Entretien avec Philippe Cloutier, président et chef de la direction de Ressources Cartier.
Philippe Cloutier est bien plus que le président et le chef de la direction de Ressources Cartier, il en est le fondateur. Créée en 2007, l’entreprise est située sur le chemin Sullivan à Val-d’Or. « Ça fait plus de 18 ans qu’on focalise essentiellement dans la partie québécoise de la ceinture de roches vertes de l’Abitibi, raconte-t-il. Mais avant de fonder cette entreprise, j’ai toutefois connu une carrière de 25 ans en Amérique du Nord et certaines parties d’Amérique du Sud. J’ai débuté ma vie professionnelle à Rouyn-Noranda chez un consultant pour ensuite me diriger vers Matagami de 1989 à 1994. C’était pour la compagnie Noranda et j’étais au service de l’exploration. Puis ce fut Chibougamau de 1994 à 1996 pour la SOQUEM (Société québécoise d’exploration minière). Ensuite, direction Val-d’Or chez Aur Ressources jusqu’en 2003. C’est à ce moment-là que j’ai fondé ma société de consultants Minière Grayton. Mon premier client, c’était Corporation minière Alexis. On faisait surtout de l’exploration dans le sud de l’Abitibi. On a même débuté le projet aurifère Lac-Herbin à l’époque. »
2006, le grand déclic
En pleine réflexion dans son sous-sol, M. Cloutier discute avec un bon ami de la situation dans le monde de l’exploration minière. « Je me demandais pourquoi c’étaient toujours des compagnies de Vancouver et de Toronto qui venaient explorer notre territoire. En compagnie de feu le docteur Jean Descarreaux, nous avons réalisé toutes les procédures pour se coter en bourse. Ce sont les débuts de Ressources Cartier, dont je suis le fondateur, mais c’est surtout l’aboutissement de mes 25 ans à naviguer toute la ceinture de roches vertes. C’est après mon passage chez Noranda et Aur Ressources où j’étais appelé à faire des évaluations de projets dans le sud-ouest des États-Unis, Amérique du Sud, l’Ouest canadien, Terre-Neuve, que le grand déclic s’est produit. Je me suis rendu compte que finalement le terroir québécois est extrêmement fertile. »
Un coup de chance
En 2013, Ressources Cartier met la main sur un actif très prometteur. Philippe Cloutier raconte la suite. « Une entreprise en faillite a mis en vente ses actifs et parmi eux se trouvait l’ancienne mine Chimo. On l’a acheté ! En 2016, après l’avoir étudié et analysé, on a généré un programme d’exploration et Agnico-Eagle a trouvé ça très intéressant. On leur a présenté notre projet d’exploration. Et l’entreprise minière est devenue actionnaire à la hauteur de 19,9 % de Ressources Cartier en injectant 4,5 M$ en placement privé. Je ne vous cacherai pas que nous sommes devenus instantanément une junior vedette sur Bay Street à Toronto et aussi à Vancouver. C’était notre lune de miel ! En 2017, tout le monde voulait embarquer sur le train et on a levé 17 M$ dans les marchés. »

Un programme de forage de 100 000 mètres est en cours sur le projet Cadillac et les résultats sont forts prometteurs.
(Photo gracieuseté Ressources Cartier)
Acheter ses voisins
L’ancienne mine Chimo est avantageusement située à 35 kilomètres à l’est de Val-d’Or. Elle est assez proche de la main-d’œuvre et des infrastructures pour éviter le « fly in fly out ». Toutefois, bien que prometteuse, la propriété est très petite et surtout enclavée au milieu de plusieurs entreprises minières. « En 2022, on a procédé à l’acquisition de nos voisins, Minière 03, qui avec le temps, avait réussi a consolidé une énorme propriété de 20 kilomètres d’est en ouest. Puis, en 2024-2025, on a enlevé le frein à main et on s’est mis à explorer l’ensemble du projet. Il faut comprendre qu’avec la transaction récente de Fresnillo qui a fait l’acquisition de Probe, nous sommes la seule junior sur ce tronçon de la faille de Cadillac. Nous sommes entourés par Agnico Eagle, Eldorado Gold, Wesdome et Fresnillo. À elles quatre, ces sociétés séniores ont une capitalisation boursière excédant 200 G$. Chez Ressources Cartier, nous jouons entre 120 et 130 millions en capitalisation boursière. Ce qui signifie que nous sommes la seule junior abordable pour l’investissement dans ce secteur », résume Philippe Cloutier.
Un avenir prometteur
« Cartier est vraiment une histoire unique. Ce que l’on vit actuellement est extrêmement stimulant. Nous sommes une société junior disposant de près de 10 millions dans les coffres, on a énormément de cibles aurifères prometteuses et on a un marché du prix de l’or à la hausse. Mais ce qui est encore plus extraordinaire dans notre cas, c’est que le projet Cadillac est un camp minier. Sur plus de 90 ans, depuis les années 1940, il y a eu de l’exploration sur cette cible de 15 à 20 kilomètres, mais il n’y a jamais eu de vision globale sur ce projet. C’est seulement en 2022 qu’une entreprise, Ressources Cartier, a réussi à mettre tous les morceaux du casse-tête ensemble et voir clair. Ce qui a mené à une bien meilleure planification de nos campagnes d’exploration », explique fièrement M. Cloutier.

Le projet Cadillac est situé à l’est de Val-d’Or.
(Carte gracieuseté Ressources Cartier)
Projet Cadillac
Cette vision d’un futur camp minier Cadillac est divisée en plusieurs zones aux noms évocateurs : Access, Ouest, Portal, Main, Hope, Contact, Nordeau, Bateman et Rapid. Il est possible d’en connaître davantage sur les projets d’avenir de cette entreprise en visitant le site Web sur ressourcescartier.com.