Le tourisme régional repose sur une ressource indispensable : les étudiants. Ce sont eux qui comblent la plupart des emplois saisonniers dans les principaux attraits touristiques de l’Abitibi-Témiscamingue. Même si la situation n’est pas catastrophique, les jeunes ne semblent pas être autant au rendez-vous qu’il y a quelques années.
« Pour l'industrie touristique en général, les étudiants sont un indispensable au bon fonctionnement de notre industrie. On a vraiment besoin des étudiants pour que ça fonctionne bien », affirme Nancy Arpin, directrice générale de Tourisme Val-d’Or.
Du côté du Musée d’histoire de Rouyn-Noranda, même son de cloche. « Ces emplois-là sont très importants pour nous parce que c'est ce qui nous permet d'offrir des services au public durant toute la période estivale. Donc, pour ce qui est des visites guidées, par exemple, ce sont des guides animateurs, ce sont des étudiants au secondaire, au cégep, qui occupent ces postes », indique Sofía Victoria Zottig, directrice générale.
« La recherche de guides-animateurs pour nos musées varie considérablement d’une année à l’autre. À certains moments, nous sommes préoccupés par le manque de personnel, car cela peut compromettre la qualité du service offert aux visiteurs et rendre difficile la gestion des horaires d’ouverture. Cette fluctuation nous rappelle à quel point chaque recrutement est crucial pour garantir une expérience agréable et maintenir nos standards d’accueil, explique Cathy Fraser, coordonnatrice du regroupement Mémoires des chemins d’eau qui compte 10 musées au Témiscamingue. Cependant cette année nous avons été très chanceux, donc nous avons tous les employés nécessaires pour compléter notre belle équipe. »
Compétition entre secteurs
La région offre des opportunités d’emploi avantageuses aux étudiants, souvent plus payantes que le secteur touristique, comme le fait remarquer Nancy Arpin : « C'est sûr qu’on a un enjeu avec les salaires, que ce soit pour nos étudiants ou même les postes de base. On ne se le cachera pas, quand on est dans le domaine du service, les salaires ne sont pas aussi élevés. Puis tu sais, il y en a qui ont des opportunités d'aller travailler dans des industries autres que ce soit forestières, minières, industrielles où les salaires des fois vont être plus avantageux. Là où nous on a à gagner, bien c'est l'environnement de travail, je pense, qui est dans la bonne humeur. »
« On a passé des entrevues en fait avec des personnes qui, finalement, avaient eu d'autres offres d'emploi, puis qui viennent faire l'entrevue, même s’ils savent déjà qu’ils ne vont pas prendre l'emploi puisqu'ils ont d'autres offres. Je pense que c'est pas mal comme ça dans le milieu culturel. C'est difficile d'aller recruter des gens pour des postes étudiants », remarque la directrice du Musée d’histoire de Rouyn-Noranda.
Expérience de travail et retour
Ce qui fait la différence pour le tourisme, c’est souvent l’expérience de travail que vivent les jeunes et qui leur donne envie de revenir année après année.
« On a aussi une stabilité, c'est-à-dire qu'on a des étudiants qui reviennent année après année au bureau d'information touristique. Je le vois aussi à la Cité de l'or. Il y a des anciens guides qui sont encore là aujourd'hui, après quelques étés, parce qu'il faut se rappeler que l'industrie touristique, c'est quand même l'industrie du bonheur. C'est agréable de travailler dans ce service à la clientèle-là qui est somme toute positif », spécifie la directrice de Tourisme Val-d’Or, en ajoutant que dans certains cas, l’expérience vécue par les jeunes employés a même influencés ces derniers à venir s’installer dans la région après leurs études.
Le scénario se répète au Musée d’histoire de Rouyn-Noranda, qui essaie d'offrir « une expérience qui va marquer les personnes » qui y travaillent. Sofía Victoria Zottig donne l’exemple d’une guide qui est revenu travailler à titre d'adjointe à la médiation culturelle des années plus tard. « On en a beaucoup qui justement reviennent plus tard, parce qu’ils tirent une bonne expérience de notre organisme ».