La Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN) accueille favorablement plusieurs mesures du budget, mais exprime ses inquiétudes sur des mesures insuffisantes concernant le logement et l’immigration.
Déposé le mercredi 18 mars dernier, le budget 2026 de la CAQ suscite plusieurs réactions en Abitibi-Témiscamingue. La CCIRN accueille favorablement plusieurs mesures de ce budget qui soutiennent des secteurs clés de l’économie régionale. La confirmation prochaine de la Zone d’innovation minière (ZIM) de Rouyn-Noranda et l’ajout d’un milliard de dollars pour les projets liés aux minéraux critiques et stratégiques constituent des leviers majeurs pour l’avenir industriel de la région. Le secteur forestier bénéficie également d’un appui significatif grâce à l’abolition de la redevance annuelle, au soutien accru aux travaux sylvicoles et à l’aide destinée aux entreprises de transformation du bois.
Par ailleurs, l’augmentation annoncée des investissements du Plan québécois des infrastructures et la bonification du crédit d’impôt pour les médias sont des signaux encourageants. Toutefois, il reste à voir quelle part sera réellement attribuée à l’Abitibi–Témiscamingue, qui reçoit historiquement une portion très limitée des investissements en infrastructures malgré sa contribution économique importante. La CCIRN suivra donc de près la répartition réelle de ces nouvelles enveloppes afin que notre région ne soit pas, encore une fois, laissée pour compte.
Pas assez pour le logement et l’immigration
Malgré ces avancées, la CCIRN exprime de vives inquiétudes quant à l’absence d’une réponse à la hauteur de la crise du logement. L’annonce de 1000 logements pour tout le Québec sur trois ans est largement insuffisante pour répondre à un déficit évalué à plus de 100 000 unités. Pour l’Abitibi–Témiscamingue, cela ne représente que quelques dizaines de logements, alors que la région souffre d’un taux d’inoccupation extrêmement bas, de loyers en hausse et d’une pression croissante liée à l’arrivée de travailleurs dans les secteurs en expansion. La réduction des investissements en logement au PQI et le blocage des fonds fédéraux retardent encore davantage les projets pourtant prêts à démarrer, limitant la capacité de la région à répondre rapidement aux besoins.
À ces défis s’ajoute l’enjeu crucial de l’immigration. Le budget reconnaît que le vieillissement de la population et la diminution de l’immigration accentuent les pénuries de main-d’œuvre, mais il ne propose pas de mesures suffisantes pour faciliter l’accueil des travailleurs immigrants en région.
Réactions de la CPAT
La Conférence des préfets accueille avec prudence le budget 2026-2027. Dans un contexte marqué par l’arrivée d’un ou d’une nouvelle première ministre, les décideurs politiques qualifient de transitoire le huitième budget du ministre des Finances, Éric Girard.
« Depuis plusieurs mois, nous demandons au gouvernement de reconnaître le rôle stratégique de l’Abitibi-Témiscamingue dans l’économie québécoise et de mettre en place des mesures structurantes pour soutenir son développement. Le budget prévoit des investissements en santé, dans les garderies et dans l’industrie forestière des priorités qui rejoignent celles de notre région. Cela dit, nous avons de grandes attentes et souhaitons maintenant voir des mesures tangibles et des annonces concrètes se traduire sur le terrain. Investir davantage dans les infrastructures et les services publics en région ne constitue pas une dépense, mais bien un levier essentiel pour assurer notre vitalité économique et démographique », a déclaré la CPAT.
Étude d’Aviséo
Rappelons qu’une étude commandée par la CPAT et réalisée par Aviseo Conseil démontre qu’année après année, l’Abitibi-Témiscamingue verse davantage au gouvernement du Québec qu’elle ne reçoit en retour. Selon l’analyse, la région présente un déficit fiscal annuel estimé entre 666 M$ et 822 M$ par rapport à sa contribution au trésor public. Si cette situation perdure, le déséquilibre pourrait atteindre 6,7 G$ sur un horizon de 10 ans. À la lumière de ces données, une réalité s’impose : l’Abitibi-Témiscamingue contribue massivement à l’économie du Québec, mais demeure structurellement désavantagée par une redistribution inéquitable des fonds publics.
Médias
La Fédération nationale des communications et de la culture–CSN (FNCC–CSN) salue avec beaucoup d’enthousiasme la création du crédit d’impôt remboursable pour les médias d’information québécois, qui inclut finalement les salles de nouvelles des médias électroniques.
« C’est une revendication historique pour laquelle nous militons depuis des années. De même que la hausse du seuil salarial admissible. Bravo ! La survie de l’information professionnelle en dépend », réagit la présidente de la FNCC–CSN, Annick Charette.
Culture à l’école et musées
La FNCC–CSN tient aussi à souligner l’annonce de la bonification du programme Aide au fonctionnement pour les institutions muséales, qui souffre de sous-financement chronique, spécifiquement en ce qui concerne les musées en régions éloignées. « Le maintien du financement des activités culturelles à l’école est aussi une excellente nouvelle, car la promotion de la souveraineté culturelle québécoise passe d’abord par la connaissance de celle-ci, et les jeunes publics doivent y être exposés dès le plus jeune âge », ajoute la présidente.
Plusieurs organismes en Abitibi-Témiscamingue attendent de voir les fins détails du budget pour réagir à leur tour.