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La CSN dénonce des lois « antisyndicales » devant le Tribunal administratif du travail

12 mai 2026

par : Ricardo Jr Emmanuel

photo : La CSN tire la sonnette d’alarme contre l’acharnement antisyndical du gouvernement. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

C’est le lundi 11 mai, devant le Tribunal administratif du travail, que les militants de la CSN de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec ont manifesté afin de dénoncer l’adoption récente de projets de loi que le Conseil qualifie de liberticides portant atteinte aux droits et libertés des travailleurs.

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Selon le président du Conseil central de l’Abitibi‑Témiscamingue–Nord‑du‑Québec–CSN, Félix‑Antoine Lafleur, les projets de loi récents adoptés par le gouvernement restreignent non seulement le droit de grève, mais modifient en profondeur l’équilibre des rapports de force entre employeurs et travailleurs. Selon lui, ce sont des lois qui fragilisent le rapport de force.

Au cœur des critiques se trouvent le projet de loi 3 ainsi que la loi 14, entrée en vigueur à l’automne dernier. Pour la CSN, ces textes législatifs limitent la capacité des syndicats d’exercer des moyens de pression et ralentissent les négociations de conventions collectives, notamment dans des secteurs déjà fragilisés. À titre d’exemple, il évoque la situation vécue dans certains centres de la petite enfance, où des négociations de conventions collectives, déjà difficiles, pourraient selon lui être davantage ralenties par les nouvelles balises législatives. « Le droit de grève, c’est un outil essentiel pour rééquilibrer le rapport de force entre des travailleurs et un employeur qui détient le capital. Les mesures mises en place ont le potentiel de créer un déséquilibre important », mentionne M. Lafleur.

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Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec — CSN (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

Il soutient que les impacts des projets de loi pourraient être particulièrement visibles en région, où plusieurs conventions collectives arriveront à échéance prochainement. La crainte, dit‑il, est que ces nouvelles règles affaiblissent la capacité des syndicats régionaux à défendre les conditions de travail de leurs membres.

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Selon la CSN, ces changements pourraient également nuire à la représentativité régionale au sein des discussions nationales sur les lois du travail. « Il faut tenir compte de la réalité de l’ensemble de la province, pas seulement des grands centres », plaide‑t‑il.

Un geste symbolique à portée politique

Le choix de manifester devant le Tribunal administratif du travail n’est pas anodin pour la centrale syndicale. La CSN considère que cet organisme sera appelé à appliquer certaines dispositions des lois contestées, ce qui en fait, selon elle, un symbole des changements imposés par le gouvernement. La manifestation s’inscrit également dans un contexte préélectoral, alors que la CSN souhaite interpeller les partis politiques appelés à briguer le pouvoir au cours des prochains mois. « On va demander des engagements clairs aux candidats. Il y a une possibilité de défaire ce qui a été fait », affirme le président du conseil central.

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Plusieurs militants se sont massés devant les bureaux du Tribunal administratif du travail. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)

La CSN affirme vouloir poursuivre ses actions de sensibilisation au cours des prochains mois, notamment durant la campagne électorale, afin de faire pression sur les formations politiques. L’organisation souhaite rouvrir le dialogue sur les lois du travail, mais insiste pour que ce soit fait « avec les syndicats, et non contre eux ». La centrale syndicale mène actuellement la campagne Faire front pour le Québec, qui appelle à une mobilisation plus large de la population autour des enjeux de redistribution de la richesse et de services publics.

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