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Jonathan Lemay : donner de son temps pour se sentir utile

28 juillet 2026

par : Ricardo Junior Emmanuel | rjremmanuel@journallecitoyen.com

photo : Jonathan Lemay cumule plus de trois décennies d’implication bénévole dans la région. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

« Rester chez moi et regarder la télévision, je ne me sens pas utile. Je me sens utile en donnant de mon temps. »

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À 48 ans, Jonathan Lemay a fait de cette philosophie un véritable mode de vie. Bien connu à Rouyn-Noranda pour son implication dans les festivals, les événements sportifs et les activités communautaires, l’homme multiplie les engagements depuis plus de trois décennies. Pour lui, le bénévolat n’est pas une obligation ni un passe-temps : c’est une façon de rester connecté à sa communauté et de se sentir utile.

Diplômé de l’École Promédia de Montréal, Jonathan Lemay est un visage familier du milieu culturel et sportif régional. Qu’il s’agisse du Festival de musique émergente (FME), du Salon du livre, d’événements sportifs ou d’activités communautaires, il répond présent lorsque la cause lui tient à cœur.

Son parcours de bénévole a commencé très tôt. À seulement 12 ans, il effectue du chronométrage lors des matchs de hockey. Même si cette activité lui procure quelques dollars de poche, ce n’est pas l’argent qui le motive. Déjà, il préfère être au cœur de l’action plutôt que de rester à la maison. « Ça me permettait d’être dans le flux de l’action », raconte-t-il.

Parmi les organisations auxquelles il est, le plus étroitement associé figure le Festival de musique émergente. Jonathan Lemay y est bénévole depuis la deuxième édition et figure dans plusieurs équipes au fil des ans : sécurité, billetterie, comptage des festivaliers, service de navette et transport d’invités.

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Le bénévolat lui permet non seulement de contribuer au succès des événements, mais aussi de faire des rencontres qui marquent son parcours. Au Salon du livre, il a notamment eu l’occasion de transporter et d’échanger avec différentes personnalités invitées. Au fil des ans, il a également développé des amitiés durables avec des artistes, des journalistes et des festivaliers qu’il retrouve année après année. « Ce que j’aime beaucoup dans mon bénévolat, c’est de faire des rencontres, rencontrer des artistes, faire de nouveaux amis », explique-t-il.

Chaque distinction remportée par le FME représente également une source de fierté personnelle. « Quand le FME reçoit des prix, j’ai le sentiment d’avoir participé », affirme-t-il.

Une reconnaissance appréciée

Même s’il répète volontiers qu’il ne recherche pas les honneurs, son implication n’est pas passée inaperçue.

En 2016, l’équipe d’ICI Abitibi-Témiscamingue demandait au public de se prononcer sur le meilleur de la région en prenant part à un vote. Les auditeurs l’ont choisi comme bénévole de l’année. Plus récemment, il a aussi figuré parmi les finalistes de la catégorie bénévole de l’année lors du Gala des Prix Régal, et ceci à deux reprises.

« Je ne fais pas du bénévolat pour avoir de la gloire. Mais c’est une tape dans le dos », résume-t-il. Pour lui, la plus belle récompense demeure toutefois le sentiment d’avoir contribué au succès d’un événement et d’avoir aidé les gens qui l’entourent.

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Au volant d’une navette, Jonathan Lemay combine sa passion pour le bénévolat et le contact avec les gens. (Crédit Photo : Facebook — Jonathan Lemay (Jo Lemay))

Une communauté qui lui a rendu la pareille

Parmi les nombreux souvenirs accumulés au fil des années, un événement vécu en 2019 demeure particulièrement marquant. À l’époque, Jonathan rêve d’assister à la finale de la Coupe Mémorial à Halifax pour encourager les Huskies de Rouyn-Noranda. Le coût du voyage est toutefois hors de sa portée. Il publie alors un message sur Facebook où il exprime son souhait d’y participer. La réaction de la communauté dépasse toutes ses attentes.

En quelques heures, citoyens et amis se mobilisent pour l’aider à réunir la somme nécessaire. Un rassemblement improvisé est même organisé afin de recueillir des dons.

« Le moment le plus marquant, c’est que la communauté s’est tournée vers moi pour m’aider à me rendre à Halifax », se souvient-il. Touché par cet élan de générosité, il décide de redonner au suivant. Une partie des sommes recueillies est ensuite versée au Défi Iamgold afin de soutenir des enfants de la région.

Pas question de ralentir

Après plus de 35 ans d’engagement bénévole, Jonathan Lemay n’a aucune intention de prendre sa retraite de sitôt.

Selon lui, il n’existe pas d’âge pour s’impliquer. « Si la santé est là, ça aide aussi. Le jour que je ne serai plus assez en forme pour en faire, je vais arrêter », affirme-t-il. Célibataire, il reconnaît également que le bénévolat représente une partie importante de sa vie sociale.

Les événements auxquels il participe lui permettent de rencontrer des gens, d’échanger et de tisser des liens qu’il n’aurait pas nécessairement développés autrement. À ceux qui hésitent à faire le saut, son conseil est simple : essayer.

« Ça prend de la volonté. Entre rester chez moi et aller faire une bonne action, le choix est facile », lance-t-il.

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Parmi ses nombreux souvenirs, Jonathan Lemay garde cette carte de sécurité du Tour de l’Abitibi de 1996. (Crédit Photo : Facebook — Jonathan Lemay (Jo Lemay))

Pour Jonathan Lemay, le bénévolat ne se résume pas à quelques heures offertes ici et là. C’est une façon de vivre, de participer au dynamisme de la région et de contribuer à quelque chose de plus grand que soi.

Son attachement profond envers sa ville illustre également par son rôle d'ambassadeur du 100e anniversaire de Rouyn-Noranda, une responsabilité qu'il considère comme un privilège.

Après des décennies d’engagement, une chose demeure : il est toujours aussi heureux de donner un coup de main.

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