Le gouvernement du Québec a récemment annoncé qu’un investissement de plusieurs millions de dollars destiné aux grands centres, Montréal, la Capitale-Nationale et l’Outaouais, pour lutter contre l’itinérance. Toutefois, aucune mesure n’a été nommée pour d’autres régions, dont l’Abitibi-Témiscamingue. Le maire de Val-d’Or, Serge Allard, se prononce sur cette annonce.
En seulement trois ans, une hausse de presque 120 % a été observée dans les derniers dénombrements sur l’itinérance visible en région. De cette étude, on y retrouvait l’Abitibi-Témiscamingue parmi les territoires les plus touchés, et ce, incluant les grandes régions comme Montréal et l’Outaouais. Pourtant, aucune mesure financière n’est offerte à l’Abitibi-Témiscamingue. Selon le maire de Val-d’Or, cette annonce gouvernementale n’est pas justifiable, puisqu’elle exclut certains secteurs qui nécessiteraient ces nouveaux investissements. Il faut savoir que les municipalités régionales font face à des défis particuliers : le manque de ressources spécialisées, l’éloignement des services, les logements abordables qui se font rares, l’augmentation du coût de la vie, l’accroissement des besoins psychosociaux et les services d’aide saturés.
Tandis que le Plan 2026 de la Ville avait été dévoilé il y a quelques jours pour un centre-ville où l’on se sent en sécurité et où règne l’harmonie, l’absence de ce soutien paraît grossière envers les communautés régionales. De plus, ce manque ne ferait qu’accentuer le décalage entre les réalités vécues et ce qui est prioritaire pour le gouvernement. « Les régions comme l’Abitibi-Témiscamingue vivent elles aussi une pression grandissante liée à l’itinérance et à la crise du logement. À Val-d’Or, nous constatons de plus en plus l’ampleur des besoins sur le terrain. Malgré cela, les investissements majeurs continuent d’être concentrés dans les grands centres. Nos organismes, nos intervenants et notre communauté méritent eux aussi des solutions concrètes et des investissements à la hauteur des besoins », affirme M. Allard.
Le maire de Val-d’Or lance donc une invitation au gouvernement du Québec à reconnaître entièrement l’ampleur grandissante de l’enjeu en région. Selon lui, il sera nécessaire de mieux considérer les organismes du milieu et les municipalités régionales dans les prochaines mesures qui seront mises en place. Finalement, il souhaite aussi que les instances nationales, y compris l’Union des municipalités du Québec, portent plus fermement les voix des communautés éloignées aux prises de cette crise sociale.