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« Toujours aucun changement, aucune écoute » : le milieu communautaire se mobilise à nouveau

9 juin 2026

par : Ricardo Jr Emmanuel

photo : Des représentants d’une vingtaine d’organismes communautaires se sont rassemblé lundi à Rouyn-Noranda dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, réclamant un meilleur financement à leur mission. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

Face au refus du gouvernement du Québec de répondre à leurs revendications, plus de 20 organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue se sont rassemblés lundi à Rouyn-Noranda devant le bureau de poste sur l’avenue du Lac. Cette mobilisation s’inscrit dans le mouvement Le communautaire à boutte, qui réclame un meilleur financement à la mission des organismes.

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Pendant que des représentants manifestaient devant les bureaux de la première ministre Christine Fréchette à Saint-Constant, des groupes de chaque MRC de la région ont tenu ce rassemblement local, en raison de leur éloignement géographique. « À la suite de nos deux semaines de grève, après 40 jours d’indifférence, le gouvernement a refusé de nous entendre. Donc, on est encore sur le terrain aujourd’hui », déclare David-Alexandre Desrosiers, de la Concertation régionale des organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue (CROCAT). Selon lui, après plus de 40 jours sans réponse gouvernementale, les attentes demeurent inchangées, notamment la question d’un financement adéquat à la mission des organismes ainsi qu’une reconnaissance de leur rôle au sein du filet social.

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David-Alexandre Desrosiers de la Concertation régionale des organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

Sur place, plusieurs slogans étaient affichés sur des pancartes tels que « Sans financement, pas de solutions », « Ensemble, faisons bouger les choses », « Éliminer la pauvreté, c’est un devoir de société ». Des automobilistes ont aussi manifesté leur soutien en klaxonnant à l’approche du rassemblement, témoignant d’un appui de la population à la cause. « On est environ une centaine de personnes et on est très satisfaits de la mobilisation », indique Stacy Shea, coordonnatrice de l’organisme Les Marginales et porte-parole locale du mouvement. Elle souligne que la situation sur le terrain se détériore, notamment en raison du manque de ressources. « Les listes d’attente se multiplient, les services sont engorgés et on n’a pas le personnel pour répondre à la demande ».

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Des gestes symboliques pour illustrer l’épuisement

Le rassemblement a aussi été marqué par une action symbolique : l’envoi d’un colis à la première ministre Christine Fréchette. Des représentants des différentes MRC y ont déposé des objets illustrant la réalité du milieu communautaire. Parmi ceux-ci, un oreiller rouge, présenté comme symbole de l’épuisement des travailleurs. « C’est l’image de quelqu’un qui a trop porté, trop attendu, sans avoir les moyens nécessaires », explique Stacy Shea en entrevue.

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L’oreiller rouge présenté lors du rassemblement symbolise l’épuisement des travailleurs du milieu communautaire. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

D’autres objets, comme une couverture argentée qui représente la vulnérabilité de la population plutôt que de l'économie sociale. Des souliers usés ont également été déposés dans la boîte. Ceux-ci visaient à représenter la surcharge de travail ainsi que le rôle essentiel des organismes auprès des personnes vulnérables. Selon les organisateurs, chaque jour, les organismes empêchent les personnes de tomber entre les mailles du système malgré des ressources qui sont insuffisantes et des besoins sans cesse grandissants. « Pendant que l’État coupe au bout de la chandelle, le communautaire, lui, allume des lumières dans la vie des gens. On éclaire, on réchauffe les cœurs et on fait briller la vie de ceux et de celles qu’on accompagne au quotidien, ceux qui sont souvent laissés pour compte », précise Stacy Shea.

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Des revendications qui persistent

Au cœur des demandes figure un financement à la mission stable et récurrent, ainsi qu’une reconnaissance de l’autonomie des organismes communautaires. « On veut être entendus et reconnus à notre juste valeur », résume David-Alexandre Desrosiers, rappelant que le communautaire soutient une part importante du filet social depuis plusieurs années. Les organismes préviennent que la pression continuera au cours des prochains mois.

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Pancartes à la main, les manifestants interpellent le gouvernement sur l’importance du rôle du communautaire dans la société. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

Une nouvelle mobilisation est déjà prévue à l’automne, dans un contexte préélectoral que le milieu communautaire souhaite mettre à profit pour faire avancer ses revendications. D’ici là, les organisateurs espèrent toujours obtenir une réaction du gouvernement. « Si le communautaire ferme, c’est toute la population qui en subira les conséquences. Prendre soin du milieu communautaire c’est prendre soin de notre filet social et prendre soin de notre filet social c’est prendre soin de toute la population. On s’en occupe avec la réalité à décider. Ce n’est pas un geste anodin. », conclut Stacy Shea.

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