Le 6 mai, la MRC de la Vallée-de-l’Or (MRCVO) dévoilait une étude sur le phénomène du navettage, autrement appelé fly-in fly-out. Les statistiques rendues publiques démontrent les impacts que ce mode de vie a sur les municipalités : pression pour la gestion des matières résiduelles (GMR) ainsi qu’un manque d’infrastructures et de logements.
Estimant un total de 3 830 navetteurs sur le territoire, ceux-ci ne génèrent pas de retombées économiques significatives pour les commerçants des municipalités du territoire. Effectivement, ils usent des services et occupent les logements, sans toutefois profiter des activités et des commerces locaux. « Cette population utilise les routes, les aqueducs, les services de collecte de la gestion des matières résiduelles, les services de santé de notre territoire ; mais ne génère pas de revenus fiscaux comparables. Nous constatons déjà certains effets. Pour éviter que la situation ne s’aggrave, il faudra agir », déclare la préfète de la MRCVO, Nathalie-Ann Pelchat.
Selon les informations trouvées dans l’étude conduite par le Groupe DDM, la situation s’avère critique. En effet, les chiffres démontrent que le nombre de travailleurs non permanents entraîne une supériorité nettement remarquée au niveau de la population réelle comparativement à la population officielle du territoire. « On peut le voir avec ses impacts. Il y a le phénomène des maisons de chambres, où que ce ne sont pas nécessairement des maisons qui louent certaines chambres, c’est bel et bien une maison complète unifamiliale qui est transformée en maison de chambres pour travailleurs qui font du navettage », affirme la préfète. L’organisation estime donc des pertes de 170 M$ annuellement, contrairement à si ces travailleurs résidaient à l’intérieur même du territoire.
L’accroissement de type de résidences ainsi que la conversion de maisons en logements temporaires a créé des effets négatifs remarquables : l’augmentation du prix des loyers, la rareté pour les familles locales, la spéculation immobilière et la planification urbaine rendue complexe. Sur ce sujet, Mme Pelchat explique que « c’est un peu la raison qu’on a commencé à penser à faire une étude, parce qu’on voulait quantifier ce chiffre-là. On voyait quand même certains impacts, on parle de logement, par exemple ici à Val-d’Or se construisent des immeubles et c’est déjà complet. »
Sur le plan environnemental, le fly-in fly-out apporte une importante augmentation de matières résiduelles, ce qui rend leur gestion plus complexe pour la MRCVO. « […] Malgré plein d’actions qu’on a mises en place au fil des ans, malgré toute la sensibilisation que nous avons faite au niveau de la population, les communications pour essayer de changer les informations, puis on voit les données qui nous rappellent que nous ne sommes pas du tout performants avec 340 kilogrammes de matières résiduelles par habitant », confirme Mme Pelchat. À titre indicatif, Rouyn-Noranda, qui a une population officielle comparable à celle de la Vallée-de-l’Or, produit seulement un volume de 190 kilogrammes par habitant. En plus de cette gestion préoccupante, les gaz à effet de serre ne sont pas à négliger, car selon le rapport du Groupe DDM, il faudrait environ « 1 235 terrains de soccer en superficie de plantation d’arbres d’âge adulte pour compenser les émissions de l’ensemble des navetteurs en cours d’une année ».
Lors du dévoilement de cette étude, la préfète de la MRCVO conclut : « Notre intention aujourd’hui est de partager les données recueillies lors de cette démarche. Nous ne voulions pas arriver avec des solutions toutes prêtes que les autres auraient dû s’approprier. Nous voulons travailler ensemble pour mettre en place des actions qui répondront réellement aux réalités de notre territoire. Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, nous souhaitons établir un plan de match, en concertation avec toutes les parties concernées pour que ce plan soit l’affaire de tous. »
Parmi les pistes de solution à venir avec les parties concernées, on y retrouve l’atténuation des impacts environnementaux, le renforcement de l’arrimage formation-emploi, l’augmentation et la diversification de l’offre des logements, l’incitation des résidences durables pour les travailleurs et bien d’autres.