Politique Provincial

QS promet une immigration davantage permanente et régionalisée

France Marion, candidate pour QS dans Rouyn-Noranda — Témiscamingue, et Ruba Ghazal, co-porte-parole de QS.
Le Citoyen — Joanie Dion – Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

Lors d’un point de presse tenu à l’Agora des Arts, le 1er septembre 2026, Québec solidaire (QS), en présence de sa co-porte-parole Ruba Ghazal et sa candidate dans Rouyn-Noranda — Témiscamingue France Marion, a annoncé vouloir revoir en profondeur le modèle de l’immigration québécois en misant davantage sur l’immigration permanente et la régionalisation. Le parti y est également allé d’une promesse de rétablir intégralement le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et de créer un « PEQ-régions ».

C’est ainsi que QS propose d’établir le seuil d’immigration permanente à 70 000 personnes par année, et de créer une voie accélérée vers la résidence permanente pour les personnes immigrantes qui travaillent déjà en région. Selon la proposition présentée, les travailleurs temporaires pourraient devenir admissibles au PEQ-Régions après un an, à condition de s’engager à demeurer dans leur région pendant au moins trois ans.

« Le modèle actuel est brisé et il faut le réparer », a soutenu Ruba Ghazal, qui estime que l’immigration devrait être envisagée autrement que comme une simple réponse aux besoins de main-d’œuvre.

Elle s’est notamment engagée à rétablir le PEQ tel qu’il existait avant les changements apportés par le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Elle a également promis d’abolir les permis de travail fermés, qui obligent les travailleurs temporaires à demeurer auprès d’un seul employeur.

Miser sur la francisation en milieu de travail

Québec solidaire entend par ailleurs investir 100 millions de dollars supplémentaires en francisation, ce qui permettrait, selon Mme Ghazal, de doubler les budgets consacrés à celle-ci.

Une partie de cette somme, soit 30 millions de dollars, servirait spécifiquement à soutenir la francisation en entreprise. QS souhaite aussi favoriser des cours rémunérés pendant les heures de travail, afin d’éviter que les travailleurs aient à choisir entre leur revenu et l’apprentissage du français.

« La façon la plus efficace d’apprendre le français, c’est sur les lieux de travail », a affirmé Mme Ghazal.

Le parti désire également faciliter la reconnaissance des diplômes et des acquis obtenus à l’étranger, notamment en poursuivant les discussions avec les ordres professionnels. Une mesure qui, selon la porte-parole, pourrait contribuer à répondre aux besoins de main-d’œuvre dans les secteurs comme la santé.

L’Abitibi-Témiscamingue comme exemple

La candidate de QS dans Rouyn-Noranda — Témiscamingue, France Marion, a pour sa part insisté sur les effets de l’immigration dans les communautés rurales. Elle a cité en exemple Moffet, un village du Témiscamingue qui aurait vu sa population augmenter de 27 % au cours de la dernière décennie, notamment grâce à des mesures d’accueil ayant favorisé l’arrivée de personnes immigrantes.

En outre, Mme Marion a évoqué les enjeux vécus par des travailleurs temporaires de la région, qui peuvent se retrouver dans une situation de dépendance envers leur employeur en raison du permis de travail fermé.

« On envoie des personnes immigrantes dans des situations impossibles », a-t-elle déploré, faisant référence aux changements entourant le PEQ.

Les deux représentantes de QS ont aussi souligné la contribution de l’immigration à la vitalité économique et sociale de la région, notamment dans les services publics et les petites entreprises.

Elles ont donné en exemple le restaurant Chez Morasse, à Rouyn-Noranda, repris après la pandémie par un couple originaire du Bénin. Pour France Marion, cette transaction constitue un exemple concret d’intégration et de transfert d’entreprise en région.

Le logement demeure un enjeu

Questionnée sur la capacité du Québec à loger 70 000 nouveaux immigrants permanents par année, Ruba Ghazal a rejeté l’idée d’établir un lien direct entre le niveau d’immigration et la crise du logement.

Selon elle, cette crise découle principalement du manque d’action des gouvernements successifs et touche également des régions comptant relativement peu d’immigrants.

Elle a plutôt fait valoir que plusieurs personnes visées par les mesures annoncées par QS sont déjà au Québec, déjà logées et déjà au travail. Le PEQ-Régions servirait notamment à leur permettre de rester dans les communautés où elles se sont établies.

QS estime ainsi pouvoir concilier une cible de 70 000 immigrants permanents avec une meilleure intégration en misant sur la régionalisation, la francisation, des conditions de travail jugées plus dignes et un parcours menant plus rapidement à la résidence permanente.

Pour Ruba Ghazal, l’objectif est de renouer avec une conception de l’immigration fondée sur l’établissement à long terme plutôt que sur la seule réponse aux pénuries de main-d’œuvre.

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