Le 10 mai dernier, Rosalie Lemieux, connue sous le nom d’artiste Loreim, lançait officiellement son tout premier album, Échos, au Petit Théâtre du Vieux Noranda. Un projet profondément personnel pour la jeune artiste abitibienne, qui compose, écrit et produit sa musique presque entièrement seule. Entre chansons introspectives, influences multiples et amour du français, Loreim propose un univers où vulnérabilité et authenticité se rencontrent.
La musique fait partie de sa vie depuis toujours. « Les Lemieux, c’est une famille très musicale », raconte-t-elle. Chez elle, la musique était omniprésente : autour du feu au camping, dans la voiture, lors des rassemblements familiaux. « Même quand je ne parlais pas encore, je chantais déjà. »
Très jeune, elle apprend la guitare et commence à écrire ses propres chansons. Son nom d’artiste, Loreim, vient d’ailleurs d’un mélange des lettres de son nom complet, Rosalie Lemieux. À l’origine simple pseudonyme utilisé pour publier des reprises sur YouTube, le nom est finalement resté.
Son premier album, lancé devant public au Petit Théâtre, est à son image : éclaté et difficile à enfermer dans une seule catégorie musicale. « C’est très varié », explique-t-elle. « J’ai des chansons qui vont plus vers le rap, d’autres qui sont très calmes. Il y a des morceaux dynamiques et d’autres vraiment plus dépressifs. »
Malgré cette diversité sonore, un thème traverse l’ensemble du projet : la santé mentale. Un sujet qui habite profondément l’artiste et nourrit son écriture depuis l’enfance. « J’essaie parfois d’écrire des choses joyeuses, mais je n’y arrive pas vraiment. Ce sont mes difficultés qui m’inspirent. Écrire, c’est une façon de me libérer. »
Ses chansons, dit-elle, parlent souvent de douleur, de dépression ou de vulnérabilité. Même les morceaux plus lumineux gardent une part de mélancolie. Cette authenticité semble d’ailleurs rejoindre le public. Lors du lancement au Petit Théâtre, certaines pièces ont suscité de fortes réactions émotives. « À la fin de Pourquoi t’es parti, tout le monde pleurait », raconte-t-elle.
Monter sur scène avec des chansons aussi personnelles représentait autrefois une grande source de stress pour elle. Elle se souvient notamment de sa première participation à Secondaire en spectacle avec une chanson intitulée Poussière, inspirée de sa dépression. « J’étais tellement stressée. Mais, finalement, ça s’est super bien passé. J’ai gagné et j’ai représenté l’Abitibi-Témiscamingue. » Aujourd’hui, cette peur s’est atténuée. « On dirait que c’est devenu plus naturel avec le temps. »
Si son œuvre parle avant tout de son vécu personnel, Loreim reconnaît tout de même l’influence de sa culture québécoise dans son écriture. Elle mélange volontiers joual, expressions québécoises et tournures plus littéraires. « Le français, c’est tellement une belle langue. J’adore les figures de style. Je suis vraiment une fille de textes. »
Certaines chansons intègrent aussi de l’anglais et du japonais, deux langues qu’elle affectionne particulièrement. Pour elle, chaque langue possède une musicalité propre. « En anglais, tout sonne bien. Puis en japonais, c’est une langue très harmonieuse. Même sans rimes, ça sonne beau dans une chanson. »
Sa fascination pour le japonais remonte à l’enfance. Introduite aux animés et à la musique japonaise par son oncle alors qu’elle était en troisième année du primaire, elle a appris la langue de manière autodidacte, simplement en consommant énormément de contenu japonais au fil des années. « Je me suis réveillée un bon matin et je me suis rendue compte que j’étais capable de comprendre des mots japonais », dit-elle avec amusement.
Au-delà du lancement d’un premier album, Loreim espère surtout transmettre un message de liberté créative. Sans grande formation théorique en musique, elle compose pourtant seule ses morceaux, écrit ses textes et construit ses arrangements instinctivement. « Je veux que les gens comprennent qu’on peut tout faire. Je n’ai jamais vraiment appris toutes les règles musicales, mais je fais ma musique quand même. Puis ça fonctionne. »
Son album Échos est disponible sur toutes les plateformes d’écoute.