Experte reconnue en traitement et gestion des eaux minières, Carmen Mihaela Neculita est professeure titulaire à l’Institut de recherche en mines et en environnement (IRME) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Titulaire d’une chaire de recherche du Canada de niveau 1, une distinction réservée aux leaders mondiaux de leur domaine, elle consacre ses travaux à mieux comprendre et traiter les enjeux liés aux eaux issues ou impactées par les activités minières. Formée en génie chimique en Roumanie, elle a poursuivi ses études supérieures au Québec en hydrogéochimie et en environnement minier.
Quelles sont vos expertises de recherche ?
Au fil des années, je me suis spécialisée en biogéochimie environnementale, en traitement et en gestion des eaux minières contaminées, ainsi qu’en restauration de sites miniers. Mes travaux visent à améliorer les approches de gestion, incluant la prévention de la contamination, et les systèmes de traitement des eaux issues des procédés de séparation du minerai, de même que des eaux de drainage, notamment celles liées au ruissellement. Cette expertise intégrée, à la croisée du génie chimique et de l’environnement minier, m’a permis de développer des approches novatrices et de me démarquer sur la scène scientifique.
Pourquoi est-il important d’innover dans le traitement des eaux minières ?
Nous vivons dans une société profondément dépendante des métaux, qu’il s’agisse des téléphones cellulaires, des ordinateurs, des véhicules ou des technologies du quotidien. Cette réalité rend l’exploitation minière incontournable, mais elle impose aussi une responsabilité, soit celle d’adopter des pratiques respectueuses de l’environnement. La gestion et le traitement de l’eau constituent un enjeu central à toutes les étapes d’un projet minier. Les travaux de sa Chaire de recherche du Canada sur le traitement et la gestion des eaux minières visent ainsi à développer et à proposer des méthodes d’exploitation responsables, adaptées autant aux mines de métaux de base (cuivre, nickel, zinc), de métaux précieux (or, argent, diamant) qu’aux métaux critiques et stratégiques (graphite, terres rares). Dans un contexte où la demande en ressources minérales augmente et où les exigences environnementales se renforcent, les besoins en recherche et en innovation sont plus importants que jamais.
Que diriez-vous sur le contexte de recherche dans la région ?
Nous évoluons au sein d’un écosystème minier dynamique où la collaboration est centrale, ce qui crée un environnement propice au développement d’idées de recherche originales menant à l’innovation technologique. Nos travaux se réalisent en étroite concertation avec des partenaires gouvernementaux, industriels, des firmes de consultants, des collaborateurs universitaires nationaux et internationaux, ainsi qu’avec la communauté locale et régionale. La recherche que nous menons est résolument appliquée : elle vise à développer des solutions concrètes et à proposer des outils pratiques permettant d’améliorer la performance environnementale des entreprises minières. À l’IRME, nous bénéficions d’une équipe aux expertises complémentaires, d’infrastructures de recherche communes à la fine pointe de la technologie et d’un soutien technique spécialisé avec beaucoup d’expérience dans la formation de personnel hautement qualifié, ce qui constitue des atouts essentiels pour répondre aux enjeux actuels du secteur minier.

Groupe IRME : Les professeures Isabelle Demers, Lucie Coudert et Carmen Mihaela Neculita avec la doctorante Eléonore Lagae. (Photo : Gracieuseté UQAT)
Les femmes en mine… et la relève
Pendant de nombreuses années, la professeure Neculita a évolué dans des entreprises et des organisations où les hommes étaient grandement majoritaires. Mais les choses évoluent ! À l’IRME, les femmes occupent une place importante : l’Institut compte cinq professeures, plusieurs professionnelles de recherche, des techniciennes de laboratoire ainsi que de nombreuses étudiantes aux cycles supérieurs.
C’est à l’Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST), en Corée du Sud, que Carmen Mihaela Neculita a amorcé, à titre de professeure adjointe, un important travail de mentorat auprès d’étudiantes, les encourageant à poursuivre leurs études et à s’engager en recherche. Depuis maintenant 15 ans à l’UQAT, elle met à profit son expérience pour accompagner les étudiantes et étudiants, contribuant à former une relève hautement qualifiée prête à relever les défis environnementaux du secteur minier.