Dès le 2 juillet prochain, le gouvernement du Québec va réactiver le Programme d’Expérience québécoise (PEQ) pour une période de deux ans, une décision attendue notamment dans les régions aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre.
Cette relance permettra aux personnes qui étaient admissibles au programme avant novembre 2025 de soumettre de nouveau une demande. Une première période de dépôt est prévue jusqu’en octobre, puis d’autres fenêtres suivront jusqu’en juillet 2028. « C’était l’un de mes engagements dès mon entrée en poste », indique la première ministre, Christine Fréchette, dans une vidéo diffusée sur son compte Instagram.
Pour les municipalités, cette décision arrive à un moment crucial. Dans plusieurs régions, dont l’Abitibi-Témiscamingue, le resserrement des règles d’immigration avait accentué la difficulté à pourvoir des postes, notamment dans les services essentiels et les secteurs économiques clés. L’Union des municipalités du Québec (UMQ), dans un communiqué publié mercredi, estime que la réouverture du programme permettra d’éviter des ruptures de parcours pour des travailleurs déjà intégrés et actifs dans leur milieu. « On ne peut pas se priver de personnes déjà bien intégrées, qui parlent français, qui étudient, travaillent et contribuent activement à la vitalité de nos milieux », déclare le président de l’UMQ et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay.
Rappelons qu’en février dernier, plusieurs municipalités s’étaient mobilisées dans le cadre du mouvement des Cœurs bleus afin de réclamer une transition plus ordonnée entre le PEQ et le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Sur le terrain, les impacts se faisaient déjà sentir dans les régions, où la rareté de la main-d’œuvre exerce une pression sur les services et le développement économique.
« La réouverture du PEQ permet d’assurer une continuité essentielle et d’éviter des pertes de main-d’œuvre que nos communautés ne peuvent se permettre », précise M. Tremblay. Malgré cette relance, le gouvernement maintient ses cibles d’immigration à 40 000 nouveaux résidents permanents par année d’ici 2029.
L’UMQ indique vouloir poursuivre ses représentations afin que les politiques d’immigration tiennent davantage compte des réalités régionales, notamment en matière d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre.