Au Témiscamingue depuis 1994, France Marion, qui réside à Latulipe-et-Gaboury, fait officiellement le saut en politique provinciale en se présentant à l’investiture de Québec solidaire dans la circonscription de Rouyn‑Noranda–Témiscamingue. Citoyenne engagée, elle a notamment occupé les postes d’élue municipale, de mairesse et d’enseignante. Pour elle, cette décision marque l’aboutissement d’un long parcours d’implication locale et d’attachement profond au territoire.
Son déclencheur politique, raconte‑t‑elle, est survenu lors de sa participation au congrès national de Québec solidaire, un moment qu’elle décrit comme une véritable « étincelle ». « Me retrouver avec ma famille politique, avec des gens qui veulent plus de bienveillance et un meilleur vivre‑ensemble, ça m’a profondément touchée. » Elle évoque aussi des rencontres qui lui ont été marquantes, comme celle des porte‑parole du parti, Ruba Ghazal et Sol Zanetti, ainsi qu’avec la députée Manon Massé.
Cette réaffirmation de ses convictions survient alors que Québec solidaire célébrait ses 20 ans, un anniversaire qu’elle qualifie d’« émouvant » et « stimulant ».
Un parcours ancré dans la participation citoyenne
Depuis son arrivée dans la région il y a plus de 30 ans, France Marion s’est toujours impliquée dans la vie communautaire. Active sur la scène témiscamienne, elle a fait partie du Théâtre de la Loutre, prenant part à trois productions. Elle siège également à la Commission culturelle de la MRC de Témiscamingue depuis près d’une décennie. Dans sa municipalité, elle a été conseillère municipale, puis mairesse. Elle contribue à l’organisation de la Fête des Tuques en plus de prêter main-forte à la Danse d’la Quenouille ainsi qu’à la préparation des soupers de l’âge d’or. Quant à son parcours professionnel, il l’a menée vers l’enseignement au primaire, une carrière qui s’est échelonnée de 2005 à 2020.
Une candidature portée par des préoccupations sociales
Si elle souhaite aujourd’hui représenter Québec solidaire, c’est d’abord parce qu’elle se dit préoccupée par les enjeux qui touchent la population : hausse du coût de la vie, affaiblissement du filet social, inégalités grandissantes.
« Je suis convaincue que la plateforme de Québec solidaire répond à des soucis bien réels », affirme‑t‑elle. Elle évoque aussi une prise de conscience personnelle, elle qui sera grand-mère pour la première fois dans quelques mois. « Je me demande quelle société on va laisser à nos enfants et petits‑enfants. »
Elle souligne que l’écart entre les mieux nantis et les moins nantis se creuse rapidement, citant des données sur l’évolution de la richesse au Québec. « Depuis cinq ans, la richesse des 20 % des mieux nantis a augmenté de 50 %. Et celle des moins nantis a diminué de 20 %. Entre les deux, la classe moyenne est de plus en plus préoccupée par la hausse vertigineuse du coût de la vie. Québec Solidaire offre des solutions réalisables pour freiner cet écart. » C’est à cette démarche, entre autres, que France Marion souhaite contribuer.
Un vaste territoire à parcourir
Rouyn‑Noranda–Témiscamingue fait partie des circonscriptions les plus étendues du Québec, un défi qu’elle aborde avec lucidité, mais aussi avec enthousiasme. « Aller à la rencontre des gens sur un si grand territoire, c’est tout un défi, mais c’est aussi ce qui me stimule », dit‑elle. Elle souhaite multiplier les conversations de proximité, convaincue que les échanges directs demeurent la meilleure façon de comprendre les préoccupations citoyennes.
Consciente des écueils liés aux réseaux sociaux, elle aborde désormais cet espace avec prudence. « Je veux me concentrer sur ce que les gens me disent en personne, humain à humain. »
Une candidature soutenue par son entourage
L’investiture, prévue le 30 mai, officialisera sa candidature, à moins d’un « vote pour la chaise », cette option symbolique qui permet aux membres de rejeter une candidature même lorsqu’elle est seule en lice. Dans un tel cas, le parti doit relancer tout le processus. Mais France Marion juge ce scénario peu probable. Pour l’instant, elle dit surtout avoir « hâte d’aller à la rencontre des gens » et de poursuivre ce qu’elle considère comme une continuité naturelle de son engagement citoyen.