Politique Provincial

Des prêts sur 40 ans pour faciliter l’établissement agricole

La relève agricole réclame des prêts à faible taux fixe remboursables sur 40 ans pour faciliter le démarrage et la reprise des fermes.
Gonzallo Facello by Unsplash – Journaliste | journaliste@journallereflet.com

Acheter une terre, des bâtiments et de la machinerie alors qu’une entreprise commence à peine à générer des revenus représente une lourde équation pour la relève agricole. À l’approche du scrutin québécois du 5 octobre, la Fédération de la relève agricole du Québec propose notamment d’étaler certains financements sur 40 ans afin de réduire la pression sur les nouveaux producteurs.

Cette mesure fait partie d’une plateforme de 26 revendications rendue publique le 1er septembre. La Fédération y rassemble des propositions touchant le prix des terres, la fiscalité, les programmes gouvernementaux, la main-d’œuvre et les services offerts dans les communautés rurales.

Une de ces demandes concerne directement un outil déjà présent au Témiscamingue. La Fédération souhaite que Québec assure un financement stable de L’ARTERRE, un service qui met en relation des propriétaires agricoles et des personnes intéressées à démarrer, à reprendre ou à louer une ferme.

La MRC de Témiscamingue offre cet accompagnement sur son territoire. Les ententes peuvent prendre différentes formes, comme la vente, la location, le partenariat ou le transfert progressif d’une entreprise. Le financement de L’ARTERRE repose toutefois en partie sur des ententes conclues avec les MRC. La relève agricole demande donc au gouvernement d’en assurer la continuité à l’échelle québécoise.

Sur le plan financier, la Fédération propose la création de prêts à faible taux fixe pouvant être remboursés sur une période de 40 ans. Cette formule donnerait davantage de temps aux jeunes entrepreneurs pour rentabiliser leurs investissements.

Elle réclame également une exemption du droit de mutation immobilière pour certaines transactions réalisées avec le Fonds d’investissement pour la relève agricole ou une fiducie d’utilité sociale agricole. Des mesures fiscales sont aussi proposées afin d’encourager les propriétaires à vendre une entreprise ou une première terre à une relève.

Le plus récent portrait du ministère de l’Agriculture dénombre 616 entreprises agricoles en Abitibi-Témiscamingue. La région compte environ 635 000 hectares en zone agricole, dont seulement 29 % sont exploités. Ces données concernent l’ensemble de l’Abitibi-Témiscamingue et non uniquement la MRC de Témiscamingue.

Les revendications dépassent l’acquisition d’une ferme. La plateforme propose notamment de rendre la machinerie usagée admissible à davantage de programmes, de réduire le coût de la formation menant au permis de conduire de classe 1 et d’améliorer l’accès aux services de garde en milieu rural. Elle demande aussi le maintien de ressources en santé psychologique destinées au milieu agricole.

La Fédération souhaite enfin que la part du budget québécois consacré à l’agriculture passe de 1 % à 2 %. Elle demande notamment de nouvelles sommes pour les programmes soutenant les investissements agroenvironnementaux et l’amélioration de la productivité.

Les 26 propositions ont été soumises aux partis politiques pendant la campagne électorale. Elles demeurent pour le moment des revendications du milieu agricole et n’ont pas encore mené à des engagements propres au Témiscamingue.

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