Nicole Bard a subi quatre accidents vasculaires cérébraux qui lui ont complètement retiré toute autonomie. Elle a pourtant fait mentir tous les pronostics en se réhabilitant presque complètement après cinq années passées en CHSLD.
Témoin de son évolution de semaine en semaine quand elle venait la coiffer au CHSLD, c’est Micheline Riopel qui a contacté Le Citoyen pour faire connaître « l’histoire incroyable » de Nicole Bard. « Je pense que c’est la première personne qui sort d’un CHSLD. Elle voulait sortir de là. Elle y est arrivée grâce à sa détermination, témoigne Mme Riopel. C’est une source d’inspiration, pour tous ceux qui vivent à un moment donné dans leur vie une perte d’autonomie. Je trouve que c’est une histoire qui vaut la peine d’être dite, puis qui est inspirante pour plein de gens. »
Les deux Amossoises ont gardé contact depuis le départ de Mme Bard, il y a près d’un an, pour la résidence pour personnes âgées Les Jardins du patrimoine d’Amos. « C’est une femme épanouie, lance Micheline Riopel qui a vu son amie reprendre goût à la vie. J’ai vu un miracle. C’est vraiment une personne étonnante de ses capacités. Même si je voyais que c’était difficile, elle a persisté. »
Miraculée
On peut qualifier Nicole Bard de miraculée, mais c’est surtout sa volonté hors norme qui lui a permis de mener à bien sa réhabilitation. « J’avais beaucoup de colère et je n’acceptais pas ma maladie. J’ai demandé de l’aide à des personnes que j’aimais beaucoup, qui sont rendues au ciel. Fait que ça a enlevé ma colère. Puis là, j’ai commencé à travailler au bout de trois ans », raconte Mme Bard qui a œuvré pendant 30 ans à l’hôpital d’Amos en tant que technicienne en nutrition.
Elle passait ses journées alitée, incapable de se lever ou de se tourner dans son lit sans aide. On devait l’aider à manger et à boire également. « Je me suis tannée de ça. J'étais tannée de me faire servir. Quand t'es une femme indépendante, c’est dur. »
Déterminée, Nicole Bard a fait une demande pour être admise à l’étage de réhabilitation. Elle a dû tout réapprendre, « comme un enfant ». En six mois, elle a atteint un niveau d’autonomie suffisant pour déménager aux Jardins du patrimoine. Elle est passée d’alitée complètement à se déplacer à l’aide d’une marchette.
Le personnel travaillant a été d’une grande aide pour Nicole et une source d’encouragement. Le grand nombre de visiteurs qu’elle recevait l’a beaucoup aidé aussi à garder le cap. « J'ai eu de belles visites. On m’a dit que j'étais une des seules qui avait beaucoup de visites. J'imagine que c'est bon pour le moral, ça l'aide à se donner un peu de volonté justement, quand que les gens viennent nous voir », affirme-t-elle.
Nicole Bard continue sa route dans la réhabilitation. « Je me souhaite de marcher encore plus, de marcher juste avec une canne d'ici les fêtes. »