expertise et des compétences de ses parents agronomes à la retraite. Elle est en processus vers un virage biologique, et elle veut rapatrier au maximum les ventes à la ferme, étant fervente adepte des circuits courts. À court terme, elle veut vendre un plus grand éventail de produits à la population locale. Une exploitation de taille raisonnable fait son bonheur, elle ne souhaite pas gérer 200 employés.
Madeleine, c’est une fille à la fibre témiscamienne. Quand elle prend le chemin qui mène à la maison familiale, ça lui rappelle à quel point le patrimoine est précieux. Elle exerce sa créativité et même si le travail à la ferme est difficile, elle aime ce qu’elle fait. Et elle sent un vent de changement au Témiscamingue, une sorte d’effervescence. « On est au début d’une aventure touristique, ça brasse, on dirait que tout le monde veut travailler dans le même sens, les jeunes en région prennent leur place. Je m’identifie à ce mouvement et je veux y participer. »
Avec ses parents, elle vit dans une maison bigénérationnelle. Elle apprend encore beaucoup d’eux. Même si parfois il y a des confrontations, qui sont nécessaires pour qu’en ressortent les meilleures décisions. Ses parents aiment la voir oser, mais certaines fois, ils lui ramènent aussi les pieds sur terre.
Le futur pour cette jeune cheffe d’entreprise? Elle veut que l’entreprise lui ressemble, elle veut aussi avoir une belle qualité de vie et ça, elle doit encore optimiser les opérations afin de les rendre ergonomiques, car elle veut vieillir en santé. Elle veut aussi être capable de prendre des pauses, donc elle vise l’efficacité. La pause hivernale lui donne le temps pour réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour l’optimisation, surtout avec la rareté de la main-d’œuvre.