Angie Bégin-Gosselin, originaire de Malartic et vivant à Rouyn-Noranda, et Julien Décarie-Bouffard, de Rouyn-Noranda, composent le duo Malartic. Ensemble, ils ont lancé le 24 avril dernier la reprise d’une chanson de Marjo, Celle qui va. Plus tôt dans le mois, Malartic sortait également son premier album, Aphorisme. Dans quelques jours, le 9 mai 2026, il montera sur la scène du Rapide Show de Rapide-Danseur.
Dans l’espace d’un peu moins d’un an, le groupe formé du couple de Mme Bégin-Gosselin et M. Décarie-Bouffard s’est trouvé une appellation évocatrice, une équipe de production, a composé des chansons, produit un album et un cover. Devant ce parcours, M. Décarie-Bouffard rappelle « toutes les synchronicités » qui ont traversé leur chemin. Comme la rencontre de leur réalisateur Pascal Mailloux, ou la reprise de Celle qui va, et tellement d’autres.
De nombreuses personnes sont derrière Malartic, notamment l’équipe de production et tout un écosystème d’artistes régionaux. « On se rend compte qu’on a beaucoup de chance d’être en région pour ça », confie-t-elle. Mais, et surtout, les membres de la famille de Mme Bégin-Gosselin, dont la mère, le père et le frère sont tous décédés, qui ont un chacun un parcours qui leur est propre et qui a marqué, d’abord, Angie Bégin-Gosselin et, ensuite, le couple.
« Malartic, c’est un nom qui avait une grande valeur pour nous », raconte-t-elle. Bien qu’il ait requis une certaine réflexion, une fois trouvé, il allait de soi que le choix s’arrêterait sur celui-ci. « Il y a trop de connexions intéressantes à faire », résume M. Décarie-Bouffard.
C’est donc par l’héritage familial de Mme Bégin-Gosselin que l’identité du duo trouve son écho. Par le fait que son père était un pionnier de la ville éponyme — qui a d’ailleurs (re)construit deux fois l’église. Et pour sa « mère [qui] était très malade, atteinte de schizophrénie ». Cette dernière a été la personne qui lui a appris à chanter quand elle était petite.
« Ce n’est pas pour nous autres qu’on le fait, c’est pour eux autres. Je leur en dois une ou deux, à mes parents », synthétise-t-elle. « Et si on parle de l’étymologie du mot, ça date d’avant la ville de Malartic. C’est un duc, un colon », précise-t-il. « Ça vient nous chercher beaucoup le nom de Malartic parce que, chaque fois qu’on compose une chanson, pour être honnête, on passe au cimetière et on va leur jouer », livre-t-elle. « C’est une procession. Juste au cas où leur âme soit là. »
Comme le nom, finalement, leur est lourd de sens, il représentait également un défi à porter. Mais, quand le frère de Mme Bégin-Gosselin est décédé plus récemment, « il y a eu une espèce d’épiphanie et toute la famille s’est retrouvée à l’hôpital », confie-t-elle. Confirmation supplémentaire, à ce moment-là, « qu’on le fait pour eux autres. » « C’est toute une convergence d’histoires qui fait que c’est notre nom maintenant », mentionne-t-il.
Rendre honneur à Celle qui va
Lorsqu’ils travaillaient dans les coulisses d’un spectacle de Roxane Bruneau, ils ont eu le déclic. « Je pense que ma place est sur le stage », s’exprime-t-elle. Et quand ils ont travaillé sur une fin de semaine de spectacles de Marjo, c’est là que Mme Bégin-Gosselin a remarqué les « étincelles » qui s’en dégageait et qu’elle a été inspirée à habiter la scène de la même manière.
« Celle qui va est la chanson qui a lancé la carrière solo de Marjo », commence-t-elle. Co-arrangée par Pascal Mailloux, et proposée par l’équipe au duo, il a été un « honneur » pour eux de la reprendre « avec le plus grand des respects ». « Marjo, c’est l’emblème national de notre Québec, pour nous. » Qui plus est, les paroles sont un écho à leur vécu d’anciens consommateurs qui se sont relevé les manches pour toucher à la sobriété depuis sept ans. « C’est vraiment venu me chercher. Elle représente bien des états d’âme qu’on a eus. »
L’écriture en français
Fut un temps où Mme Bégin-Gosselin n’écrivait qu’en anglais, ce qui lui permettait de garder l’accès à sa vulnérabilité bien à elle. En revanche, un jour, elle a écrit une chanson pour son frère, Les corbeaux, ce qui a été « cathartique ». « J’ai pris conscience que j’ai un amour incroyable pour la langue française. » Le reste de leur album, Aphorisme, n’y fait pas exception.
Notamment pour la chanson Pont couvert, écrite pour le fils autiste d’Angie Bégin-Gosselin, qui a été composée à la suite d’une prise de conscience sur le fait de se confier en musique et en paroles, mais, surtout, en français.
Malartic aura l’occasion de présenter quatre chansons le 9 mai prochain lors du Rapide Show de Rapide-Danseur.