L’autrice et conteuse témiscabitibienne, Renée Robitaille, a participé du 18 au 22 mars derniers au Salon du livre de Genève en Suisse qui fêtait son 40e anniversaire cette année. Elle livre son expérience de sa première grande foire du livre à l’international, expérience qu’elle a d’ailleurs trouvé « super agréable ».
« Au Salon de Genève, et dans d’autres grands salons en Europe, il y a un regroupement des éditeurs qui s’appelle Québec Éditions, donc il y a un kiosque de plusieurs maisons d’édition québécoises. Ça permet de multiplier la visibilité, d’avoir un super beau kiosque vraiment grand puis, en même temps, que ce soit accessible pour les petites maisons d’édition comme la mienne, Planète rebelle. C’est une maison qui n’aurait pas les moyens de se payer un kiosque autrement dans cette foire. Comme une coopérative, tout le monde contribue et on a une plus grande visibilité », souligne-t-elle d’entrée de jeu.
L’expérience a permis à Renée Robitaille et sa maison d’édition de trouver un distributeur en Suisse. « C’est un travail de réseautage, parce que j’y allais pour oui signer des dédicaces, rencontrer le public, mais il y a aussi toutes les rencontres qu’on fait, comme les libraires, les éditeurs, les programmateurs d’autres salons du livre », affirme l’autrice.
Renée Robitaille a également eu le privilège de participer à un panel de discussion en compagnie d’une autrice suisse, Aurélie Caruso, pendant le Salon du livre de Genève. Elle a aussi apprécié la « belle curiosité » des Suisses pour son travail et celui des Québécois en général.
« Ça fait quelques années que le kiosque de Québec Éditions est là et il y a des Suisses qui viennent, même des Français parce que c’est sur la frontière, et ils nous trouvent engagés et en avance au niveau des mœurs, de la psychologie sociale, des pratiques psychologiques, des soins psychologiques, puis même pour l’aide médicale à mourir, dans l’éducation, la sexualité aussi… on est considéré comme étant avant-gardiste. Les gens viennent en ayant envie que les choses s’ouvrent et ils savent qu’en lisant des ouvrages québécois qu’ils pourront libérer des affaires, que ça fait du bien. Je trouvais ça très positif. »
La conteuse partira en tournée de spectacles dans le sud de la France cet été et y donnera également des ateliers de formation. Elle travaille aussi à un projet d’écriture qui portera sur la sexualité des hommes.
« Dans le fond, j’ai fait Récits sexu qui portait sur la sexualité des femmes et je me suis dit que ça pourrait être bien un pendant masculin. Autant je le faisais parce que c’est important de faire les deux, mais finalement je me rends compte que c’est un projet hyper bouleversant qui permet d’aller rencontrer la profondeur des hommes, leur fragilité, leur vulnérabilité, ils sont vraiment dans une grande transparence et c’est hyper touchant. Ça me fait beaucoup de bien, ça me permet de dénouer des choses avec le masculin, mieux comprendre le désir, la vulnérabilité dans la sexualité. Ça vient apaiser par rapport au masculin. Ça va me prendre au moins deux ans travailler tout ça et j’ose espérer que ça va répondre à un besoin pour plein de gens », termine Mme Robitaille.