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Des stations de télévision régionales menacées de fermeture

16 avril 2026

par : Journaliste

photo : Robert Ranger, porte-parole du regroupement des radiodiffuseurs indépendants au Canada lors du point de presse devant le Comité du patrimoine canadien à la Chambre des communes le mardi 14 avril 2026. Photo : Capture d’écran de La Chaîne d’affaires publiques par câble en français

Lors d’un point de presse devant le Comité du patrimoine canadien à la Chambre des communes le mardi 14 avril dernier, Robert Ranger, porte-parole du regroupement des radiodiffuseurs indépendants au Canada, a affirmé que, si rien n’est fait, plusieurs stations de télé vont fermer à très court terme au pays.

Créé en 2016, le Fonds pour les nouvelles locales indépendantes (FNLI) vise à soutenir la pérennité des nouvelles locales face à la baisse des revenus publicitaires engendrée par l’arrivée des GAFAM. « Le Fonds est une source de financement vitale pour les stations de télévision traditionnelles privées qui offrent des nouvelles et de l’information qui reflètent la réalité locale. À l’heure actuelle, 19 stations de télé appartenant à neuf différents groupes de propriété indépendants reçoivent du financement du Fonds. Or, voilà que le CRTC a autorisé, en juin 2025, l’admissibilité au Fonds de 15 stations anglophones du groupe Corus en justifiant sa décision par le fait que la loi oblige désormais les entreprises numériques à contribuer au système de radiodiffusion, notamment au FNLI. Mais les GAFAM refusent de faire leur juste part pour soutenir nos médias d’information. Les sommes disponibles sont donc nettement insuffisantes pour l’ensemble des bénéficiaires du FNLI avec, pour conséquence, une réduction catastrophique de la part de financement disponible pour les médias francophones. Notre demande à Ottawa est donc claire : il faut renflouer temporairement le Fonds pour les nouvelles locales indépendantes pour permettre à nos médias de survivre, tant que les GAFAM ne contribueront pas au système de radiodiffusion canadien qu’elles vampirisent sans scrupule », avise Martin Champoux, porte-parole du Bloc québécois en matière de Patrimoine.

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Une répartition des fonds inéquitable

« En 2023-2024, les deux seuls groupes francophones admissibles au FNLI, RNC Média et Télé Inter-Rives, ont reçu environ 26 % du financement total. Avec l’arrivée de Corus, ces groupes francophones n’ont reçu qu’environ 14 % du Fonds pour 2024-2025, soit 8,1 M$ sur 58 M$. À l’inverse, près de 86 % du Fonds appuierait des services de langue anglaise, principalement en raison du poids des stations Global de Corus. Une répartition qui est manifestement inéquitable et qui suscite de vives inquiétudes pour la survie de nos médias francophones », dénonce Sébastien Lemire, député du Bloc en Abitibi-Témiscamingue.

Une information régionale vitale

« C’est la mission même de nos médias régionaux francophones d’assurer une information régionale et nationale vitale à la santé de nos démocraties, mais cette mission est mise en péril par ces pertes de revenus. S’il faut bonifier temporairement le FNLI, nous réitérons aussi la nécessité d’élargir le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique aux radios et télés, comme l’a fait Québec au dernier budget. Ottawa ne doit pas se faire complice du démantèlement d’une industrie médiatique francophone. Le Bloc y veillera », conclut Alexis Deschênes, député du Bloc pour le comté de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine–Listuguj.

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RNC Média

Pour Robert Ranger, président et chef de la direction de RNC Média, l’avenir des stations de télévision en Abitibi-Témiscamingue est en péril. « Au départ, nous étions 19 stations de télévision à bénéficier du Fonds pour les nouvelles locales indépendantes au Canada. Et l’an dernier, le CRTC a décidé d’ajouter 15 stations du groupe Corus comme bénéficiaires du Fonds sans en augmenter l’enveloppe. Ce qui a eu pour conséquence que depuis mai 2025 on reçoit 50 % de moins qu’avant l’ajout des 15 stations et l’an prochain ce sera moins 60 % », dénonce M. Ranger. « Sans changement rapide, on doit s’attendre à des impacts sur la production d’information dans toutes les régions et plusieurs stations du groupe des 19 vont fermer », termine-t-il.

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