Selon une étude menée par la firme Intrinsik Corp. entre avril 2025 et janvier 2026 et financée par Glencore Canada, propriétaire de la fonderie , les niveaux d’exposition à l’arsenic chez les résidents de Rouyn‑Noranda seraient comparables, voire inférieurs, à la moyenne canadienne, et principalement influencés par l’alimentation plutôt que par les émissions industrielles.
Présentés mardi lors d’un breffage technique et d’une conférence de presse, les résultats indiquent que la principale source d’arsenic mesurée dans l’organisme des participants serait liée à l’alimentation, notamment la consommation de poisson, de fruits de mer et de riz, plutôt qu’aux émissions industrielles. Selon Intrinsik Corp., la contribution de la fonderie Horne à l’exposition globale serait ainsi jugée mineure.
Au total, 302 résidents ont participé au programme, dont 245 ont été retenus pour l’analyse communautaire. L’étude s’appuie notamment sur des prélèvements d’urine réalisés à cinq reprises afin de mesurer différents types d’arsenic. Le rapport a analysé des échantillons d’urines et d’ongles de 245 personnes, en plus d’examens d’air et de sols. « Les niveaux d’exposition à l’arsenic des résidents de Rouyn‑Noranda ne sont pas différents de ceux observés ailleurs au Canada », a affirmé Elliott Siegel, vice‑président et toxicologue principal chez Intrinsik Corp, en entrevue. Dans l’ensemble, les taux d’arsenic dans l’urine des participants étaient égaux ou inférieurs à la moyenne nationale canadienne sur les mesures de la santé (ECMS). Suivant la présentation, la moyenne géométrique pour l’arsenic inorganique était de 4,28 µg/L à Rouyn-Noranda, contre 4,80 µg/L à l’échelle nationale.
Selon l’étude, la contribution de la fonderie Horne à l’exposition globale à l’arsenic observée chez les participants serait limitée. « La fonderie ne contribue pas de façon significative au niveau d’exposition à l’arsenic mesuré chez les participants », indique M. Siegel. Les analyses présentées lors de la conférence indiquent également que la proximité géographique avec la fonderie n’était pas un facteur déterminant dans les niveaux d’arsenic mesurés chez les participants, une fois les autres variables prises en compte.

L’alimentation au cœur de l’exposition
Les résultats du programme pointent plutôt vers l’alimentation comme principal facteur d’exposition à l’arsenic, notamment la consommation de poisson, de fruits de mer et de riz.« L’alimentation a une influence beaucoup plus importante sur l’exposition à l’arsenic que la fonderie ». Selon les données présentées, certains épisodes de concentrations plus élevées observées chez des participants étaient généralement liés à la consommation récente de ces aliments, et non à une exposition environnementale persistante.
Santé Canada indique sur son site web que différentes formes chimiques d’arsenic sont présentes dans les aliments, mais précise que les concentrations relevées dans les aliments vendus au pays demeurent faibles et relativement stables depuis bon nombre d’années.
Entre inquiétudes et certitudes
La firme estime que les résultats devraient rassurer la population. « Les gens doivent être rassurés par les résultats de l’étude », mentionne le toxicologue. De plus, le programme reposait sur la participation volontaire de citoyens, ce qui limite la représentativité des résultats pour l’ensemble de la population. Certaines analyses, notamment chez les jeunes enfants, ont aussi été réalisées à partir de petits groupes, ce qui peut influencer les conclusions. L’étude souligne par ailleurs que les enfants de moins de cinq ans présentaient des concentrations d’arsenic plus élevées que les adultes, bien que ces niveaux demeurent généralement comparables à ceux observés ailleurs au Canada. Un sous‑groupe de jeunes enfants affichait toutefois des niveaux plus élevés, possiblement en lien avec leur consommation de produits à base de riz. Cependant, ces conclusions s’inscrivent dans un contexte où d’autres travaux ont soulevé des préoccupations quant à l’exposition à l’arsenic dans certains secteurs de la ville, notamment dans le quartier Notre‑Dame.
Des études de la santé publique réalisées en 2019 et 2020 avaient toutefois indiqué des niveaux d’arsenic plus élevés chez certains résidents, notamment dans le quartier Notre-Dame, comparativement à un groupe témoin à Amos. Certains experts invitent toutefois à la prudence dans l’interprétation des résultats, notamment en raison des enjeux liés à l’indépendance des études et aux différences méthodologiques avec les données de santé publique antérieures.
Selon les derniers relevés, les émissions d’arsenic de la Fonderie Horne ont une légère augmentation en 2025 (Le Citoyen) pour atteindre une moyenne de 40,9 mg/m3.