Près de vingt ans après la fermeture de son usine, LVL Global s'est retrouvée sous les projecteurs mardi. C'est à Ville-Marie que le gouvernement du Québec a choisi de dévoiler la nouvelle mouture du Programme Innovation Bois, un investissement de 24 millions de dollars destiné à stimuler l'innovation dans le secteur forestier. Un choix qui fait de l'entreprise témiscamienne un exemple de la transformation que Québec souhaite voir émerger partout dans la province.
C'est devant ses employés, ses dirigeants et plusieurs élus que la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, a annoncé un investissement de 24 millions de dollars pour moderniser le Programme Innovation Bois (PIB), un levier financier destiné à soutenir les projets d'innovation, de transformation et de diversification dans l'industrie forestière québécoise.
Si le programme s'adresse à l'ensemble des entreprises de la province, le gouvernement n'a pas choisi Ville-Marie au hasard. « C'est une entreprise qui innove, qui investit, qui crée de la valeur à partir des ressources forestières, mais aussi qui contribue à la vitalité de nos régions », a souligné la ministre en expliquant le choix de LVL Global pour cette annonce nationale.
Le Programme Innovation Bois vise à encourager les investissements permettant d'améliorer les procédés de fabrication, de valoriser la biomasse forestière et les bois de qualité inférieure ainsi que de développer de nouveaux produits. Sa nouvelle version ajoute un troisième volet destiné aux entreprises stratégiques qui souhaitent diversifier leur production vers des produits à plus forte valeur ajoutée. « Les tensions commerciales, la fluctuation des marchés et la pression sur la compétitivité nous obligent à nous adapter. Rester immobile ne peut pas être une option. Il faut innover, transformer davantage et créer plus de valeur ici, au Québec ».

Kateri Champagne Jourdain, ministre des Ressources naturelles et des Forêts (Photo : Ange Major)
Une histoire de relance
Au-delà de l'annonce gouvernementale, c'est surtout l'histoire de LVL Global qui a servi de fil conducteur à la conférence de presse. La ministre a rappelé que l'usine avait fermé ses portes en 2008 avant d'être relancée grâce à la détermination d'investisseurs de la région. « Être entrepreneur en région, ça prend du courage. Cette entreprise est un excellent exemple de ce qu'on peut accomplir lorsqu'on choisit d'investir et d'innover ».
L'entreprise avait d'ailleurs bénéficié de la précédente version du Programme Innovation Bois grâce à une aide de 2,5 millions de dollars qui lui a permis d'automatiser une partie de sa chaîne de production. Le projet a notamment amélioré la précision de l'assemblage des composantes de placages de bois lamellés, augmenté la productivité et ouvert la porte à la commercialisation d'un nouveau produit.
Pour le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Daniel Bernard, le parcours de l'entreprise dépasse aujourd'hui le simple cas de LVL Global.
Il y voit un exemple de repreneuriat, un modèle appelé à prendre de plus en plus d'importance alors que des milliers d'entreprises québécoises chercheront un repreneur au cours des prochaines années. « Les gens du milieu se sont pris en main pour repartir cette usine. Ce que vous avez fait devrait servir de modèle ailleurs au Québec ». Il estime que l'innovation constitue désormais « la clé du succès » pour assurer la compétitivité des entreprises et composer avec la pénurie de main-d'œuvre.
Un programme attendu par l'industrie
Le président-directeur général de LVL Global, Étienne Ricard, a salué le renouvellement du programme, estimant que le soutien obtenu avait joué un rôle déterminant dans le développement récent de l'entreprise.
« Ça nous a grandement aidés à mettre en place ce projet. Ça nous permet d'être plus compétitifs, surtout dans un marché très concurrentiel », a-t-il déclaré.
Le gouvernement espère maintenant que cette nouvelle enveloppe de 24 millions de dollars permettra à d'autres entreprises forestières de suivre une trajectoire semblable, en misant sur l'innovation, l'automatisation et la création de produits à plus forte valeur ajoutée afin de renforcer la compétitivité de l'industrie québécoise.