C’est ce jeudi au local de l’hôtel de ville à Rouyn-Noranda que l’annonce a été faite en présence de certains membres du milieu des affaires et des conseillers municipaux.
Avec cette nouvelle approche d’ici 2027, la Ville entend de renforcer sa culture de développement économique et mieux répondre aux besoins du milieu. Cette décision s’inscrit dans la foulée d’une réflexion amorcée par la Ville à la suite de l’adoption de son plan de développement économique 2021‑2026. Un diagnostic organisationnel réalisé par une firme externe a notamment mis en lumière certaines limites du modèle actuel de gouvernance. Selon la Ville, malgré la qualité du travail accompli par le CLDRN, l’arrimage entre les actions municipales et celles de l’organisme ne permettait pas d’atteindre l’impact économique souhaité.
« L’idée derrière cette nouvelle approche est simple : unir nos forces », a expliqué le maire Gilles Chapadeau. Selon lui, la Ville et le CLDRN disposent chacun d’outils et d’expertises complémentaires. Leur mise en commun permettrait de mieux soutenir les entrepreneurs, de réduire les irritants et de faciliter le développement de projets majeurs à Rouyn‑Noranda. La Ville affirme avoir été à l’écoute des entreprises et des entrepreneurs, qui ont exprimé au fil des consultations le besoin d’un accompagnement plus fluide et d’une meilleure coordination des interventions.
Pour sa part, la directrice générale du CLDR Mariève Migneault voit dans cette intégration une occasion de bonifier l’offre de services et de développer une stratégie globale en développement économique, tout en rappelant que le modèle demeure à construire. « Ce n’est pas une finalité, mais une étape », souligne‑t‑elle. Selon elle, l’enjeu principal sera de préserver l’agilité et la proximité terrain qui ont caractérisé le CLDRN au fil des années, tout en s’insérant dans une structure municipale plus lourde sur le plan administratif. Elle estime qu’un modèle moins administratif et davantage flexible permettrait de bonifier l’offre de services et d’atteindre un impact plus large. Cependant, une question demeure : cette nouvelle structure risque‑t‑elle d’éclipser la mission propre du CLD de Rouyn‑Noranda ? Pour elle, la réponse est claire : il faudra faire preuve de vigilance pour préserver l’identité et le rôle du CLD au sein de cette nouvelle dynamique.
En intégrant le développement économique au cœur de l’appareil municipal, l’administration souhaite se doter d’une culture plus forte et plus assumée en la matière. À long terme, la Ville espère que cette nouvelle structure favorisera le développement industriel, l’attraction d’investissements et la diversification de l’économie locale. « On pense qu’en conjuguant nos forces, on a les outils nécessaires pour aller plus loin », a ajouté le maire.

« Cette nouvelle approche vise à renforcer davantage notre capacité d’agir afin de soutenir la vitalité et la diversification de notre territoire. » - Gilles Chapadeau, maire de Rouyn-Noranda. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Des inquiétudes exprimées
Si l’annonce suscite de l’enthousiasme, elle soulève aussi plusieurs questions quant à la mise en œuvre concrète de cette nouvelle approche. Le président du conseil d’administration du CLDRN, Marc Bibeau, n’a pas caché certaines préoccupations. Il rappelle que l’autonomie du CLDRN, maintenue depuis l’abolition du réseau des CLD par le gouvernement du Québec en 2014, permettait une rapidité d’exécution et une dépolitisation du développement économique. « Un CLD intégré dans la structure municipale, ça reste à définir ce que ça va apporter concrètement », affirme-t-il. Selon lui, la lourdeur du cadre législatif municipal pourrait nuire à l’agilité nécessaire pour répondre efficacement aux besoins des entreprises.
Il assure toutefois que le conseil d’administration veillera à ce que la transition se fasse de manière respectueuse pour les employés, dans un contexte où aucun licenciement n’est anticipé, bien qu’aucun plan détaillé n’ait encore été déposé. Mme Migneault, de son côté, insiste aussi sur le fait que plusieurs éléments restent à définir : le panier de services, l’organigramme, ainsi que le rôle précis des employés au sein de la future structure. « La décision est prise, mais tout le reste se construira conjointement avec la Ville dans les prochains mois », explique‑t‑elle.
D’ici à l’intégration prévue en 2027, les projets en cours au CLDRN se poursuivront comme prévu. La prochaine année sera déterminante pour définir les mécanismes de gouvernance, les processus décisionnels et les indicateurs de performance qui permettront d’évaluer le succès de cette nouvelle approche.
Si tous s’entendent sur l’objectif commun de stimuler le développement économique de Rouyn‑Noranda, le défi sera désormais de traduire les intentions en actions concrètes. Dans ce chantier à long terme, le succès de l’alliance reposera moins sur la structure elle‑même que sur la capacité de la Ville et du CLDRN à maintenir une collaboration efficace, agile et alignée sur les besoins du milieu.
Tout porterait à croire que la décision présentée demeure un moyen de renforcer le leadership de la Ville et d’accélérer la réalisation de projets structurants.