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Élèves promus sans les acquis nécessaires

15 avril 2026

par : Journaliste

photo : Marie-Millie Dessureault, vice-présidente du SEJAT (Photo : Williams Nourry)

Lors de l’année scolaire 2024-2025, dans les Centres de services scolaire sur le territoire du SEJAT, pas moins de 31 % des enseignantes et enseignants du primaire et 49 % au secondaire affirment que certains de leurs élèves ont été promus au niveau supérieur en dépit de leur recommandation de redoublement ou de transfert en classe spécialisée.

De plus, un peu plus de 20 % des enseignantes et enseignants tant au primaire qu’au secondaire ont affirmé avoir subi des pressions, notamment de la part des directions ou des parents, pour faire passer un élève au niveau supérieur sans qu’il possède les acquis nécessaires. Une telle situation contrevient à la Loi sur l’instruction publique (LIP).

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Ces données ont été recueillies lors d’une consultation menée en novembre et décembre 2025 par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), à laquelle le SEJAT est affilié. Ce sont 275 enseignants membres du SEJAT qui ont participé à cette collecte de données. Les résultats de la consultation illustrent la complexité de la tâche des enseignants, qui doivent composer avec la présence dans leur classe d’un nombre important d’élèves n’ayant pas les acquis nécessaires pour y être.

« Ces résultats inquiétants démontrent hors de tout doute que beaucoup d’élèves dans les classes n’ont ni le niveau attendu ni une maîtrise suffisante des notions préalables, ce qui a un impact direct sur la charge de travail des profs et sur les services aux autres élèves. Il est plus que temps de donner un sérieux coup de barre pour redresser la situation, au plus grand bénéfice de tous », fait savoir Marie-Millie Dessureault, vice-présidente au SEJAT.

Des données préoccupantes pour le territoire de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Jamésie. Parmi les répondants au sondage, 44 % des enseignants du primaire estiment qu’entre deux et trois élèves dans leur classe ont été promus sans les acquis nécessaires, 19 % estiment que ce sont plus de trois élèves ; au secondaire, 38 % des enseignants estiment qu’au moins le quart de leurs élèves ont été promus sans les acquis nécessaires ; 54 % des enseignants au primaire ont au moins un élève en modification des attentes en français dans leur classe ; 50 % en ont au moins un en mathématique. La modification des attentes devrait être une mesure exceptionnelle pour les élèves qui ne peuvent répondre aux exigences du programme.

Les répercussions sur les élèves et sur l’enseignement

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Les données de la consultation mettent en lumière les effets de la promotion sans les acquis nécessaires constatés par les enseignants, tant sur les élèves que sur l’enseignement.

Parmi les effets sur les élèves, on note notamment le découragement et la baisse d’estime de soi des élèves n’ayant pas les acquis nécessaires, les comportements perturbateurs ou l’anxiété chez les élèves en difficulté, tandis que les élèves les plus forts s’ennuient.

Les effets sur l’enseignement incluent notamment la difficulté à gérer les besoins de tous les élèves et à passer l’entièreté des apprentissages prévus pour ce niveau, ce qui prive le groupe d’enrichissement. Il y a des interruptions fréquentes lors des explications et une complexification due à la multiplication des mesures d’adaptation.

Une demande de discussion avec le ministère de l’Éducation

La FSE-CSQ a demandé au Ministère un espace afin de discuter en profondeur de cette problématique et de trouver des solutions pour favoriser la réussite de tous les élèves tout en s’assurant que les enseignants ne croulent pas sous la charge de travail. En rappel, la CSQ réclame la tenue d’une grande réflexion collective sur l’état de l’éducation au Québec.

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