La Tournée Diapason de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) était de passage au CPE La Magie du Rêve à Val-d’Or le 1er mai dernier pour prendre le pouls de leurs membres en Abitibi-Témiscamingue qui représentent 80 % des CPE de la région.
Cette tournée s’inscrit dans la mission de l’AQCPE depuis les dix dernières années et se veut cruciale cette année en cette période pré campagne électorale au Québec.
« C’est certain qu’il y a des enjeux qui transcendent toutes les régions comme les places manquantes et la pénurie de la main-d’œuvre. Les besoins sont tellement grands et avec le développement, ça crée des demandes supplémentaires », explique Geneviève Blanchard, co-directrice générale de l’AQCPE. « Pour ce qui est plus spécifique à l’Abitibi-Témiscamingue, on a notamment la qualification du personnel qui se joint aux rangs, ce qu’on a vu dans les dernières années, donc des personnes qui ont rejoint le réseau, mais qui n’ont pas nécessairement la formation. L’accessibilité à certains professionnels quand on doit travailler avec le réseau de la santé ou encore tout qui est en termes de maintien des infrastructures, on sait que ces des enjeux qui sont plus prévalents en Abitibi-Témiscamingue. »
Elle précise que l’AQCPE essaie de voir aussi comment inciter des gens qui sont déjà à l’emploi à se qualifier, comment les accompagner et de s’assurer aussi qu’il y a des personnes qui souhaitent venir travailler dans la région.

Une des nombreuses salles de jeux. (Photo : Le Citoyen | Daisy-Anne Gagné)
En mode campagne électorale
L’une des représentations que l’AQCPE souhaite faire auprès des candidats qui formeront le prochain gouvernement québécois, c’est de « s’assurer que l’offre soit toujours à la hauteur des demandes des parents » en mettant les centres de la petite enfance sur le même pied d’égalité que les écoles.
« On l’a vu dans d’autres pays, ce serait d’avoir un droit qui est inconditionnel comme le droit à l’éducation. Actuellement, dans le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance, c’est un droit qui est en fonction des ressources disponibles de l’État. Donc si l’État considère qu’il y a un manque de places, il va s’assurer de développer des places, mais ce n’est pas une obligation. Alors que si c’était une obligation comme l’école bien il n’y a pas un parent qui se ferait dire que son enfant ne peut pas aller au CPE cette année parce qu’il manque de places. On pense que ce serait vraiment une amélioration qui permettrait à toutes les familles, peu importe le gouvernement en place, d’être assurées d’avoir une place de qualité », affirme Geneviève Blanchard.
Elle ajoute que de miser sur le réseau des CPE/BC (bureau coordonnateur) est une solution puisqu’il a permis le développement de plusieurs places dans les dernières années. « En Abitibi-Témiscamingue, avant, il y avait à 100 % que des CPE sur le territoire, et là on commence à voir une émergence de garderies privées non subventionnées, de garderies privées subventionnées, et donc nous ça nous inquiète parce que ce modèle-là est à but lucratif, ce sont des propriétaires qui ont l’occasion de faire des surplus, même s’ils sont subventionnés. Et quand on regarde l’évaluation de la qualité, on constate qu’ils n’atteignent pas les mêmes seuils de qualité », précise la co-directrice générale de l’AQCPE.
L’AQCPE a mis en place un site internet pour mettre en valeur ses revendications en période électorale. Inscrire élections.aqcpe dans la barre de recherche pour le consulter.

Nouvelle infrastructure du CPE en construction (Photo : Le Citoyen | Daisy-Anne Gagné)