Trois travailleurs ont perdu la vie au travail en 2025 en Abitibi‑Témiscamingue–Nord‑du‑Québec. Un bilan que dénonce le Conseil central de la région de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des personnes décédées ou blessées au travail, soulignée le 28 avril.
Selon le Conseil central de l’Abitibi‑Témiscamingue–Nord‑du‑Québec–CSN (CCATNQ‑CSN), ces décès rappellent l’importance de maintenir et de renforcer les mécanismes de prévention en santé et sécurité du travail. « Chaque mort est une tragédie. Jamais ces trois personnes n’auraient dû mourir en travaillant pour gagner leur vie. Nous devons poursuivre nos efforts pour changer cette triste réalité », affirme son président, Félix‑Antoine Lafleur.
La CSN situe ce bilan régional dans un contexte plus large. À l’échelle du Québec, 257 travailleurs sont décédés en 2025, un nombre en hausse par rapport à l’année précédente et supérieur à la moyenne des dix dernières années. Pour la centrale syndicale, cette tendance confirme que les enjeux de santé et sécurité demeurent bien présents dans toutes les régions.
Tout comme au niveau provincial, le conseil central régional critique certaines décisions récentes du gouvernement du Québec. L’adoption de la Loi 28, entrée en vigueur après la mise en place complète des mécanismes de participation en santé et sécurité du travail à l’automne dernier, est perçue comme un recul. La loi prévoit notamment une application partielle de ces mécanismes dans le réseau public de la santé, des services sociaux et de l’éducation. « Dans le réseau public, l’employeur, c’est le gouvernement lui‑même. Et il choisit de jouer avec la santé et la sécurité de ses salariés. Pour nous, c’est inacceptable », soutient Félix‑Antoine Lafleur, précisant que certains articles de la loi sont actuellement contestés devant les tribunaux par la CSN.
Le secteur de la construction dans la mire
Un autre sujet de préoccupation concerne le secteur de la construction, reconnu comme le plus dangereux au Québec. En 2025, 77 % des accidents de travail mortels sont survenus sur des chantiers, selon la centrale syndicale. Le projet de loi 27, déposé récemment par le gouvernement, est dénoncé par la CSN puisqu’il prévoit une réduction de la présence des représentants en santé et sécurité sur les chantiers. « Même si ce secteur est le plus à risque, on cherche à en affaiblir les protections. C’est un message inquiétant pour les travailleurs, y compris dans notre région », soutient le conseil central régional.
À l’occasion de cette journée de commémoration, le CCATNQ‑CSN rappelle que derrière chaque statistique se trouvent des familles, des collègues et des communautés touchées. L’organisation syndicale affirme poursuivre ses efforts afin d’améliorer la prévention des accidents et de rappeler l’importance d’un engagement réel en matière de santé et de sécurité du travail, tant au niveau régional que provincial.