La Conférence des préfets de l’Abitibi‑Témiscamingue joint sa voix à celles de plusieurs organisations régionales du Québec pour demander aux gouvernements du Québec et du Canada de revoir leur approche en immigration économique. Les représentants régionaux estiment que l’instabilité actuelle des politiques et des programmes nuit directement au développement et à la vitalité des régions.
Réunis au sein d’un comité interrégional formé de 35 organisations issues de dix régions, les acteurs municipaux et économiques dénoncent des décisions jugées incohérentes et mal arrimées aux réalités du terrain. Ils réclament une meilleure concertation entre les gouvernements, une plus grande écoute des régions et des mesures plus prévisibles pour répondre aux besoins en main‑d’œuvre.
En Abitibi‑Témiscamingue, les répercussions se font déjà sentir, selon la Conférence des préfets. « Notre région affiche une productivité au‑dessus de la moyenne québécoise et l’un des plus faibles taux de chômage, mais elle fait face à des défis démographiques majeurs », souligne Gilles Chapadeau, président de la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue et maire de la Ville et préfet de la MRC de Rouyn-Noranda. Il affirme que l’immigration est devenue essentielle pour maintenir les services et soutenir la croissance économique régionale.
Le président d’Attractivité Abitibi‑Témiscamingue, Sylvain Blais, observe pour sa part des effets concrets dans plusieurs secteurs. « Des postes demeurent vacants, des projets sont ralentis et des services sont sous pression », indique‑t‑il. Selon lui, l’éloignement et l’isolement de la région compliquent le recrutement et la rétention de travailleurs, ce qui accentue la pression sur le marché du travail.
Les chambres de commerce de l’Abitibi‑Témiscamingue appuient également la démarche. Leur représentant, Sébastien Richard, rappelle que l’avenir économique régional repose sur la capacité d’accueillir et d’intégrer de nouvelles personnes. Il insiste sur l’importance de politiques favorisant un développement durable et inclusif, ancré dans les réalités locales.
À travers cet appel, la Conférence des préfets de l’Abitibi‑Témiscamingue et ses partenaires régionaux demandent aux gouvernements de mettre fin aux approches contradictoires et de privilégier une stratégie concertée en immigration économique.