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Des femmes dans les mines

5 mai 2026

par : Joanie Duval

photo : Valérie Gourde, Kim Valade, Manon Rouillier et Myriam Desbiens (Photo : Gracieuseté)

Saviez-vous qu’à l’échelle mondiale, c’est le domaine minier qui est l’industrie comptant le moins de femmes dans ses rangs ? C’est ce que nous apprend l’organisation Women in mining Canada (WIM), qui souhaite renverser la vapeur et paver le chemin pour plus de femmes dans les mines.

Manon Rouillier est présidente de WIM Abitibi-Témiscamingue et Québec et a participé à la fondation du chapitre de la région. La mission est grande puisque, même s’il y a une augmentation de 57 % du nombre de femmes, elles ne représentent pas plus de 16 % de la main-d’œuvre du secteur minier. « WIM, c’est un sentiment d’appartenance. Quand tu es minoritaire, bien tu as besoin de te regrouper et de sentir qu’il y en a d’autres comme toi. En 2025, c’est 3900 femmes de plus qu’on a, donc de plus en plus les femmes sont là. Quand on a parti le chapitre de l’Abitibi-Témiscamingue, ce n’était pas pour revendiquer nécessairement. On veut attirer et inspirer les femmes, pour leur dire que, venez, c’est possible, il y a de la job, c’est accueillant », soutient Mme Rouillier.

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Vers la diversité sans biais

Pour WIM, c’est important de réaliser que le recrutement de la main-d’œuvre féminine passe par la compréhension de la diversité et la prise de conscience des préjugés. « Les gens commencent à comprendre de plus en plus ce qu’est la diversité. La diversité, oui ce sont les femmes, mais c’est culturel, c’est générationnel. Avec la nouvelle génération qu’on veut attirer dans le secteur minier, c’est difficile. C’est 6 % de la main-d’œuvre qui a moins de 25 ans. Donc, comment fait-on pour attirer ces jeunes-là à venir travailler dans le secteur minier, puis les femmes ? C’est un peu ça qu’on se donne comme mission, dire que c’est possible », explique la présidente de WIM Abitibi-Témiscamingue.

Le chapitre régional a d’ailleurs élaboré l’atelier interactif Place aux femmes dans le domaine minier qui traite d’inclusion, de biais et de diversité au sein des minières participantes. « On offre un atelier en collaboration avec le Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie des mines (CSMO Mines) pour parler des biais inconscients, de prendre conscience des préjugés qu’on a. Par exemple, un CV qu’on aurait peut-être pu garder, mais on avait un préjugé sur le nom de la personne. C’est un poste qui demandait une force physique, mais c’était le nom d’une femme donc je l’ai écarté. Mais si la femme a postué, c’est peut-être parce qu’elle est forte. Donc on essaie d’allumer les gens à penser un peu plus loin », a affirmé Mme Rouillier.

Elle ajoute que « ça va tellement vite dans le secteur minier, parfois les préjugés et les biais, c’est un raccourci mental que le cerveau fait, puis c’est bien normal et logique d’en avoir. » La femme d’affaires a constaté qu’il y a une volonté à ce qu’il y ait plus de femmes autour de la table dans le domaine minier. Elle assure également que les minières qui ont fait l’atelier ont une longueur d’avance sur la question.

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« Le plus gros biais, c’est l’autolimitation. Ça l’appartient à chacune de nous. Chaque fois que je parle à une femme, bien c’est comment on se perçoit, le plus gros biais. On a beau faire des formations, mais si nous-mêmes, on attend d’avoir 100 % des critères pour postuler à un emploi, qu’on n’est pas sûr, qu’on ne se trouve pas assez bonne… Si tu ne prends pas ces chances-là, si tu minimises toutes tes réussites, bien c’est ça de l’autolimitation. C’est le plus gros biais que les femmes ont et je trouve qu’on pourrait avancer plus vite et mieux si on arrêtait de s’autolimiter nous-mêmes », conclut Manon Rouillier.

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