Faits divers

Cartographie des zones inondables : la construction encore bloquée à la baie Paulson

Michel Vaillant, Maire de Notre-Dame-du-Nord
Photo archive – Journaliste | journaliste@journallereflet.com

À la baie Paulson, le chemin municipal est déjà aménagé et l’électricité se rend jusqu’à certains terrains. Des lots ont été vendus, mais leurs propriétaires attendent, car les maisons ne peuvent toujours pas sortir de terre. Tant que la cartographie des zones inondables ne sera pas révisée, plusieurs doivent se contenter d’y installer une roulotte.

Selon le maire de Notre-Dame-du-Nord, Michel Vaillant, entre 22 et 25 terrains aménagés et accessibles ont déjà trouvé preneur dans ce secteur situé en bordure du lac Témiscamingue. À l’échelle de la municipalité, le nombre de lots freinés par les limites actuelles des zones inondables atteindrait environ une centaine.

Le blocage remonte à 2019, lorsque la nouvelle cartographie a placé une partie des rives du lac en zone inondable. Depuis, la construction y est interdite, même là où les infrastructures nécessaires avaient déjà été mises en place.

Pour Michel Vaillant, les limites tracées ne correspondent pas à la réalité particulière du lac Témiscamingue. Contrairement à un plan d’eau entièrement soumis aux crues naturelles, celui-ci agit comme un réservoir dont le niveau maximal est contrôlé. « Le lac Témiscamingue est un réservoir, donc il y a un niveau maximal qu’il peut atteindre. Sinon, on le sait, ça va déborder du côté de Témiscaming. » Selon lui, cette caractéristique n’a pas été suffisamment prise en compte dans la délimitation actuelle.

Sur le terrain, cette décision cartographique a transformé des projets de construction en longues périodes d’attente. Les propriétaires ont pu acheter leur lot, y accéder par un chemin municipal et, dans certains cas, faire installer l’électricité, sans toutefois obtenir l’autorisation d’y bâtir une résidence. « Pour l’instant, ils doivent se contenter d’une roulotte sur leur terrain. »

La Municipalité ne peut cependant pas modifier seule les limites des zones inondables. La révision relève de la MRC de Témiscamingue, qui devra retenir les services de spécialistes afin de reprendre les analyses et de produire une nouvelle cartographie. Des subventions gouvernementales sont offertes, mais elles ne couvriront pas l’ensemble des honoraires. Notre-Dame-du-Nord devra donc assumer une partie de la facture.

La démarche marque une nouvelle étape dans un dossier que les élus tentent de faire avancer depuis plusieurs années. L’ancien conseil municipal l’avait porté auprès de différents paliers politiques, notamment avec Daniel Bernard, et Michel Vaillant a poursuivi les représentations après son arrivée à la mairie. Le dossier s’est même rendu jusqu’au cabinet du premier ministre.

Malgré ces efforts, aucune date ferme n’a encore été fixée. « Ça fait depuis 2019 que ce dossier-là traîne. » La campagne électorale provinciale et l’arrivée éventuelle d’un nouveau gouvernement ont ajouté une autre part d’incertitude au processus. Le maire espère que les travaux techniques permettront d’obtenir une nouvelle carte en janvier ou en février 2027. Il faudra ensuite que les services gouvernementaux l’analysent et acceptent rapidement la révision pour que le dossier puisse se régler au printemps. Cet échéancier demeure toutefois un souhait plutôt qu’une garantie. « On va faire au mieux pour que ça puisse être réglé au printemps prochain, mais on n’a pas vraiment grand espoir. »

En attendant, à la baie Paulson, les terrains demeurent accessibles, vendus et parfois électrifiés. Ce qui manque n’est ni un chemin ni des propriétaires prêts à construire, mais une nouvelle ligne sur une carte pour que les maisons puissent enfin remplacer les roulottes.

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