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De la poésie pour les « porteurs d’émotions »

15 mai 2026

par : Joanie Dion

photo : Louis Dumont (Photo : Gracieuseté)

À travers Envoyagement, le poète abitibien Louis Dumont propose bien plus qu’un simple voyage littéraire : il invite le lecteur, porteur d’émotions, à plonger dans une forme d’errance intérieure, entre mémoire, territoire et émotions. Illustré par les œuvres de Valérie Lemay, le recueil sera lancé le 21 mai dans un lieu aussi inusité que symbolique : l’aéroport régional de Val-d’Or.

Le titre Envoyagement « s’appuie sur des voyages intérieurs parce que, quand on écrit de la poésie, c’est souvent lié à la mémoire des événements, une rencontre, quelque chose qu’on a vu, quelque chose qui nous a troublés, une émotion qui surgit », lance d’entrée de jeu M. Dumont. Il ajoute une notion de mystère qui plane dans l’écriture poétique, ne sachant pas toujours d’où vient l’inspiration de l’instant, ou même le mystère propre à sa région natale, l’Abitibi-Témiscamingue.

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« L’Abitibi a quelque chose de lumineux mais, en même temps, c’est quelque chose de très secret », exprime-t-il. Pour lui, dans le premier regard d’une personne de l’extérieur de la région, les épinettes semblent occuper tout le paysage. Mais, si ladite personne est amenée à observer autrement, la chaleur des lieux arrive à se distinguer. Malgré l’hiver.

Sa manière d’écrire la poésie découle de cet aspect mystérieux. Le poète tente de cerner les détails qui échappent, qui glissent entre les doigts. C’est un instant où les sens s’élargissent pour capter l’indicible. « Vous avez l’impression que vous n’êtes pas dans une forêt, mais que vous êtes dans une espèce de jardin d’arômes », illustre-t-il pour expliquer le phénomène. Il parvient à détecter les menus détails d’un lieu immense et tente de les traduire en émotions.

Couverture Envoyagement | Louis Dumont

Couverture officielle du recueil de poésie Envoyagement. (Photo : Gracieuseté)

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Bien que depuis quelques décennies, Louis Dumont habite la région de Montréal, il affirme que le territoire reste en lui, et que des réminiscences de son enfance en région lui reviennent. Ils symbolisent le terreau fertile de son imaginaire et nourrissent son écriture. « Pour moi, c’est essentiel à l’être humain d’avoir un territoire dans lequel il habite et, inversement, un territoire qui l’habite. »

M. Dumont évoque les levers de soleil derrière le Mont St-Hilaire, qu’il a l’occasion d’observer chaque matin. Une fois, lorsque la lumière reflétait sur la pierre, une couleur mauve s’est détachée du paysage. Il l’a observé jusqu’à ce qu’elle disparaisse, et elle s’est imprégnée en lui, pour lui revenir à certains moments de la semaine, en séance d’écriture ou non. « C’est comme une résonance, il y a le mauve qui sort de temps en temps. Et là, je pensais à la montagne. Mais qu’est-ce qu’il y a d’autre que le mauve ? Est-ce que le sentiment pour quelqu’un d’autre peut être mauve ? »

La collaboration avec l’artiste Valérie Lemay a semblé être un choix instinctif. « Moi, mon plaisir, c’est de plonger dans l’intériorité. Probablement que Valérie vous dirait la même chose. […] Je pense qu’on sera tous les deux en parallèle avec la même façon de travailler. » En s’émerveillant de la nature, du printemps, des petites mousses, des petites pousses vertes, la « boréalité » s’installe définitivement dans la créativité des deux artistes.

Valérie Lemay

Valérie Lemay (Photo : Gracieuseté)

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La peintre a reçu carte blanche de la part du poète, avec pour seule contrainte celle de s’inspirer des poèmes pour créer des tableaux. Ainsi, les peintures rythment les poèmes, dont les sections s’ouvrent sur un hymne à l’amour. « Je suis content qu’elle ait accepté parce que ça enrichit beaucoup le recueil », confie M. Dumont. Non seulement ses œuvres se glissent entre les poèmes, mais c’en est également une des siennes qui illustre la page couverture. « Je voulais un petit personnage qui regarde quelque chose et, finalement, il regarde la forêt abitibienne. »

Le choix de l’Aéroport régional de Val-d’Or pour le lancement du recueil n’est pas anodin. Pour l’auteur et l’artiste, ce lieu de départs et d’arrivées fait écho aux thèmes du voyage, du territoire et de l’imaginaire qui traversent l’œuvre. Il aura lieu le jeudi 21 mai 2026 à 17 h. Tous deux seront présents pour accueillir le public.

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