Plus qu’un record du monde : le défi de Sylvain Sebastian Santamaria inspiré par le courage de Rémi
Pendant près de 11 heures, Sylvain Santamaria a marché sans relâche avec 112,5 livres sur le dos et dans les mains afin de compléter un marathon de 42,2 kilomètres au profit de la Ressource pour personnes handicapées.
Plus encore que l’exploit sportif, c’est la cause derrière ce défi qui impressionne. Derrière chaque tour de piste se trouvait le visage d’un jeune garçon de la région : Rémi Taillon. « J’ai trouvé ça difficile pendant 11 heures, mais il y a des gens qui vivent ça tous les jours », résume Sylvain Sebastian Santamaria.
Le 20 juin dernier, l’entraîneur et fondateur de Sly Coaching a complété 106 tours de piste en moins de 11 heures, réalisant du même coup une tentative de record du monde de marathon lesté avec 112,5 livres de charge. Mais dès le départ, son objectif allait bien au-delà de la performance.
Une inspiration bien réelle
Depuis plusieurs années, Sylvain accompagne Rémi Taillon, un jeune garçon atteint d’une maladie neuromusculaire rare qui affecte sa mobilité. Lorsqu’ils se sont rencontrés, Rémi se déplaçait principalement à quatre pattes, en fauteuil roulant ou à l’aide de différents équipements adaptés.
Sa mère, Myriam Demers, cherchait alors une façon de renforcer sa condition physique et de favoriser son autonomie.
« Mon objectif ultime, c’était qu’il marche davantage et qu’il se renforce », explique-t-elle. C’est grâce à une recommandation qu’elle est entrée en contact avec Sylvain. Rapidement, une relation particulière s’est développée entre l’entraîneur et le jeune garçon.
« Quand ils se sont rencontrés, il y a eu un déclic automatiquement. Ils ont développé une belle complicité. Ça fait maintenant près de deux ans qu’ils s’entraînent ensemble chaque semaine. »
Des progrès remarquables
Selon sa mère, les résultats ont dépassé toutes les attentes. « Rémi a progressé de façon exponentielle », affirme-t-elle. Aujourd’hui, le jeune garçon se déplace davantage à l’école comme à la maison et gagne progressivement en autonomie. Dans une région où les activités sportives adaptées demeurent limitées, les séances d’entraînement sont devenues bien plus qu’un simple exercice physique.
« C’est devenu son sport. Il n’y a pas beaucoup de sports accessibles pour les personnes handicapées ici en Abitibi. » Pour Myriam Demers, l’impact de Sylvain dépasse largement le cadre de l’entraînement. « Je ne pourrai jamais assez le remercier. Avoir un entraîneur comme lui, ça aide les familles. C’est vraiment un service exceptionnel. »
Porter le poids de leur réalité
C’est justement en observant les efforts quotidiens de Rémi que Sylvain a imaginé son défi. Il souhaitait reproduire symboliquement ce que vivent certaines personnes lorsqu’elles doivent composer avec des limitations physiques importantes.
« Marcher avec autant de poids me permettait de mieux comprendre ce que certaines personnes vivent chaque jour. »
Tout au long de la journée, plusieurs personnes vivant avec un handicap sont venues marcher à ses côtés. Parmi elles se trouvait notamment Rémi Mayou, âgé de 60 ans, qui a lui-même parcouru 18 tours de piste malgré d’importantes limitations physiques. « Le voir continuer tour après tour, c’était extrêmement inspirant », raconte Sylvain.
Les heures les plus difficiles
Si l’ambiance festive et les encouragements ont porté le participant pendant une bonne partie de l’événement, certaines périodes se sont révélées particulièrement éprouvantes. « Entre le 60e et le 90e tour, ça a vraiment été difficile. J’avais mal aux articulations, aux muscles et mes pieds étaient couverts d’ampoules. »
Les charges qu’il transportait dans ses mains devenaient également de plus en plus lourdes au fil des heures. Malgré la douleur, il a poursuivi grâce au soutien constant des bénévoles, de ses proches et des nombreux citoyens venus l’encourager. « Sans eux, je n’aurais pas réussi. »
Une victoire collective
Au-delà du record en attente d’homologation officielle, le Belge considère cette journée comme une victoire collective. Sa conjointe, ses enfants, ses amis, ses partenaires et les membres de la communauté ont contribué au succès de l’événement. Mais pour lui, la plus grande leçon demeure celle transmise par les personnes qu’il souhaitait soutenir. « Pendant quelques heures, j’ai trouvé ça difficile. Mais il y a des gens qui vivent ces défis chaque jour de leur vie. Ça remet beaucoup de choses en perspective. »
En attendant la confirmation officielle du record, une chose est déjà certaine : le 20 juin dernier, Sylvain Santamaria a réussi bien plus qu’un exploit sportif. Il a rappelé à toute une communauté la force, le courage et la résilience dont font preuve quotidiennement les personnes vivant avec un handicap.