Dans un communiqué publié le 15 mai, l’Union des producteurs agricoles (UPA) salue la décision de Québec de rembourser une partie des coûts liés à la tarification du carbone ainsi que de bonifier le soutien financier destiné aux jeunes agriculteurs.
Le remboursement de la tarification du carbone, estimé à 87 M$, est considéré comme « une très bonne nouvelle » pour les producteurs agricoles, selon l’UPA. À travers cette mesure, l’UPA voit un appui concret dans un contexte marqué par la hausse des coûts et les défis liés à la relève, des enjeux bien présents en Abitibi‑Témiscamingue. Depuis plusieurs années, ceux-ci dénoncent l’impact de ces coûts, particulièrement dans un secteur où les options pour réduire la consommation d’énergie sont limitées. Les dépenses liées à la machinerie ou au séchage du grain demeurent difficiles à éviter. « La première ministre a proposé, pendant la campagne à la direction, de rembourser les entreprises agricoles en matière de tarification du carbone et de soutenir davantage la relève. Aujourd’hui, elle tient promesse en annonçant que le gouvernement ira de l’avant. Il s’agit donc d’une très bonne nouvelle, surtout dans le contexte budgétaire actuel », déclare le président général de l’UPA, Martin Caron.
Dans des régions comme l’Abitibi‑Témiscamingue, où les distances et les réalités de production accentuent les coûts d’exploitation, cette mesure pourrait contribuer à alléger la pression financière sur les entreprises agricoles. Le président de la fédération régionale de l’UPA en Abitibi‑Témiscamingue, Pascal Rhéault, estime que cette annonce constitue un pas dans la bonne direction, tout en rappelant les défis persistants du secteur. « À l’heure où l’autonomie et l’inflation alimentaires sont des préoccupations importantes chez les citoyens, il devient encore plus essentiel de permettre aux producteurs de la région d’évoluer dans un environnement favorable à leur réussite. L’annonce par le gouvernement du Québec est un pas dans la bonne direction, mais le sous-financement de l’agriculture au Québec est toujours présent. Nous demandons toujours que les budgets du ministère de l’Agriculture passent de 1 à 2 % du budget du gouvernement pour ainsi atteindre la moyenne des pays de l’OCDE », mentionne-t-il.
Des avancées pour la relève
Les annonces touchant la relève agricole sont également bien accueillies. Québec prévoit notamment une bonification de 30 % des montants accordés dans le cadre du Programme d’appui financier à la relève agricole (PAFRA). Pour le milieu agricole, cette hausse constitue une réponse attendue, alors que les montants du programme n’avaient pas été indexés depuis plus d’une décennie. La fin de la distinction entre relève à temps plein et à temps partiel, elle aussi annoncée, est perçue comme une avancée importante. Cette modification reflète davantage la réalité des jeunes agriculteurs, dont plusieurs doivent occuper un emploi à l’extérieur de leur exploitation pour assurer la viabilité financière de leur projet, en particulier en début d’établissement.
En Abitibi‑Témiscamingue comme ailleurs au Québec, la capacité de maintenir des entreprises agricoles performantes et d’assurer leur relève constitue un enjeu central pour les communautés rurales. Si les mesures annoncées sont perçues comme un pas dans la bonne direction, le milieu agricole rappelle que le maintien d’un soutien adéquat et durable demeurera essentiel pour assurer la compétitivité du secteur et la vitalité des régions.
Pour la suite, l’UPA continuera de réclamer un programme permanent et accessible à l’ensemble des producteurs. Toutes les entreprises agricoles doivent être en mesure d’éviter cette atteinte importante à leur rentabilité.