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Des professionnelles en soin de santé demandent de meilleures conditions de travail

4 juin 2026

par : Ricardo Jr Emmanuel

photo : Un rassemblement a eu lieu devant le CLSC à Rouyn-Noranda, le 3 juin 2026. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

Des professionnelles en soins du Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue affilié à la FIQ (FIQ-SISSAT)) se sont rassemblées mercredi après-midi devant le CLSC de Rouyn-Noranda pour dénoncer la surcharge de travail et exprimer leur vive inquiétude au maintien des services de santé dans la région.

La FIQ-SISSAT, qui représente près de 1600 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires de l’Abitibi-Témiscamingue, revendique de meilleures conditions de travail et que les mesures financières incitatives en région demeurent pour garantir des soins de qualité aux patients, peu importe leur code postal.

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En dépit de certains progrès réalisés au cours des dernières années, selon les données évoquées lors du rassemblement, le président précise qu’il manque actuellement 200 infirmières et 80 infirmières auxiliaires dans la région pour combler les besoins actuels. Selon Jean-Sébastien Blais, président de la FIQ- SISSAT, si aucune mesure n’est prise, « on risque d’avoir des services fermés dès l’automne, notamment, des unités d’obstétriques pourraient fermer, des femmes enceintes seraient obligées de parcourir plusieurs kilomètres pour accoucher, des lits seraient également fermés et des patients qui se retrouveraient sans solution. »

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Jean-Sébastien Blais, président de la FIQ-SISSAT. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

Diagnostic de la situation

Seulement pour ce printemps, le taux d’absentéisme chez les infirmières est passé de 8 à 12 %. Selon M. Blais, il ne se passe pas une journée sans qu’une infirmière apporte un billet médical, ce qui représente 40 ressources manquantes de plus.

Présente lors du rassemblement, Lauriane Normand, allothérapeute à l’hôpital d’Amos, se dit inquiète de la situation actuelle. « Beaucoup d’heures supplémentaires, ça devient difficile et cela affecte notre travail. » Même son de cloche du côté de Sarah Langevin, infirmière clinicienne à Rouyn-Noranda. Ces deux jeunes, qui viennent tout juste de commencer dans la profession, sentent déjà beaucoup de pression. « Non seulement il manque de personnes, mais il manque aussi de personnes qui sont formées en salle d’accouchement, ça peut avoir un grand impact sur l’accessibilité aux soins dans une ville », précise Sarah Langevin. Elles espèrent que les acteurs entendent leur cri et qu’ils fassent du recrutement tout en offrant des incitatifs pour que les gens viennent en région. « L’Abitibi est importante, la famille aussi. Mais les gens ici, ce n’est pas suffisant pour répondre aux besoins en ce moment. »

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De gauche à droite Sarah Langevin et Lauriane Normand sont venues manifester mercredi, à Rouyn-Noranda. (Crédit photo Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

De meilleures conditions de travail

M. Blais souligne que le rassemblement d’aujourd’hui vise aussi à attirer l’attention de Santé Québec pour garder l’ensemble des services en région. Il dénonce notamment les coupes budgétaires qui ont un impact sur le système. « L’augmentation de l’assurance-salaire suit l’augmentation des heures supplémentaires, des heures supplémentaires obligatoires et la diminution de la main-d’œuvre indépendante », a fait observer le président.

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Les infirmières sonnent l’alarme face à une période estivale 2026 qui va être difficile. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel).

Concrètement, les professionnelles en soin de santé réclament des mesures claires, raisonnables et urgentes. Premièrement, la pérennisation des mesures d’attraction et de rétention en reconduisant les sommes qui ont été déjà octroyées soit les 15 millions. Deuxièmement, avoir des gens aux ressources humaines dédiés au recrutement. « On demande du renfort, de l’aide sur le terrain pour éviter des heures supplémentaires ». Bien que la pénurie ne soit pas uniforme à la grandeur de la région et que certains secteurs ont plus de besoins, M. Blais estime que l’employeur et Santé Québec doivent trouver des solutions avant que le mois d’octobre arrive et que certains services se retrouvent sans main-d’œuvre.

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Lors du rassemblement, des tracts contenant des messages s’adressant directement au député de Rouyn-Noranda Témiscamingue, Daniel Bernard, qui est aussi ministre délégué à l’économie, ont été distribués à la population.

« La pression est au maximum, nos infirmières sont épuisées et elles ont besoin de compassion », conclut Jean-Sébastien Blais, président de la FIQ- SISSAT

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