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Camille Cormier-Morasse, au cœur des Misérables

11 juillet 2026

par : Ange Major

photo : Camille Cormier-Morasse (Photo : Instagram Camille Cormier-Morasse)

Le public voit trois heures de spectacle. Il entend les grandes chansons, découvre les décors monumentaux et se laisse emporter par l’histoire des Misérables. Mais derrière ces trois heures se cachent des semaines de travail minutieux, une discipline de tous les instants et une remise en question constante. C’est dans cet univers que plonge actuellement la Rouynorandienne Camille Cormier-Morasse.

Depuis la fin juin, la chanteuse et comédienne foule les planches dans la nouvelle production québécoise des Misérables. Membre de l’ensemble, doublure du personnage d’Éponine et « swing » — un rôle qui exige d’être prête à remplacer plusieurs interprètes à tout moment — elle fait partie de l’un des plus ambitieux spectacles musicaux présentés au Québec cette année. Avant même la première représentation, six semaines intensives de répétitions ont été nécessaires. Six jours complets par semaine sous la direction du metteur en scène français Ladislas Chollat et de l’équipe québécoise. « Six semaines, ça peut paraître long, mais pour monter un spectacle de cette envergure-là, ça passe très vite », confie l’artiste.

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Si la charge physique est importante, le véritable défi est ailleurs. « C’est un spectacle très lourd émotionnellement. Il faut rester concentré pendant des heures pour absorber tout ce qu’on nous demande. Ça demande énormément de discipline. » Pour Camille Cormier-Morasse, cette discipline ne s’arrête pas aux répétitions. Son corps est son outil de travail. « Il faut prioriser le sommeil, l’hydratation et continuer à prendre soin de soi. Notre corps est notre instrument, autant physiquement que vocalement et mentalement. »

Cette rigueur est d’autant plus nécessaire qu’elle doit maîtriser plusieurs partitions différentes afin de pouvoir remplacer rapidement d’autres artistes au besoin. Malgré une carrière déjà bien remplie, la jeune femme affirme que le doute ne l’a jamais quittée. « Je pense qu’on n’arrête jamais de douter de soi. C’est un métier tellement difficile qu’on continue toujours d’apprendre. Je pense que c’est même une bonne chose, parce que ça nous pousse à aller plus loin. » Loin de voir son expérience comme un point d’arrivée, elle la considère comme une étape parmi d’autres dans un apprentissage continu.

Porter une pièce aussi mythique que Les Misérables représente évidemment une responsabilité. « On se sent très choyés de pouvoir raconter cette histoire. Ladislas Chollat nous a accompagnés avec tellement de bienveillance et de cœur qu’on sent vraiment qu’on fait honneur à cette œuvre. », explique Camille Cormier-Morasse. Parmi toutes les scènes du spectacle, une demeure particulièrement marquante : la célèbre barricade. « C’est un moment très chargé. On se laisse vraiment transporter par les enjeux de la révolution. Et ce qui me frappe, c’est à quel point ces enjeux demeurent actuels aujourd’hui. »

Il existe pourtant un moment que le public ne verra jamais. Bien avant l’arrivée des spectateurs, Camille Cormier-Morasse entre dans le théâtre alors qu’il est encore vide. « J’aime arriver très tôt. J’aime aller seule sur la scène et regarder la salle. Un théâtre a tellement vécu. Il a accueilli tellement de spectacles, tellement d’énergies. Je trouve que c’est un lieu extrêmement chargé. » Cette image résume peut-être le mieux sa relation avec son métier : avant les applaudissements, avant les projecteurs et avant la musique, il y a quelques instants de silence où une artiste prend simplement le temps d’observer le lieu qui s’apprête à raconter une nouvelle histoire. Lorsque le rideau se lève, le public assiste à trois heures de spectacle. Pour la comédienne et chanteuse, ces trois heures sont surtout l’aboutissement d’un engagement collectif. « Dès les premières secondes, on est plongé dans l’univers des Misérables. Les artistes, les musiciens, les techniciens, l’équipe de production… tout le monde porte cette œuvre avec énormément de cœur. Et je pense que ça se ressent immédiatement. »

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