L’Institut national des mines représente un vecteur de conseils pour le gouvernement québécois quant aux formations minières en demande, tout en collaboration avec le CSMO Mines pour évaluer les besoins de main-d’œuvre du secteur minier. Zoom sur leurs observations avec Karine Lacroix, coordonnatrice aux communications et partenariats stratégiques à l’Institut national des mines.
Créé il y a 15 ans, l’objectif de l’Institut national des mines est de s’assurer que l’offre de formation répond aux exigences du secteur minier. Autrement dit, « l’objectif, c’était de réduire l’écart entre les compétences reçues sur les bancs d’école et les compétences nécessaires dans un milieu minier en pleine transformation », formule Karine Lacroix. « On analyse des programmes de formation, on voit les nouvelles tendances et quel impact ça aura sur la formation minière. »
Lors de la Semaine minière qui se déroule chaque année, l’implication de l’Institut national des mines se joue au niveau de la valorisation des programmes de formation auprès, notamment, de la clientèle adolescente dès l’école secondaire. « Investir en éducation et investir en formation, ça fait en sorte d’avoir des entreprises minières qui sont plus compétentes, plus durables, plus vertes. Toute l’année, on travaille de concert avec les établissements d’enseignement, les entreprises minières, les organismes gouvernementaux pour mettre à jour les programmes de formation, voir les tendances, l’impact sur les compétences, sur la formation. C’est avec leur soutien qu’on réalise l’attraction de la main-d’œuvre et qu’on attire des jeunes et des moins jeunes à choisir des programmes de formation minière », déclare-t-elle.
Ce sont plus de 40 formations professionnelles, collégiales et universitaires qui sont offertes, allant jusqu’à des possibilités de maîtrise. « On les a regroupés sur quebec.ca/formation-miniere », précise Karine Lacroix. Il est possible de chercher son parcours par niveau scolaire ou par intérêts de formation. « [On parle autant de] conduite de machinerie, que de formations s’intéressant à l’ingénierie, à l’eau, à la formation des Premières Nations et Inuit que de l’électronique et la mécanique. Plusieurs intérêts peuvent attirer les jeunes. Le domaine minier propose plusieurs possibilités. »
Comment évaluer les besoins de main-d’œuvre ? « On a fait une estimation des besoins de main-d’œuvre 2023-2028 avec CSMO Mines. On voyait déjà à ce moment-là que, entre 2023 et 2033, en dix ans, on allait pourvoir 24 879 emplois. […] On s’est aperçu que 56 %, donc plus de la majorité des emplois disponibles dans l’industrie minière nécessite un programme de formation professionnelle. Et on a regardé à l’enseignement supérieur : c’est 19 % pour la formation collégiale, 14 % pour la formation universitaire. On constate depuis la dernière estimation des besoins de main-d’œuvre que c’est 7 % d’augmentation du nombre d’emplois nécessitant une formation en enseignement supérieur. »
Bien que les besoins de main-d’œuvre soient clairement identifiés, « il y a cinq programmes de formation qui sont le plus recherchés actuellement. Il s’agit du DEP en extraction du minerai, du DEP en mécanique d’engins de chantier, du DEC en technologies minérales, du baccalauréat en génie minier et du baccalauréat en géologie. » Mme Lacroix rappelle que l’important lorsque vient le temps de choisir sa carrière future est de le faire en fonction de ses propres champs d’intérêt.
« Le secteur minier est encore méconnu. On invite les entreprises minières à parler de la formation, de leurs choix de carrières, mais aussi des fournisseurs de services, des équipementiers, etc. C’est large comme écosystème, le secteur minier au Québec. On invite les gens à parler un peu plus de ce qu’ils font comme métier, comme profession, mais surtout de la formation qui les a menés là », souligne Mme Lacroix.
Alors, si l’intérêt est présent, qu’est-ce qui est recherché chez un candidat ou une candidate à l’embauche ? « On a besoin de gens avec de compétences parfois physiques, mais, de plus en plus, on a besoin de compétences numériques, informatiques, de capacités à analyser des données, par exemple dans une salle de contrôle minière. Nous essayons d’avoir une vision à moyen et long terme, comme probablement dans d’autres secteurs d’activités. On souhaite avoir des gens qui sont polyvalents, débrouillards, curieux et qui ont le goût d’apprendre tout au long de leur vie », termine-t-elle.