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De l’art monumental au petit format pour Denis Michaud

15 mai 2026

par : Joanie Dion

photo : Denis Michaud et Réjean Héroux, un ami, durant le vernissage Des instants boréals. (Photo : Le Citoyen – Joanie Dion)

Après avoir participé à une exposition collective, Denis Michaud a été invité à produire une exposition solo à la Galerie Céline J. Dallaire, processus qui l’a forcé à revoir sa pratique et à rapetisser ses sculptures afin qu’elles puissent être présentées entre quatre murs. Des instants boréals propose ainsi des moments capturés en intimité avec l’artiste, présentés au public dans un souhait de transmettre de la poésie.

Reconnu depuis plus de 40 ans pour ses sculptures monumentales inspirées du territoire abitibien, Denis Michaud revient cette fois avec des œuvres de plus petits formats. Une transition qui découle d’une invitation reçue l’an dernier de la Galerie Céline J. Dallaire, alors qu’il participait à une exposition collective.

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« Depuis 2019, j’ai surtout été appelé à faire de très gros projets municipaux, des œuvres publiques de grands formats. J’avais toujours le désir de revenir à quelque chose de plus petit, de plus intime », raconte l’artiste.

Ne disposant pas d’inventaire adapté à une exposition solo en galerie, Denis Michaud a passé l’hiver à produire une nouvelle série inspirée de la biodiversité de l’Abitibi-Témiscamingue. Pour lui, ce changement d’échelle a aussi transformé son rapport à la création. « Les petits formats s’adressent davantage au public. C’est plus accessible, autant au niveau de l’espace que des prix. Et ça m’a permis de me recentrer un peu sur moi-même dans l’atelier. »

« Chaque pièce, qu’il s’agisse de Running Wild (deux loups en course), de Noctambule (un hibou au regard perçant) ou de La Relève (un nid et ses œufs), est une exploration formelle qui capture un “instant boréal” — une essence éphémère de la nature », est-il déclaré par voie de communiqué de presse.

« Un instant, quelque fois, ça peut être un instant animal, un instant de la faune, que je me suis permis de figer dans une expression formelle, dans une expression sculpturale », explique M. Michaud. Chaque œuvre devient ainsi « un petit clip figé dans le temps », parfois chargé de mouvement, parfois plus calme et contemplatif.

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Quant au terme « boréal », il fait directement référence au territoire régional. « L’ensemble du corpus s’inspire de notre faune, de notre biodiversité de l’Abitibi-Témiscamingue. Les gens vont s’y retrouver facilement, c’est très accessible, très réaliste. » L’artiste souhaite que le public se reconnaisse dans ses œuvres par l’accessibilité et le réalisme de ses sculptures. Il arrive à symboliser le caractère boréal de ses créations, entre autres par les sujets choisis, comme les loups, les orignaux ou le hibou, mais également par les matériaux utilisés.

Oeuvre Denis Michaud

L’œuvre est donc demeurée au stade du nid sans oiseau, laissant place à l’interprétation. (Photo : Le Citoyen – Joanie Dion)

Amoureux de la matière et de la technique, Denis Michaud travaille depuis des décennies le bois, le métal, la céramique et l’argile. « Avec l’expérience, je me suis permis en toute liberté de les jumeler ensemble. Mes choix de matière vont aller en fonction du sujet que je veux traiter. » Le communiqué souligne d’ailleurs que l’artiste « entremêle la rigidité industrielle du métal à la chaleur organique du bois de grève », auquel s’ajoutent « la couleur et les textures de la pâte polymère peinte et de la céramique émaillée ».

Inspiré par les textures, les couleurs, les lignes et tout ce qui compose le « langage plastique » du territoire abitibien, M. Michaud dit aimer jouer avec les contrastes et ce que l’environnement lui communique. « Il y a une espèce de jeu là-dedans. C’est mon petit côté intime avec la matière dans l’atelier. »

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Pour l’artiste, ce « langage plastique » agit comme un moyen de communication entre l’œuvre et le spectateur. « Les couleurs vont évoquer quelque chose, les textures, les matières, les lignes. Tout ça mis ensemble va donner une image et un dialogue va s’établir entre l’œuvre et le spectateur. »

Cette intimité, il souhaite ensuite la transmettre au public, avec une touche de poésie. « C’est difficile un peu à verbaliser, ce contact intime qu’on peut avoir avec une œuvre. Elle va nous parler. Si elle nous parle, le dialogue s’établit », image-t-il. Ayant lui-même vécu des moments particuliers avec chacune de ses œuvres lors de leur création, il espère que le public pourra ressentir cette même proximité. « Pour moi, le processus de le faire est aussi important que le résultat. »

Parmi ces moments chargés de profondeur se trouvent aussi ceux de l’expérimentation, qui ont apporté leur lot de défis. « Avec l’expérience, on vient qu’on a moins peur. Alors j’essaie. » Certaines tentatives se révèlent infructueuses, tandis que d’autres mènent à des découvertes inattendues. « Parfois, ça débouche ailleurs », dit-il en décrivant le caractère ludique de sa démarche.

L’artiste évoque notamment sa série La Relève, composée d’une branche métallique soutenant un nid rempli d’œufs. « Je me suis demandé si j’allais mettre un oiseau. Mais non, j’ai arrêté ça là », raconte-t-il. L’œuvre est donc demeurée au stade du nid sans oiseau, laissant place à l’interprétation. Et la réception du public lui donne raison. « On me dit que c’est concluant. Il y a un parcours et un processus, mais il y a aussi l’instinct. »

L’exposition Des instants boréals est présentée du 14 mai au 27 juin à la Galerie d’art contemporain Céline J. Dallaire.

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