Une simulation d’accident, des témoignages marquants et un message clair : conduire avec les capacités affaiblies peut entraîner des conséquences irréversibles. C’est ce qu’ont vécu, mardi matin, des élèves de 5e secondaire dans le cadre du projet IMPACT, une activité de prévention tenue à l’approche de la fin de l’année scolaire.
Présenté chaque année dans les écoles secondaires, le projet s’adresse particulièrement aux élèves de dernière année, qui s’apprêtent à obtenir leur permis de conduire ou à participer à des soirées festives. Cette année, du côté de Rouyn-Noranda, l’événement s’est déroulé dans le stationnement de l’École d’Iberville où les élèves ont assisté après le visionnement d’une vidéo mettant en scène une fête d’adolescents, ils découvrent la simulation d’une scène d’accident à l’extérieur de l’école, en présence des premiers répondants, notamment des policiers, des ambulanciers et des pompiers. « C’est un projet qui revient année après année pour les élèves de 5e secondaire. On sait que c’est un projet qui les sensibilise vraiment. Puis, ce sont nos futurs adultes de demain. Donc, c’est vraiment la clientèle ciblée à titre préventif », explique Bianca Daigneault, psychoéducatrice aux Services éducatifs du CSSRN.

Bianca Daigneault, psychoéducatrice aux Services éducatifs du CSSRN (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
L’activité reposait notamment sur une simulation d’accident impliquant une conductrice en état d’ébriété et un autre véhicule dans lequel se trouvaient deux jeunes. Une mise en scène à laquelle ont participé des élèves volontaires. « Ce sont souvent des jeunes qui font déjà de l’art dramatique et qui sont capables de transmettre l’émotion. Ils deviennent aussi porteurs du message à plus long terme », souligne Mme Daigneault.

Des ambulanciers, des paramédicaux, toute une équipe pour réaliser l’activité de prévention, le mardi 12 mai au stationnement de l’École D’Iberville. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Pour Nadia Salvaille, coordonnatrice locale en police de proximité à Rouyn-Noranda, l’approche immersive permet de rejoindre davantage les adolescents. « En voyant l’accident, les élèves réalisent concrètement ce qui peut arriver s’ils conduisent après avoir consommé. Ce n’est plus abstrait », affirme-t-elle. S’en est suivi la conférence de Nicolas Bélanger pour témoigner de son expérience à la suite d’un grave accident.

Salvail Nadia, coordonnatrice locale en police de proximité au Centre de services de Rouyn-Noranda (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Un témoignage poignant
Nicolas Bélanger est un survivant d’un grave accident causé par un conducteur ayant consommé de l’alcool. Devant les élèves, il a raconté les séquelles physiques et cognitives qui ont transformé sa vie. « Ça prend quelques secondes pour prendre une mauvaise décision, mais les conséquences, elles, durent des années », a-t-il expliqué en décrivant son long parcours de réadaptation. Victime de blessures graves, il a dû réapprendre plusieurs gestes du quotidien avant de retrouver une certaine autonomie. Son récit visait avant tout à sensibiliser les jeunes à l’impact humain d’un accident. « Je ne suis pas ici pour faire la morale, mais pour rappeler que quelqu’un d’autre peut payer le prix de nos choix », a-t-il ajouté.

Nicolas Bélanger, conférencier (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Des élèves touchés par l’expérience
Chez les élèves, l’activité a laissé une forte impression. « On entend souvent parler de l’alcool au volant, mais de le voir en vrai, dans notre cour d’école, ça rend la situation beaucoup plus réelle », confie Coralie Nadeau, élève de 5e secondaire à l’école d’Iberville.
La jeune finissante estime que l’expérience aura un impact sur ses décisions futures. « Si j’ai consommé, je ne prendrai jamais mon auto. Je vais appeler quelqu’un ou prévoir un autre moyen de transport », dit-elle. Un sentiment partagé par Coralie Gagnon, qui affirme mieux comprendre les conséquences à long terme, tant humaines que légales.

Coralie Nadeau et Coralie Gagnon, élèves du 5e secondaire à l’École D’Iberville (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Alors que la période des bals et des après-bals approche, les intervenants espèrent que le message fera son chemin. « Prévoir un plan B, se faire raccompagner, appeler un taxi ou un parent : ce sont des décisions simples qui peuvent sauver des vies », rappelle Nadia Salvaille. À travers le projet IMPACT, les organisateurs souhaitent surtout amener les jeunes à réfléchir avant d’agir. « On veut leur éviter des erreurs qui peuvent laisser des traces pour le reste de leur vie », conclut Mme Daigneault.