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Kebaowek a enfin un nouveau poste de police

Après plus de 20 ans de démarches, Kebaowek a inauguré, le 22 juillet, un poste de police à la mesure des responsabilités de ses agents. Pour la Première Nation, cette réalisation de 8,9 millions de dollars marque toutefois moins l’aboutissement d’un

Inauguration du nouveau poste de police | Kebaowek 2026

Après plus de 20 ans de démarches, Kebaowek a inauguré, le 22 juillet, un poste de police à la mesure des responsabilités de ses agents. Pour la Première Nation, cette réalisation de 8,9 millions de dollars marque toutefois moins l’aboutissement d’un projet que le début d’une nouvelle étape : celle qui doit mener à la création d’un service policier régional anishinaabe.

« Ce n’est pas seulement un bâtiment. Pour nous, il représente Kebaowek qui prend ses propres affaires en main et qui détermine la manière dont les services policiers doivent être offerts », affirme le chef Lance Haymond.

Le nouveau poste donne aux policiers un lieu sécuritaire et adapté à leur travail, mais aussi un espace où ils pourront rencontrer les membres de la communauté en dehors des situations d’urgence. Une distinction essentielle aux yeux du chef, qui souhaite renforcer une approche axée sur la prévention. « C’est le début d’une relation entre nos agents et la population, fondée sur la confiance et le respect. »

Une attente de plus de 20 ans

Le besoin d’un nouveau poste était connu depuis longtemps. Pendant des années, toutefois, les sommes consacrées aux services policiers de Kebaowek suffisaient à peine à maintenir les activités courantes. « À l’époque, nous étions une petite communauté et le financement ne nous permettait même pas d’envisager une nouvelle infrastructure. Nous avions à peine les moyens de rémunérer trois agents. Nous n’étions tout simplement pas une priorité. »

Selon lui, les recommandations de la Commission Viens, qui réclamait notamment des infrastructures adéquates et un financement équitable pour les corps policiers des Premières Nations, ont contribué à faire évoluer la situation. Kebaowek a finalement vu son projet être retenu en 2019.

La pandémie est ensuite venue interrompre son élan. Lorsque les démarches ont pu reprendre, l’explosion des coûts de construction avait fait passer la facture prévue de 4,2 à 8,9 millions de dollars.

La Première Nation a alors dû retourner à la table avec les gouvernements fédéral et provincial afin d’obtenir les sommes supplémentaires. Les travaux ont finalement commencé à l’automne 2025.

Équipe derrière l’inauguration (Photo : Kebaowek First nation)

Les mêmes responsabilités, les mêmes moyens

Le bâtiment inauguré mercredi comprend notamment des espaces de travail pour les policiers et le personnel civil, des salles d’entrevue et de réunion, des locaux de détention ainsi que des zones opérationnelles sécurisées.

Ces installations permettront surtout aux agents de Kebaowek d’exercer leur métier avec des moyens comparables à ceux des autres corps policiers. « Nous suivons la même formation et nous faisons face aux mêmes problèmes, mais nous n’avons pas toujours eu les outils nécessaires pour répondre à nos besoins. »

Pour les membres de la communauté, le changement se traduira par un endroit clairement identifié où ils pourront rencontrer les policiers et échanger avec eux en toute sécurité. Le poste doit ainsi soutenir une présence policière plus proche de la population et mieux adaptée à la réalité culturelle de Kebaowek.

Trois communautés, un même service

L’ouverture du poste s’accompagne également d’un projet de plus grande envergure. Kebaowek souhaite unir son service policier à ceux de Timiskaming First Nation et de Long Point First Nation afin de créer une force régionale desservant les trois communautés algonquines.

« Nous avons maintenant un nouveau poste de police. Timiskaming First Nation en a également un qu’elle inaugurera prochainement. Lorsque Long Point aura les installations dont elle a besoin, nous voulons unir nos forces et créer un seul service policier pour nos trois communautés », précise Lance Haymond.

Le nouveau bâtiment répond donc aux besoins immédiats de Kebaowek, tout en constituant la première assise concrète du futur service de police anishinaabe.

Au moment de couper le ruban, Lance Haymond dit avoir pensé à ceux qui ont porté le projet avant lui et au chemin parcouru malgré les obstacles. « J’ai ressenti une immense fierté. Ce projet a été lancé par mes prédécesseurs et s’est poursuivi grâce à notre engagement. Je suis fier que notre communauté possède enfin un bâtiment qui répond à ses besoins, mais surtout que nous ayons continué à défendre nos intérêts et à persévérer pour obtenir quelque chose qui nous appartient. »

Après deux décennies d’attente, Kebaowek a enfin son poste de police. Mais derrière les murs neufs se dessine déjà une ambition plus vaste : celle de communautés anishinaabes qui choisissent ensemble la manière dont elles veulent assurer leur sécurité.

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