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La déco dopamine, ou l’art d’habiter la joie

18 avril 2026

par : Joanie Dion

photo : La déco dopamine peut s’intégrer dans un décor sans créer un effet surchargé. Grâce à une base neutre, les touches de couleur ressortent naturellement à travers quelques éléments forts et bien choisis. Le résultat est vivant, chaleureux et joyeux, sans tomber dans le chaos visuel du maximalisme. (Photo : Romalyn Alpaz)

Longtemps dominé par des palettes neutres et des intérieurs épurés, l’univers de la décoration intérieure voit aujourd’hui émerger une tendance aussi vibrante qu’émotive : la déco dopamine. Couleurs éclatantes, objets ludiques et ambiance joyeuse s’invitent désormais dans les maisons, portés par une volonté simple, mais puissante : se sentir bien chez soi.

Pour Jacqueline Lebel, copropriétaire de Kaleidopamine Studio, cette approche va bien au-delà d’un simple effet de mode. « Il y a plein de termes différents : la déco dopaminergique, la déco dopamine, dopamine decor en anglais. C’est une tendance qui existe depuis quelques années et qui est centrée sur le bien-être », explique-t-elle.

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À l’opposé des intérieurs minimalistes aux murs beiges ou grèges, cette tendance mise sur l’expression de soi. « C’est de la décoration qui amène du bonheur et qui représente la personne encore mieux que ce qu’on retrouve typiquement dans une maison standard », résume-t-elle. Si le maximalisme y trouve naturellement sa place, la déco dopamine ne s’y limite pas. Elle peut aussi s’exprimer à travers de petites touches bien choisies.

Née d’un engouement marqué en Angleterre, la tendance s’est rapidement répandue ailleurs en Europe avant de traverser l’Atlantique. « Ça a explosé en Angleterre, notamment grâce à de petites entreprises souvent dirigées par des femmes, qui mettaient de l’avant des objets colorés et originaux », souligne Jacqueline Lebel. Les réseaux sociaux ont ensuite amplifié le phénomène, avec des influenceuses transformant leur maison en véritables espaces de bonheur. « Tu ne peux pas être triste dans ces maisons-là », lance-t-elle en riant.

Cette quête de joie passe notamment par des objets inattendus et ludiques. Vases en forme de banane, contenants à sucre en forme de gâteau, chandelles sculptées en livres ou en fruits : les possibilités sont infinies. « Ce sont des objets auxquels on ne s’attend pas, qui apportent une touche vibrante au quotidien », explique-t-elle. Chaque objet devient alors une manière d’exprimer sa personnalité et ses intérêts. Un amateur de lecture pourrait opter pour des accessoires inspirés des livres, tandis qu’un passionné de cuisine se tournera vers des objets gourmands et colorés.

Mais au-delà de l’esthétique, la déco dopamine repose sur une idée fondamentale : l’impact de l’environnement sur l’humeur. « Je veux que, quand j’entre dans une pièce, elle influence mon humeur », confie Mme Lebel, qui a elle-même adopté un style résolument coloré, avec des murs orange, vert forêt ou encore corail. Une approche assumée, mais qui n’est pas nécessaire pour adopter la tendance.

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Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, la déco dopamine n’est pas réservée aux amateurs de décors chargés. « Ce n’est pas juste pour les maximalistes. Quelqu’un de plus sobre peut très bien y adhérer avec un seul objet qui lui apporte de la joie », insiste-t-elle. La subjectivité est d’ailleurs au cœur du concept : ce qui procure du bonheur à une personne peut varier complètement d’une autre.

Dans un contexte mondial souvent anxiogène, cette recherche de réconfort dans l’espace domestique prend tout son sens. « On a tellement vécu dans le grège, avec des maisons prêtes à être vendues en tout temps. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans le monde, on ressent le besoin d’amener des petits coups de joie dans notre vie », observe-t-elle. Certains clients lui ont même confié redécouvrir leur identité à travers leur décor. « Pour la première fois, je sens que je peux être moi-même », lui a-t-on déjà dit.

Pour celles et ceux qui souhaitent s’initier à la déco dopamine, Jacqueline Lebel recommande d’y aller progressivement. « Il faut commencer avec un objet coup de cœur », conseille-t-elle. Inutile de transformer immédiatement toute une pièce avec des couleurs audacieuses. Au contraire, mieux vaut laisser cet objet guider les choix futurs. « Si on commence par une peinture très colorée, on risque de se limiter ensuite. Tandis qu’un objet peut servir de point de départ pour construire un espace qui nous ressemble. »

Cette approche graduelle permet également d’éviter un effet trop chargé ou « trop sensoriel », qui pourrait nuire au confort. « Le but n’est pas de devenir maximaliste, mais d’amener de la joie dans la maison », rappelle-t-elle. Une simple bougie colorée, par exemple, peut déjà faire une différence.

Finalement, la déco dopamine se définit moins par des règles strictes que par une intention : celle de créer un espace qui fait du bien. Qu’il s’agisse d’un vase original, d’une touche de couleur ou d’un objet ludique, chaque élément contribue à transformer le quotidien.

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« Miser sur ce qui apporte du bonheur », résume Jacqueline Lebel. Une philosophie simple, accessible, et qui pourrait bien s’inscrire durablement dans nos intérieurs.

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