C’est à Rouyn-Noranda que s’est tenu, les 7 et 8 mai derniers, la 6e édition du Rassemblement municipal organisé par la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue (CPAT).
Près de 150 élus municipaux, députés et acteurs du milieu municipal et représentant d’organisation ont assisté à des conférences, des ateliers durant ces deux journées. C’était l’occasion d’échanger sur les réalités et les défis liés à la vitalité et au développement de notre territoire.
Pour le maire de Rouyn‑Noranda et président de la Conférence des préfets de l’Abitibi‑Témiscamingue (CPAT), Gilles Chapadeau, tenir le rassemblement dans la ville hôte revêtait une signification particulière. « C’est ma première participation comme président de la CPAT et comme maire, au moment même où Rouyn‑Noranda célèbre son 100e anniversaire. Accueillir ici les élus de toute la région, c’est rassembleur », souligne-t-il. Le Rassemblement municipal se veut avant tout un espace d’échanges entre les élus des différentes municipalités, rappelle M. Chapadeau. « C’est un moment de partage, de solidarité, qui est essentiel. Même si nos réalités peuvent différer d’une municipalité à l’autre, il y a beaucoup plus de choses qui nous unissent que de choses qui peuvent nous diviser. »
Dans un contexte préélectoral, le président de la CPAT insiste sur l’importance de dégager une vision commune afin de faire progresser les dossiers régionaux. « Chaque fois que l’Abitibi‑Témiscamingue a travaillé en solidarité, on a réussi à obtenir de grandes choses. Parler d’une seule voix demeure la meilleure façon de faire avancer la région », soutient-il. Collaboration, innovation, échange, c’est ce qui a été mis de l’avant au cours de ces deux journées pour ce rassemblement.
Parmi les enjeux centraux abordés figurent les questions économiques, l’immigration et l’équité territoriale. Le maire rappelle qu’une étude dévoilée l’an dernier par la CPAT démontrait que la région contribue davantage à l’économie québécoise qu’elle ne reçoit en retour. « Nos besoins sont énormes. Ce qu’on réclame, c’est simplement notre juste part pour les citoyens de la région », explique-t-il.
Au-delà des discussions, le Rassemblement municipal a aussi été marqué par la reconnaissance de parcours exceptionnels qui ont contribué au développement et au rayonnement de la région. Cette année, la Médaille régionale de la CPAT a été remise à Pierre Corbeil, salué pour son engagement dans les milieux municipal, régional et provincial. « Au fil de près de 50 ans d’engagement, Pierre Corbeil a su bâtir, rassembler et défendre avec conviction les intérêts de l’Abitibi-Témiscamingue. Par sa vision rassembleuse et son profond attachement à notre territoire, il a contribué de façon exceptionnelle à façonner notre région et à la faire rayonner jusque dans les plus hautes sphères décisionnelles, laissant une empreinte durable sur son développement et sa vitalité », témoigne Nathalie-Ann Pelchat, préfète de la MRC de la Vallée-de-l’Or.

La médaille régionale a été décernée cette année à Pierre Corbeil. (Crédit Photo : photo gracieuseté)
Une mention Coup de cœur a également été décernée à Rémy Mailloux, afin de souligner plus de 30 années d’engagement auprès des personnes en situation de handicap. Membre fondateur et directeur général de la Ressource pour personnes handicapées de l’Abitibi‑Témiscamingue et du Nord‑du‑Québec, M. Mailloux a marqué la région par des initiatives ayant amélioré concrètement la qualité de vie de milliers de personnes.
Pour M. Chapadeau, ces distinctions rappellent l’importance de reconnaître ceux et celles qui bâtissent la région au quotidien. « Ce sont des parcours inspirants, qui témoignent de la force du tissu social et de l’engagement collectif en Abitibi‑Témiscamingue », souligne-t-il.

Une mention Coup de cœur a été décernée à Rémy Mailloux afin de souligner plus de 30 années d’engagement exceptionnel envers les personnes en situation de handicap. (Crédit Photo : photo gracieuseté)
Pour M. Chapadeau, ces distinctions rappellent l’importance de reconnaître ceux et celles qui bâtissent la région au quotidien. « Ce sont des parcours inspirants, qui témoignent de la force du tissu social et de l’engagement collectif en Abitibi‑Témiscamingue », souligne-t-il.
Au cours de ce rassemblement municipal, la question de l’immigration a également occupé une place importante dans les discussions. Selon M. Chapadeau, les politiques mur-à-mur ne répondent pas aux réalités de l’Abitibi‑Témiscamingue. « Les gens qui viennent s’installer ici ont choisi la région. Ils contribuent à nos entreprises et à notre économie. Créer de l’incertitude sur leur statut est injuste, autant pour eux que pour nos milieux », fait-il valoir. Le Rassemblement devait ainsi permettre de dégager des pistes de solutions afin de mieux attirer et retenir les familles et les travailleurs, un enjeu reconnu partout sur le territoire.
La culture un levier important et stratégique
Parmi les ateliers proposés, celui animé par Alicia Despins, doctorante en administration publique et ex‑conseillère municipale à Québec, portait sur la culture comme levier de développement municipal. Un sujet parfois sous-estimé, selon elle. « On considère trop souvent la culture comme une dépense ou un luxe, alors qu’il s’agit d’un investissement économique, social et identitaire », explique-t-elle.

La soirée d’ouverture a mis en vedette Régis Labeaume, ancien maire de Québec reconnu pour son franc-parler et sa vision en matière de gouvernance municipale. (Crédit Photo : photo gracieuseté)
Mme Despins soutient que la culture peut jouer un rôle déterminant dans l’attractivité et la rétention des citoyens, particulièrement chez les jeunes familles et les professionnels. « Les municipalités n’ont pas besoin d’avoir de grands budgets ni d’être de grandes villes pour développer des projets culturels porteurs. Les solutions existent souvent déjà dans la communauté. » Elle invite d’ailleurs les élus à miser davantage sur la participation citoyenne et à éviter les processus trop lourds. « Quand les appels à projets deviennent trop complexes, on perd l’élan et la créativité. Impliquer la communauté, c’est là que se trouvent les meilleures idées. »
Une vision à long terme
L’optimisme de Mme Despins repose aussi sur la richesse du milieu culturel régional. « Il y a ici un talent exceptionnel, des artistes, des auteurs, des organismes dynamiques. Les solutions pour développer nos municipalités existent déjà sur le territoire », observe-t-elle, tout en rappelant que les retombées demandent du temps et une volonté politique soutenue. Du côté de la CPAT, le président espère que le Rassemblement municipal permettra de tracer une vision claire pour la suite. « À la fin de ces deux journées, je souhaite qu’on reparte avec une vision commune et une solidarité renouvelée. Le travail commence après, mais au moins, on saura où l’on s’en va ensemble », conclut Gilles Chapadeau.