Des textes écrits par des élèves, des acteurs issus des écoles et une équipe de création entièrement régionale : le vidéoclip de la chanson Habiller les murs se veut l'un des legs du 100e anniversaire du Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda (CSSRN). Dévoilé le 4 juin, le projet rassembleur a mobilisé des artisans culturels de la région, ainsi que des membres du personnel et des élèves de plusieurs établissements.
« On pense que les jeunes de l'année prochaine vont s'y reconnaître, mais aussi ceux qui viendront dans 10 ans », souligne la directrice générale du CSSRN, Anne-Frédérique Karsenti.
Cette volonté de créer une œuvre capable de traverser les générations a guidé la création de la chanson. Pour l'écriture des paroles, le CSSRN a collaboré avec l'auteur-compositeur-interprète Guillaume Laroche, qui a animé des ateliers d'écriture dans plusieurs écoles. « On a pris tout ce qu'on avait comme textes pour en faire un deuxième couplet. Ça fait beaucoup de texte pour peu de mots », raconte-t-il. Avec son équipe du Studio Adéquat, il a dû sélectionner des phrases et des expressions provenant de différents textes d'élèves afin de construire des rimes et donner une cohérence à l'ensemble.
Selon lui, Habiller les murs évoque l'empreinte laissée par chaque génération d'élèves au sein d'une institution qui continue de s'écrire au fil du temps. « Le Centre de services scolaire, c'en est un où on a vu depuis 100 ans grandir des gens qui se sont accomplis, qui se sont épanouis, qui sont devenus des professionnels dans plein de milieux », explique-t-il. À travers la chanson, l'équipe souhaitait ainsi mettre en lumière ces parcours qui débutent sur les bancs d'école et se poursuivent bien au-delà de la vie étudiante.

Le vidéoclip rappellera des souvenirs à de nombreuses générations. (Photo : Le Citoyen – Joanie Dion)
Trois jours de tournage
Afin d'assurer la pérennité du projet, l'idée de produire un vidéoclip s'est rapidement imposée.
Le CSSRN a alors fait appel aux Productions 3tiers pour réaliser le tournage. Trois journées ont été nécessaires pour mettre en images la chanson dans différents lieux représentatifs de la vie scolaire. « On a établi un horaire de lieux. On a décortiqué le projet en scènes. On voulait des scènes fortes de nos moments à l'école : autant les exposés oraux que les scènes d'amour, les scènes de sport ou les moments de chimie », explique Alain Bergeron, copropriétaire des Productions 3tiers.
L'équipe cherchait également à créer des images marquantes sur le plan visuel. « On voulait des choses qui sortent bien visuellement, comme des effets de boucane avec la chimie, ou de la peinture et des jeunes qui sont pleins de couleurs », ajoute-t-il.
De nombreux figurants et acteurs ont participé au projet, tous issus du personnel du CSSRN ou de ses écoles primaires et secondaires. Pour Clémentine, élève du primaire, le moment le plus mémorable du tournage a été de danser et de sauter dans les corridors de son école. Pour Maève, l'expérience a permis de découvrir l'univers de la production vidéo et du jeu devant la caméra. « J'avais déjà le rêve de faire des vidéos, je pense que ça l'a juste amplifié », confie-t-elle.

Le projet a permis aux élèves du CSSRN d’apprendre « autrement ». (Photo : Le Citoyen – Joanie Dion)
Apprendre autrement
Au-delà du résultat final, le projet a aussi permis aux élèves de développer de nouvelles compétences dans un contexte différent de celui de la salle de classe. « On a besoin d'avoir un petit brin de folie en éducation. On a besoin aussi d'apprendre autrement, et ce sont beaucoup d'apprentissages que les élèves ont faits durant les festivités, à travers les projets et à travers l'écriture », affirme Mme Karsenti.
Pour la direction du CSSRN, Habiller les murs représente bien plus qu'une simple production commémorative. Le vidéoclip constitue un souvenir tangible des célébrations du centenaire et un témoignage du passage des élèves qui ont contribué à son élaboration. « Finalement, l'éducation, ce qu'ils ont appris à l'école, ça va leur servir toute leur vie. Ils vont avoir de beaux souvenirs à partager, mais eux aussi vont s'en rappeler quand ils vont avoir des enfants. Eux aussi vont s'en rappeler quand ils seront des citoyens », conclut Mme Karsenti.