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Une histoire d’amour entre l’Abitibi et les Laurentides

12 mai 2026

par : Joanie Dion

photo : Isabelle Germain Vigneau (Photo : Marie-Pierre Tremblay)

Après une rupture marquante, Isabelle Germain Vigneau ne cherchait ni un livre ni un projet artistique. Pourtant, entre les Laurentides et l’Abitibi, une rencontre amoureuse née d’une application de rencontres a donné naissance à Notre-Laurier, un recueil de poésie intime où l’amour, la distance et le territoire se répondent.

« Mon écriture, elle passe par l’émotion tout le temps », lance la poétesse Isabelle Germain Vigneau. Son recueil de poésie, Notre-Laurier, agit comme un récit sur les peines d’amour et la découverte d’un nouvel amour. « C’est une histoire de swipe. Le récit prend vie à un moment très sombre », résume-t-elle. Elle souhaite donc se faire voir et s’inscrit à une application de rencontres.

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Elle épluche les profils pour, finalement, en trouver un qui retient son attention, celui de Christian Ponton. Ils s’attachent l’un à l’autre, mais 400 km les séparent : elle est dans les Laurentides et, lui, en Abitibi. Il faut trouver un compromis, un lieu à mi-chemin entre les deux maisons. « On se rencontre à Mont-Laurier… qui devient Notre-Laurier. »

Rapidement, des poèmes naissent de cette nouvelle relation. Elle les lui partage, et ils connectent. Mais, toujours, la distance physique entre les deux joue un rôle important, qui s’ajoute dans les poèmes. « En étant à distance, il y a l’appréhension. Il y a le fait de ne pas pouvoir assouvir le besoin de l’instant, d’échanges, de toucher, de découvertes, etc. »

Inspirée par sa propre rupture, puis par sa nouvelle histoire d’amour, Isabelle Germain Vigneau écrit d’instinct, sans réelle formation en écriture ou passé scolaire dans le domaine. « Je n’ai pas étudié en littérature, mais j’en ai consommé beaucoup. »

Bien que son écriture demeure très intime, elle ne souhaite pas verser dans le journal intime. Elle nuance « ses souffrances et ses affaires » et l’amour… le vrai sujet de son recueil. « Il me semble que c’est quelque chose de beau, de parler de l’amour, de parler du territoire, de parler de ce qui nous touche », confie-t-elle. D’abord écrits pour elle-même et pour celui qu’elle appelle son « bel amoureux boréal », les poèmes n’étaient pas destinés à devenir un livre.

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« À 40 ans, le gars avec qui j’étais m’a sacrée là, ça a été un gros changement. Et puis, j’ai décidé la chose la plus importante : je n’avais plus d’attentes, face à l’amour, face à mes relations et face à la création aussi. » D’ailleurs, selon elle, en n’ayant pas d’attentes, les choses arrivent. C’est là qu’elle a rencontré son amoureux et qu’il est devenu un « méchant game changer ». « Ce que j’ai vécu, c’est quelque chose qui m’a remplie, qui est plein d’amour. C’est une rencontre avec un artiste et un homme qui m’a vraiment inspirée, et qui continue de le faire. »

Couverture Notre-Laurier | Isabelle Germain Vigneau

Couverture officielle du recueil (Photo : Gracieuseté)

Avec beaucoup de communication, le couple a appris à se connaître et à connaître l’art de l’autre — Christian Ponton est peintre. De fil en aiguille, l’idée de construire un projet à deux s’est imposée. Alors, le livre prenait une dimension nouvelle. « Il fallait que je fasse autre chose, en arts visuels et en performance », admet-elle.

À ce moment-là, ils ont commencé à récupérer des vinyles pour créer une version audio des poèmes. Ils ont collaboré avec DrummondVinyl et une collection d’environ 500 pochettes usagées s’est bâtie.

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M. Ponton a entrepris de peindre des œuvres sur chacune d’elles en s’inspirant du livre pour, après tout, en choisir une centaine. « Ça s’est fait comme ça. On n’a pas forcé. On a fait chacun notre chose. On s’inspire l’un de l’autre. » Création à deux qui verra le jour le vendredi 22 mai 2026 dès 5 h au Studio 41 (en haut du Joubec), à Val-d’Or.

« Le texte final de Notre-Laurier, je l’avais écrit pour Christian, pour son anniversaire », raconte Isabelle Germain Vigneau. « Ce sont des mots qui subliment des émotions, des lieux, des espaces-temps. J’ai envie que ce soit accessible, que les gens n’aient pas peur de ça. Je souhaite réussir à faire lire quelqu’un qui ne lit pas d’habitude. »

En plus de son lancement le 22 mai à Val-d’Or, elle sera présente au Salon du Livre de l’Abitibi-Témiscamingue pour des séances de dédicaces.

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