Culture Theatre

La Soirée d’Improvisation de Rouyn-Noranda de passage au Théâtre du Cuivre

« On est tellement là pour faire un spectacle, on n’est pas compétitif », souligne Christian Matte.
Louis Jalbert – Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

La SIR-N célèbre 25 ans de retour de l’improvisation à Rouyn-Noranda avec une saison placée sous le signe de la relève, de la créativité et de la mémoire, qui la mènera notamment au Théâtre du Cuivre le 10 septembre prochain.

Se lancer dans le vide, accepter de ne pas tout contrôler et faire confiance à ses partenaires : pour Christian Matte, l’improvisation est avant tout une histoire de lâcher-prise. Vice-président de la SIR-N, la Soirée d’Improvisation de Rouyn-Noranda, il est également animateur et arbitre lors des matchs. Un rôle qu’il affectionne particulièrement, notamment parce qu’il lui permet de contribuer à la création d’un spectacle unique chaque soir.

« Moi, je suis un privilégié parce que j’aime ça imaginer le match, penser aux joueurs, les guider là-dedans pour qu’ils deviennent meilleurs », raconte-t-il.

Cette saison, la SIR-N aura notamment l’occasion de sortir de son cadre habituel pour se produire au Théâtre du Cuivre dans le cadre du lancement de la saison de l’établissement, le 10 septembre. Une reconnaissance qui réjouit Christian Matte.

« C’est vraiment génial qu’on ait pensé à nous pour faire ça. C’est un beau vote de confiance. »

Pour les improvisateurs, fouler la scène du Théâtre du Cuivre représente également une expérience particulière. Et le public devrait être au rendez-vous pour cette soirée qui permettra de mettre en valeur différentes générations d’improvisateurs.

« Imaginer le match »

Une partie du travail de Christian Matte consiste à « imaginer le match ». Il réfléchit aux catégories, aux thèmes et à leur enchaînement afin de créer une soirée équilibrée. « Ce ne sont pas tous les thèmes qui vont avec toutes les catégories », explique-t-il.

Une improvisation chantée, par exemple, ne donnera pas nécessairement les mêmes possibilités selon le thème choisi. L’objectif est donc de trouver le juste équilibre entre les contraintes imposées aux joueurs et l’espace nécessaire pour qu’ils puissent laisser libre cours à leur imagination.

« Il faut un équilibre pour que les joueurs aient assez de place à la créativité pour ramener des idées et se surprendre. »

Pour lui, les contraintes servent justement à stimuler la création. Elles ajoutent des « embûches » qui permettent de diriger l’écriture de l’histoire sans jamais savoir exactement où celle-ci aboutira.

Et c’est là que réside une partie de la magie de l’improvisation : même celui qui prépare le match ne sait pas exactement ce qui se produira.

Le lâcher-prise comme règle d’or

Sur scène, les improvisateurs doivent accepter de perdre le contrôle. Contrairement à une pièce de théâtre où les acteurs connaissent leur texte, l’improvisation demande de construire une histoire en quelques secondes.

« C’est du sans filet devant tout le monde. C’est de la vitesse d’esprit », résume-t-il.

Selon lui, les joueurs qui cherchent trop à impressionner ou qui veulent absolument contrôler leur performance risquent justement de se mettre des bâtons dans les roues. « Il faut que tu arrives là et que tu te dises : “OK, je me lance dans le vide”. » Cette philosophie s’applique aussi à la relation entre les joueurs. À la SIR-N, l’objectif est davantage de créer un bon spectacle que de gagner à tout prix. Les joueurs peuvent ainsi s’encourager mutuellement à sortir de leur zone de confort.

« On est tellement là pour faire un spectacle, on n’est pas compétitif », souligne M. Matte.

Une approche qui favorise, selon lui, une chimie entre les improvisateurs.

Une tradition qui se poursuit

Des matchs spéciaux seront présentés au cours de l’année pour souligner le 25e anniversaire du retour de l’improvisation organisée à Rouyn-Noranda. La programmation fera notamment une place à d’anciens joueurs ayant marqué l’histoire de l’improvisation locale, tout en donnant une vitrine à la relève.

Pour Christian Matte, cette célébration est aussi une façon de reconnaître tous ceux qui ont contribué à maintenir l’improvisation en vie au fil des années.

L’improvisation semble d’ailleurs loin de s’essouffler à Rouyn-Noranda, selon lui. Dans certaines écoles, des occasions sont offertes aux élèves de développer leur talent, tandis que l’Improvisatorium, organisé au Petit Théâtre du Vieux Noranda par Christian Matte lui-même et Louis-Jean Lebel, contribue lui aussi à la vitalité de la discipline.

Une invitation à oser

Pour ceux qui seraient tentés de monter sur scène, mais qui hésitent encore, Christian Matte a un seul conseil : essayer.

Le camp de recrutement de la SIR-NH se tiendra le 13 septembre et est ouvert à quiconque souhaite découvrir l’improvisation.

« On ne sait jamais tant qu’on ne l’a pas essayé », lance-t-il.

La peur de se retrouver devant un public peut être importante, reconnaît-il, mais l’expérience peut aussi permettre de découvrir des talents insoupçonnés.

Une philosophie qui résume l’esprit de la SIR-N : accepter l’inattendu, faire confiance aux autres et transformer, ensemble, une idée lancée sur le moment en véritable spectacle.

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