Le Festival de musique émergente (FME) misera une fois de plus sur la découverte, la prise de risque et la fidélité envers les artistes qui ont grandi avec lui. Du 3 au 6 septembre, la 24e édition proposera plus de 80 concerts à Rouyn-Noranda, avec une programmation où se côtoient têtes d’affiche québécoises, relève locale et internationale, ainsi que les traditionnels spectacles surprises qui font la réputation du festival.
Parmi les grands noms annoncés figurent notamment Lou-Adriane Cassidy, Koriass, Les Louanges, Bon Enfant, Philippe B, Charlotte Cornfield, Choses Sauvages et TDJ. Mais pour la directrice de la programmation, Maryline Lacombe, l’essence du FME ne se résume pas à quelques artistes connus. « On essaie de toucher à tout. Il y a de la chanson, du hip-hop, du métal, du punk, de la pop, de l’expérimental », résume-t-elle comme l’ADN du festival.
Si aucun fil conducteur précis ne relie les artistes de la programmation, un élément demeure central : accompagner les musiciens dans leur parcours. Maryline Lacombe souligne que plusieurs des têtes d’affiche d’aujourd’hui ont fait leurs premiers pas au FME. « Lou-Adriane Cassidy a commencé avec un spectacle gratuit en formule 5 à 7 et elle est maintenant la tête d’affiche de la plus grosse soirée du festival. C’est le fun de voir cette évolution. »
Elle cite également le groupe La Sécurité, qui avait présenté l’un de ses premiers concerts sur le toit d’un salon de bronzage à Rouyn-Noranda avant d’enchaîner les spectacles à travers le monde. « On veut créer une relation à long terme avec ces artistes-là et les ramener lorsqu’ils atteignent un autre niveau. »
L’inattendu au cœur de l’expérience
Les concerts cachés et les prestations impromptues reviendront également cette année. Pour la directrice de la programmation, ces rendez-vous improvisés font partie intégrante de l’identité du festival. « Une fois que la programmation est sortie, je me mets en mode FME. Je me demande ce que j’ai envie de voir apparaître dans une ruelle ou sur un coin de rue. Ça fait partie de l’esprit du festival. »
Le FME accueillera aussi une importante délégation internationale, avec une douzaine de groupes provenant notamment du Japon, de la Belgique, de la Colombie, des États-Unis et de la France. « Rouyn-Noranda ne fait pas partie des circuits de tournées internationaux. Sans le festival, on n’aurait pas la chance d’accueillir ces groupes-là ici », souligne-t-elle.
Faire venir ces artistes représente toutefois un défi de logistique important. Certains feront plus d’une journée de transport pour présenter un seul spectacle. « Personne ne m’a dit qu’il regrettait d’être venu. Quand les artistes arrivent, ils comprennent rapidement la magie du FME. »
Maryline Lacombe rappelle aussi que la programmation 2026 laisse une place importante aux artistes de la région, notamment Passion_Partage et Moiré, grâce à la collaboration de promoteurs locaux.
Se laisser surprendre
Selon la directrice de la programmation, le meilleur conseil à donner aux festivaliers est simple : se permettre de sortir de leur zone de confort. « Les spectacles sont accessibles. L’idée, c’est d’aller voir des choses dont vous n’avez aucune idée. Laissez-vous surprendre. Si vous voulez vraiment vivre votre FME, allez voir les spectacles que vous ne connaissez pas. »

L’identité visuelle de cette 24e édition a été confiée à l’artiste Valéry Hamelin, dont les illustrations ont inspiré la nouvelle affiche. (Crédit photo : Le Citoyen — Joanie Dion )
Une affiche qui évoque l’émergence
L’identité visuelle de cette 24e édition a été confiée à l’artiste Valéry Hamelin, dont les illustrations ont inspiré la nouvelle affiche.
Au centre de celle-ci se trouve une « watch », un abri de chasse traditionnel monté sur des jambes, comme si elle pouvait quitter son territoire pour partir explorer ailleurs. « Elle part avec une partie de son histoire, de ses mémoires et de son territoire, mais elle laisse derrière elle un espace vide où peut émerger autre chose », explique l’artiste.
Cette image s’est rapidement imposée comme métaphore du festival et de sa mission. « Les gens qui font de la musique émergente n’ont pas peur d’aller explorer et de se faire voir ailleurs. »
Selon Valéry Hamelin, cette illustration parle autant de transformation que de vulnérabilité. « Quand on choisit d’émerger ou d’explorer ailleurs, il y a toujours une part de soi qu’on emporte et on laisse ce vide se remplir d’autre chose. »
À l’image de cette affiche, le FME promet encore cette année de conjuguer découvertes, audace et rencontres improbables, en invitant les festivaliers à emprunter des chemins musicaux qu’ils n’auraient peut-être jamais envisagés.
Pour la programmation complète, rendez-vous sur les réseaux sociaux du FME.