— PUBLICITÉ —

La FTQ dénonce les défis grandissants en Abitibi-Témiscamingue

27 mai 2026

par : Ricardo Jr Emmanuel

photo : Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses québécois depuis 2023. (Crédit Photo : Pascal Ratthé)

De passage dans la région dans le cadre du conseil général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), sa présidente, Magali Picard, a abordé plusieurs enjeux touchant les travailleurs, notamment la foresterie, le coût de la vie et la situation sociale, à quelques mois des élections provinciales.

— PUBLICITÉ —

Cette année la FTQ a décidé d’organiser le conseil général à Rouyn-Noranda, en raison d’enjeux importants qui touchent les travailleurs de la région. « On voulait être ici pour entendre et de vivre la réalité des gens d’ici. La FTQ représente plus de 600 000 travailleuses et travailleurs au Québec et bien des gens de la région sont représentés par nos syndicats affiliés. Donc, c’était important pour nous de venir chez vous en 2026 », explique Mme Picard. Parmi les enjeux évoqués, la situation de la foresterie retient particulièrement l’attention. Selon la présidente de la FTQ, plusieurs emplois sont actuellement fragilisés dans ce secteur. « Il y a des centaines d’emplois depuis l’année dernière qui sont en péril ou encore abolis dans la région. C’est extrêmement préoccupant. On veut être la voix des travailleurs. Donc, il faut entendre c’est quoi les propositions, les solutions qui sont amenées par nos gens de la région », précise la présidente.

Mme Picard a également plaidé pour une meilleure valorisation des ressources naturelles, notamment par une transformation accrue des produits au Québec. « On devrait être capables de transformer nos ressources ici, au lieu de les envoyer ailleurs pour ensuite racheter les produits transformés », a-t-elle affirmé, évoquant la nécessité d’une politique industrielle structurée. Plutôt que d’exporter nos ressources naturelles brutes, notamment le bois, vers les États-Unis pour y être transformées avant de les racheter à fort prix, Québec gagnerait à miser davantage sur la transformation locale. Selon elle, une meilleure coordination entre les secteurs permettrait d’anticiper les besoins et de répondre plus efficacement à la demande intérieure.

Une réalité sociale qui évolue

Au-delà des enjeux économiques, la présidente de la FTQ s’est dite préoccupée par l’émergence de nouvelles réalités sociales dans la région, notamment l’itinérance. « J’ai été étonnée de voir des itinérants à mon arrivée. Ça n’existait pas ici il y a quelques années. C’est un très mauvais signal ». Selon elle, cette situation est liée à l’augmentation du coût de la vie et à la pression sur les services sociaux. « On représente des travailleurs qui doivent aller dans les banques alimentaires pour nourrir leur famille. Ça n’a aucun sens. »

Magali Picard a aussi réagi à l’annonce faite la veille par la première ministre concernant le retrait de la TVQ sur certains produits. Selon elle, cette mesure ne suffira pas, à elle seule, à améliorer de façon tangible la situation des familles à faible revenu et des personnes en situation d’itinérance au cours de la prochaine année. « On a des besoins criants partout. On regarde les maisons des femmes, on regarde les familles, les établissements. Ça va prendre de l’argent dans les infrastructures. Dans la région, c’est la même chose. Ici, à Rouyn-Noranda, on voit l’état des routes, des établissements. Il y a de grands besoins d’investissement », a fait observer Mme Picard.

— PUBLICITÉ —

À l’approche des élections provinciales, la FTQ entend maintenir la pression sur les partis politiques. « Nos attentes, c’est de remettre le travailleur au centre des décisions et de rétablir le dialogue social », a indiqué Mme Picard. Elle souhaite notamment que les partis s’engagent à revoir certaines législations et à investir davantage dans les services publics et les infrastructures en région. « Ça prend des programmes sociaux, des filets sociaux pour être capable de répondre aux besoins de la population ». Dans un contexte où plusieurs enjeux locaux s’entrecroisent, la présidente de la FTQ insiste sur la nécessité d’investir en région. « Quand c’est le temps d’attirer des travailleurs, on leur promet beaucoup de choses, mais une fois sur place, on a l’impression qu’on les abandonne », déplore-t-elle. Elle a notamment évoqué les besoins en infrastructures, en santé et en services de garde, qui, selon elle, doivent devenir des priorités politiques.

Relations avec le gouvernement

Interrogée sur les relations avec le gouvernement du Québec, Magali Picard s’est montrée critique. « C’est extrêmement difficile avec le gouvernement actuel. On a un gouvernement qui a arrêté d’écouter depuis plusieurs années », a-t-elle déclaré. Elle a également dénoncé certains projets de loi jugés défavorables aux travailleurs, affirmant qu’ils pourraient affaiblir le rapport de force lors des négociations collectives. « On a besoin d'avoir un nouveau gouvernement au Québec qui va abroger ces projets de loi là, qui va redonner aux travailleurs leur pouvoir de négocier égal, égal avec les employeurs pour qu'on ne recule pas au Québec », estime Mme Picard.

« Ensemble, nous traverserons cette période de turbulence ». Toutefois, la présidente reste convaincue que la mobilisation du milieu des travailleurs permettra de faire pression sur les gouvernements afin d’obtenir des investissements et des politiques favorisant la transformation et la valorisation des ressources naturelles partout au Québec.

Articles suggérés