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Femmes Autochtones du Québec sonne l’alarme sur la gravité de la situation

2 avril 2026

par : Journaliste

photo : De gauche à droite : Paul-André Perron, Conseiller stratégique du Bureau du coroner, Pierre Simard, Directeur de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec (ADPPNIQ), Bridget Tolley, membre du comité aviseur de la cartographie FF2E+ADA, Marjolaine Étienne, Présidente de Femmes Autochtones du Québec (FAQ), Laura Rock, Directrice générale par intérim de Femmes Autochtones du Québec (FAQ). (Photo : Gracieuseté)

Femmes Autochtones du Québec (FAQ) a procédé le 31 mars dernier au dévoilement de sa cartographie documentant les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées (FF2E+ADA) au Québec. Ce portrait inédit, couvrant la période de 1950 à 2026, met en évidence l’ampleur et la persistance des violences subies par les femmes autochtones sur le territoire.

Réalisée en partenariat avec l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et grâce au soutien financier de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), cette cartographie documente 124 cas de FF2E+ADA au Québec sur cette période, auxquels s’ajoutent de nombreux décès suspects ou survenus dans des circonstances aggravantes. Au total, près de 220 parcours de vie ont été documentés et honorés dans le cadre de ce projet.

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Cette initiative poursuit trois objectifs principaux : documenter les cas, sensibiliser le public et les décideurs, et honorer la mémoire des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées en créant un espace de mémoire accessible.

Au-delà des chiffres, FAQ rappelle que chaque donnée représente une vie, une famille et une communauté touchée. La cartographie révèle une réalité profondément alarmante et permet de mettre en lumière certaines tendances préoccupantes, notamment la concentration de cas dans certaines régions, dont le Nunavik, Montréal, l’Outaouais, la présence importante de cas hors communautés et la réalité des violences vécues dans différents contextes, incluant la violence conjugale, familiale, sexuelle et institutionnelle.

Parmi les 124 cas, 96 sont des femmes et des filles assassinées, 14 personnes sont toujours disparues et n’ont jamais été retrouvées, et 14 personnes ont été portées disparues avant d’être retrouvées sans vie.

Parallèlement, les données de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec (ADPPNIQ) permettent de brosser un portrait plus large en apportant un éclairage sur la réalité vécue sur le terrain par les services policiers autochtones. En 2024 seulement, plus de 2 500 dossiers liés à la violence ont été ouverts à travers les 22 services policiers autochtones du Québec. Toutefois, ces données ne représentent qu’une partie de la réalité, puisque de nombreuses situations de violence ne sont pas dénoncées ou ne font jamais l’objet d’un signalement officiel.

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FAQ sonne l’alarme

Les données révélées par cette cartographie démontrent sans équivoque que la violence envers les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones n’est pas une réalité du passé, mais une urgence actuelle, persistante et systémique. Plusieurs cas demeurent invisibles ou difficiles à documenter en raison de limites structurelles, administratives et historiques. Les disparitions et les assassinats sont souvent liés à des facteurs systémiques, sociaux, économiques et institutionnels.

Face à la gravité des constats, FAQ sonne l’alarme et appelle à une mobilisation immédiate et concertée. Pour adresser la situation, les institutions, les gouvernements, les services publics et l’ensemble des acteurs concernés doivent impérativement centrer les voix et l’expertise des femmes autochtones dans tous les processus décisionnels et opérationnels, pour assurer la sécurité des femmes et des filles autochtones.

« Cette cartographie vient mettre en lumière une réalité que nos communautés connaissent depuis longtemps. Derrière chaque cercle sur la carte, il y a une femme, une fille, une personne bispirituelle, une famille et une communauté. Aujourd’hui, nous ne sommes pas seulement ici pour présenter des données, mais pour lancer un appel à l’action collective. La sécurité des femmes autochtones doit devenir une priorité pour l’ensemble de la société et le prochain gouvernement du Québec. Cette cartographie est un outil essentiel pour mieux comprendre, mieux agir et mieux prévenir », déclare Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones du Québec.

« Le portrait global offert aujourd’hui révèle la gravité de la situation et une réalité qu’on ne peut plus traiter comme une succession de cas isolés. En 2024, plus de 2 500 dossiers liés à la violence ont été ouverts au sein de nos 22 services policiers, et ce chiffre ne représente que les situations qui entrent dans le système. Trop de violences demeurent encore dans l’ombre. Notre appui démontre qu’une autre voie fondée sur la collaboration entre les services policiers, les organisations communautaires et les institutions est possible, afin de mieux prévenir la violence et protéger les femmes autochtones », souligne Pierre Simard, Directeur de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec (ADPPNIQ).

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