Le réseau régional pourra recourir aux agences privées jusqu’en 2027
Les établissements de santé du Témiscamingue pourront continuer de faire appel à des travailleurs provenant d’agences privées au-delà du 18 octobre. Santé Québec a accordé un délai supplémentaire à l’Abitibi-Témiscamingue, repoussant l’échéance au 31 octobre 2027.
La dérogation touche également le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et l’Outaouais. Santé Québec invoque les difficultés de ces régions à attirer et à retenir suffisamment de personnel, auxquelles s’ajoutent les problèmes de logement, de mobilité et d’accès à la formation.
Le gouvernement souhaitait initialement mettre fin au recours aux agences privées dans les régions éloignées à l’automne 2026. Cette transition devait permettre de stabiliser les équipes du réseau public et de réduire les coûts associés à la main-d’œuvre indépendante. En Abitibi-Témiscamingue, 84 travailleurs provenant d’agences étaient toujours présents dans le réseau le 22 août. Entre le 1er avril et le 11 juillet, ils avaient effectué plus de 6 500 heures de travail.
Ces données concernent l’ensemble de la région administrative. Santé Québec n’a pas précisé combien de ces travailleurs étaient affectés dans les installations du Témiscamingue. Le recours aux agences a néanmoins diminué depuis l’adoption des premières mesures gouvernementales. En octobre 2023, 649 travailleurs indépendants étaient présents dans le réseau régional. Leur nombre a donc reculé d’environ 87 % en moins de trois ans.
Cette baisse n’a toutefois pas été suffisante pour respecter l’échéance prévue. Selon Mathieu Fortier, directeur des ressources humaines de Santé Québec Abitibi-Témiscamingue, une fin complète du recours aux agences dès octobre aurait pu entraîner des interruptions de services dans la région.
La dérogation ne permet pas pour autant une utilisation sans limites de la main-d’œuvre indépendante. Des plafonds seront imposés aux établissements, qui devront continuer de réduire progressivement leur dépendance envers les agences et de recruter du personnel permanent.
Santé Québec affirme que le délai doit servir à mettre en place des solutions plus durables. Le réseau régional a notamment eu recours à des équipes volantes publiques pour remplacer une partie des travailleurs du privé.
Le président de la FIQ-SISSAT, Jean-Sébastien Blais, considère que le report était devenu inévitable puisque les embauches réalisées dans la région servent principalement à remplacer les départs à la retraite. Le syndicat souhaite néanmoins que cette prolongation soit la dernière et demande davantage de moyens pour attirer et retenir du personnel permanent en Abitibi-Témiscamingue.