Le parti Québec solidaire a officiellement investi Sara Germain comme candidate dans la circonscription d’Abitibi-Est à la suite de son assemblée d’investiture tenue le 5 mai.
Originaire de Val-d’Or, la nouvelle candidate souhaite porter à l’Assemblée nationale une voix ancrée dans les réalités régionales, axée notamment sur les services publics, le coût de la vie et la justice sociale. Engagée depuis près d’une dizaine d’années dans les milieux communautaires et de la solidarité internationale, Sara Germain explique que sa décision de se lancer en politique découle autant du contexte politique actuel que d’un sentiment d’indignation face à certaines orientations gouvernementales. « Je travaillais dans le communautaire et je voyais les restrictions de la portée politique de certains groupes, les coupures de financement. À un moment donné, je me suis demandé ce que je faisais avec cette indignation-là », relate-t-elle.
Actuellement doctorante en communication à l’Université du Québec à Montréal, où elle s’intéresse à l’engagement politique et à la manière dont les technologies numériques transforment la participation citoyenne. Avant d’entreprendre son doctorat, Sara Germain a travaillé à l’étranger, notamment en Bolivie, au Guatemala et au Sénégal, dans des contextes liés à la défense des droits. Selon elle, ces expériences ont façonné sa vision politique. « Ce que j’ai gagné, c’est une vision plus globale. Ce n’est pas vrai que les décisions prises ailleurs dans le monde n’ont pas d’impact ici, au Québec et en Abitibi », affirme-t-elle, évoquant aussi des initiatives inspirantes observées à l’international et reproductibles à l’échelle locale. Si son parcours est fortement marqué par le milieu communautaire, la candidate insiste sur le rôle central que doit jouer l’État dans la réponse aux besoins de la population. « Le communautaire a son rôle à jouer, mais le gouvernement a aussi un énorme rôle à jouer là-dedans. »
Selon Sara Germain, la fragilisation des services publics et les compressions dans le communautaire ont des effets directs sur la population, particulièrement en région. « Quand on voit de plus en plus de Québécois qui ont de la difficulté à payer leur logement ou à joindre les deux bouts, c’est aberrant, surtout dans une société aussi riche », dit-elle, plaidant pour un renforcement du filet social et des investissements publics accrus.
La richesse régionale qui ne profite pas à tous
La candidate souligne également le paradoxe entre l’abondance de ressources en Abitibi et la réalité vécue par une partie de la population. « En Abitibi, il y a énormément de richesse, mais cette richesse-là n’atteint pas les gens », observe la candidate.
Selon elle, cette situation contribue à accentuer les inégalités et met une pression supplémentaire sur les services publics régionaux, notamment en matière de santé et de transport. Elle estime que ces enjeux doivent être davantage portés à l’Assemblée nationale et abordés en tenant compte des réalités propres aux régions ressources.
Une candidature assumée sur un terrain exigeant
Consciente que l’Abitibi-Est n’est pas historiquement un terrain favorable à Québec solidaire, Sara Germain souhaite aborder la campagne avec lucidité. « On sait que ce n’est pas gagné d’avance, mais on est prêts à faire le travail », affirme-t-elle. La candidate prévoit d’ailleurs revenir s’installer en région dès le mois de juin afin de rencontrer la population et de travailler sur le terrain tout au long de la campagne. « Si j’ai décidé de me lancer en politique, c’est pour prendre la parole chaque fois qu’on va me laisser un espace et défendre des valeurs d’équité et de justice. »
Âgée de 32 ans, Sara Germain dit aussi vouloir contribuer à renouveler la représentation à l’Assemblée nationale, tant sur le plan générationnel que régional. « Je trouve qu’il manque beaucoup de jeunes femmes à l’Assemblée nationale. C’est important pour moi de représenter les jeunes femmes, mais aussi de porter la voix de l’Abitibi-Est », explique-t-elle. Elle rappelle que ses racines sont profondément ancrées à Val-d’Or et que cette proximité avec la région constitue un élément central de sa candidature. « Je n’ai pas la prétention de dire que je sais tout. J’ai beaucoup à apprendre, mais je suis prête à écouter et à porter les revendications des citoyens à Québec », conclut-elle.