Fondée en 1965, la SOQUEM est une société d’État qui a pour rôle d’explorer et de développer des mines au Québec. Son acronyme signifie d’ailleurs Société québécoise d’exploration minière.
« On pourrait se comparer à une junior ou à une PME d’exploration. La seule différence entre ces juniors-là et nous, c’est notre financement. Ces juniors-là sont listées à la bourse, que ce soit au TSX ou autre type de bourse au Canada ou ailleurs. Nous, en soi, notre seul et unique actionnaire, c’est Investissement Québec. C’est pour ça qu’on est considéré comme une société d’État. C’est notre différence à proprement dit parce que notre mission est la même », illustre Catherine Jalbert, vice-présidente à la SOQUEM.
Plus encore, la distinction entre les autres compagnies d’exploration et la SOQUEM se signale également par l’autonomie dans la sélection des projets d’exploration et les partenariats avec certaines PME d’exploration. « On se permet d’avoir une vision à long terme des minéraux qu’on risque d’exploiter dans 20 ans. [Qui plus est,] on est un partenaire stratégique avec les universités. On fait souvent des programmes de recherche, que ce soit avec les étudiants aux études avancées (maîtrise ou doctorat). On a des partenaires stratégiques aussi avec certaines communautés et d’autres compagnies d’exploration. Ainsi, ce sont environ 50 % de nos projets qui sont en partenariat avec d’autres entreprises. À ce moment-là, on partage le risque et l’expertise. Parce qu’il reste, qu’en fin de compte, ce sont de bons investissements qu’on fait année après année. C’est une belle façon de faire avancer plus vite les projets. »
Concrètement, étape par étape, le travail d’un(e) géologue d’exploration, entre autres, commence par la génération de projet. L’équipe de travail accumule des données publiques provenant de compagnies d’exploration du passé et du ministère des Ressources naturelles. « On fait une compilation de l’ensemble de ces données et, ensuite, on part avec un concept géologique, une idée où on pense que potentiellement, il y aurait un minerai qui se trouverait dans un endroit X. À ce moment-là, on envoie des géologues d’exploration sur le terrain en hélicoptère, en pick up, en VTT, tout dépendamment de l’endroit, évidemment. Alors, ils vont récolter des échantillons de roches, des échantillons du mort terrain (ce qui recouvre la roche, le sable, la mousse, etc.). On acquiert le maximum de données diverses. Ensuite, on envoie en laboratoire pour analyser. Cette étape, nous ne la faisons pas, car il y a des laboratoires certifiés pour ça. »
Une fois les résultats de laboratoire reçus débute l’analyse des données avec des logiciels. L’objectif est de trouver des anomalies. « Parce qu’une mine, c’est une anomalie… il n’est pas supposé en avoir partout, des mines. C’est vraiment très localisé. »
« Présentement, ce sont plus de 50 projets d’exploration que nous avons. Chaque année, on en génère trois à six nouveaux. Ça veut dire aussi qu’on en abandonne, car ce ne sont pas l’ensemble de ces projets-là qui vont progresser vers des étapes plus avancées. […] Il faut le voir comme une pyramide à la base de laquelle il y a beaucoup de projets. Certains d’entre eux vont monter graduellement vers le haut de la pyramide pour éventuellement au sommet où, là, il va y avoir la découverte d’une mine. Ça veut dire qu’on va peut-être en avoir passé 50, 100 ou 150… avant d’en avoir un qui progresse. Mais on se relève, on essaie de nouvelles méthodologies. Il ne faut pas le voir comme un échec, mais comme un apprentissage. On est créatifs ! »
Non seulement la SOQUEM consolide des partenariats avec des entreprises québécoises d’exploration, mais également avec des entreprises internationales. « On est en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles pour démarcher à l’international et pour appuyer des entreprises à venir travailler ici en faisant potentiellement des partenariats avec elles pour les aider avec les normes, les règlements et les lois en vigueur au Québec qui sont différents d’ailleurs. […] on se voit un peu comme un catalyseur pour appuyer et favoriser l’exploration au Québec venant d’entreprises internationales. » Cette collaboration permet ainsi de partager les coûts d’exploration qui s’élèvent à plusieurs millions de dollars chaque année et de faire progresser plus rapidement les projets d’exploration.
Le domaine minier demeure multidisciplinaire, combinant des aspects scientifiques, financiers et humains, et dépasse la géologie. Les projets d’exploration reposent sur la collaboration avec de nombreux acteurs, incluant les équipes internes, des experts externes et les Premières Nations. Étant donné la complexité et la spécialisation des domaines, les partenariats avec d’autres entreprises et organisations sont essentiels pour compléter les expertises. « On a besoin d’appui à gauche et à droite pour aller chercher l’expertise de chacun. On est choyés dans cette industrie-là d’avoir accès à cette collaboration. Ce sont tous des domaines assez nichés, en fin de compte. »
La rigueur
« En soi, on tient à avoir une rigueur dans nos travaux. On est au tout début d’un processus de projets miniers. Si la fondation du projet est chambranlante, le projet va toujours le demeurer aussi. Donc, c’est une rigueur scientifique, une rigueur par rapport à l’approche avec les communautés. On souhaite vraiment avoir des discussions ouvertes avec les communautés d’accueil dès le début d’un projet. »
L’ambition
« Par l’ambition, on peut parler d’innovation et l’essai de nouvelles méthodologies qui sont, parfois, un échec et, d’autres fois, un succès. Être géologue d’exploration, ça reste un travail qui est relativement dur physiquement. On est loin de nos familles pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. C’est vraiment de développer et d’innover dans l’ensemble de nos pratiques pour maximiser l’ensemble de la donnée qu’on prend. Parce qu’on sait que chaque échantillon est excessivement cher à aller chercher. »
L’engagement
« Oui, l’engagement de nos employés envers notre mission. Mais il y a aussi l’engagement envers l’environnement, envers les communautés d’accueil, envers l’écosystème minier. On a à cœur de faire progresser et de bien faire les choses, évidemment, avec transparence. »